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Histoire de Juliette ou Les Prospérités du vice

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Libertine et pleine de vices, Juliette est la sœur dévergondée de la vertueuse mais malheureuse Justine.

POUR UN PUBLIC AVERTI. Alors que dans Les Malheurs de la vertu, la vertueuse Justine suit une voie faite d'injustices et subit des sévices répétés, sa sœur aînée Juliette est au contraire, dans Les Prospérités du vice, une anti-héroïne qui se complaît dans un monde où les crimes immoraux et le vice paient. Le parcours dépravé de Juliette est composé de rencontres avec d'autres libertins sadiques semblables à elle, et les discours philosophiques sur la théologie, la métaphysique et la moralité viennent ponctuer les scènes de débauche. Mais ici, plus Juliette est amorale, plus elle acquiert richesse et pouvoir. L'Histoire de Juliette a été publiée anonymement en 1797, ce qui n'a pas empêché Sade d'être incarcéré sans procès sous ordre napoléonien.

Comme toujours, la prédilection pour le vice du marquis de Sade prime dans ce roman, désormais classique.

EXTRAIT

Il est temps, mes amis, de vous parler un peu de moi, surtout de vous peindre mon luxe, fruit des plus terribles débauches, afin que vous puissiez le comparer à l’état d’infortune où se trouvait ma sœur, pour s’être avisée d’être sage. Vous tirerez de ces rapprochements les conséquences que votre philosophie vous suggérera.

Le train de ma maison était énorme. Vous devez vous en douter, en voyant toutes les dépenses que j’étais obligée de faire pour mon amant. Mais, en laissant à part la multitude des choses exigées pour ses plaisirs, il me restait à moi un hôtel superbe à Paris, une terre délicieuse au-dessus de Sceaux, une petite maison des plus voluptueuses à la Barrière-Blanche, douze tribades, quatre femmes de chambre, une lectrice, deux veilleuses, trois équipages, dix chevaux, quatre valets choisis à la supériorité du membre, tout le reste des attributs d’une très grande maison, et, pour moi seule, plus de deux millions à manger par an, ma maison payée.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Donatien Alphonse François de Sade, alias le Marquis de Sade (1740-1814) est un homme de lettres, romancier et philosophe français. La quasi totalité de son œuvre exprime un athéisme anticlérical et est teintée d'érotisme – souvent lié à la violence et à la cruauté –, ce qui lui a valu de connaître des mises à l'index et la censure. Sur les 72 ans qu'a duré sa vie, le Marquis de Sade en a passé 27 derrière les barreaux. Occultée et clandestine pendant tout le XIXe siècle, son œuvre littéraire est réhabilitée au milieu du XXe siècle part Jean-Jacques Pauvert. Sa reconnaissance unanime de l'écrivain est représentée par son entrée dans la Bibliothéque de la Pléiade en 1990.

À PROPOS DE LA COLLECTION

Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.

Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces œuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.

Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

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HISTOIRE DE JULIETTE OU LES PROSPÉRITÉS DU VICE – TROISIÈME PARTIE-1
HISTOIRE DE JULIETTE OU LES PROSPÉRITÉS DU VICE – TROISIÈME PARTIEIl est temps, mes amis, de vous parler un peu de moi, surtout de vous peindre mon luxe, fruit des plus terribles débauches, afin que vous puissiez le comparer à l’état d’infortune où se trouvait ma sœur, pour s’être avisée d’être sage. Vous tirerez de ces rapprochements les conséquences que votre philosophie vous suggérera. Le train de ma maison était énorme. Vous devez vous en douter, en voyant toutes les dépenses que j’étais obligée de faire pour mon amant. Mais, en laissant à part la multitude des choses exigées pour ses plaisirs, il me restait à moi un hôtel superbe à Paris, une terre délicieuse au-dessus de Sceaux, une petite maison des plus voluptueuses à la Barrière-Blanche, douze tribades, quatre femmes de chambre, une lectrice, deux veilleuses, trois équipages, dix chevaux, quatre valets choisis à la supériorité du membre, tout le reste des attributs d’une très grande maison, et, pour moi seule, plus de deux millions à manger par an, ma maison payée. Voulez-vous ma vie maintenant ? Je me levais tous les jours à dix heures. Jusqu’à onze, je ne voyais que mes amis intimes ; depuis lors, jusqu’à une heure, grande toilette, à laquelle assistaient tous mes courtisans ; à une heure précise, je recevais des audiences particulières pour les grâces que l’on avait à me demander, ou le ministre, quand il était à Paris. A deux heures, je volais à ma petite-maison, où d’excellentes entremetteuses me faisaient trouver régulièrement tous les jours quatre hommes et quatre femmes, avec qui je donnais la plus ample carrière à mes caprices. Pour que vous ayez une idée des objets que j’y recevais, qu’il vous suffise de savoir qu’il n’y entrait aucun individu qui ne me coûtât vingt-cinq louis au moins, et souvent le double. Aussi n’imagine-t-on pas ce que j’avais de délicieux et de rare dans l’un et l’autre sexe : j’y ai vu plus d’une fois des femmes et des filles de la première naissance, et je puis dire avoir goûté dans cette maison des voluptés bien douces et des plaisirs bien recherchés. Je rentrais à quatre heures, et dînais toujours avec quelques amis. Je ne vous parle point de ma table : aucune maison de Paris n’était servie avec autant de splendeur, de délicatesse et de profusion ; il n’était jamais rien d’assez beau ni d’assez rare. L’extrême intempérance que vous me voyez doit, je crois, vous faire bien juger de cet objet. Je place l’une de mes plus grandes voluptés dans ce léger vice, et j’imagine que sans les excès de celui-là, on ne jouit jamais bien des autres. J’allais ensuite au spectacle, ou je recevais le ministre, si c’était ses jours. A l’égard de ma garde-robe, de mes bijoux, de mes économies, de mon mobilier, quoiqu’il y eût à peine deux ans que je fusse avec M. de Saint-Fond, je ne vous dirai point trop, en évaluant ces objets à plus de quatre millions, dont deux en or dans ma cassette, devant lesquels j’allais quelquefois, à l’instar de Clairwil, me branler le con en déchargeant sur cette idée singulière : J’aime le crime, et voilà tous les moyens du crime à ma disposition. Oh ! mes amis, qu’elle est douce, cette idée, et que de foutre elle m’a fait perdre ! Désirais-je un nouveau bijou, une nouvelle robe ? Mon amant, qui ne voulait pas me voir trois fois de suite les mêmes choses, me satisfaisait à l’instant, et tout cela sans exiger autre chose de moi que du désordre, de l’égarement, du libertinage, et les soins les plus excessifs aux arrangements de ses débauches journalières. C’était donc en flattant mes goûts que tous mes goûts se trouvaient servis, c’était en me livrant à toute l’irrégularité de mes sens que mes sens se trouvaient enivrés. Mais dans quelle situation morale tant d’aisance m’avait-elle placée ? Voilà ce que je n’ose dire, mes amis, et ce dont il faut pourtant que je convienne avec vous. L’extrême libertinage dans lequel je me plongeais tous les jours avait tellement engourdi les ressorts de mon âme, qu’aidée des pernicieux conseils dont j’étais abreuvée de toutes parts, je n’aurais pas, je crois, détourné un sol de mes trésors pour rendre la vie à un malheureux. A peu près vers ce temps, une disette affreuse se fit sentir dans les environs de ma terre ; tous les habitants furent à la plus grande détresse : il y eut des scènes affreuses, des filles entraînées dans le libertinage, des enfants abandonnés et plusieurs suicides. On vint implorer ma bienfaisance : je tins ferme, et colorai très impertinemment mes refus, des dépenses énormes auxquelles m’avaient entraînée mes jardins. Peut-on donner l’aumône, disais-je insolemment, quand on fait faire des boudoirs de glaces au fond de ses bosquets, et qu’on garnit ses allées de Vénus, d’Amours et de Saphos ? En vain offrait-on à mes regards tranquilles tout ce qu’on imaginait de plus propre à toucher ma sensibilité : des mères éplorées, des enfants nus, des spectres dévorés par la faim ; rien ne m’ébranlait, rien ne sortait mon âme de son assiette ordinaire, et l’on n’obtenait jamais de moi que des refus. Ce fut alors qu’en me rendant compte de mes sensations, j’éprouvai, ainsi que me l’avaient annoncé mes instituteurs, au lieu du sentiment pénible de la pitié, une certaine commotion produite par le mal que je croyais faire en rejetant ces malheureux, et qui fit circuler dans mes nerfs une flamme à peu près semblable à celle qui nous brûle, chaque fois que nous brisons un frein ou que nous subjuguons un préjugé. Je conçus dès lors combien il pouvait devenir voluptueux de mettre ces principes en action ; et ce fut de ce moment, que je sentis bien qu’aussitôt que le spectacle de l’infortune causée par le sort pouvait être d’une sensualité si parfaite sur des âmes disposées ou préparées par des principes comme ceux que l’on m’inculquait, le spectacle de l’infortune causée par soi-même devait améliorer cette jouissance ; et comme vous savez que ma tête va toujours bien loin, vous n’imaginez pas ce que je conçus de possible et de délicieux sur cela. Le raisonnement était simple : je sentais du plaisir au seul refus de mettre l’infortune dans une situation heureuse ; que n’éprouverais-je donc pas si j’étais moi-même la cause première de cette infortune ? S’il est doux de s’opposer au bien, me disais-je, il doit être délicieux de faire le mal. Je rappelai, je flattai cette idée dans ces moments dangereux où le physique s’embrase aux voluptés de l’esprit, instants où l’on se refuse d’autant moins qu’alors rien ne s’oppose à l’irrégularité des vœux ou à l’impétuosité des désirs, et que la sensation reçue n’est vive qu’en raison de la multitude des freins que l’on brise, et de leur sainteté. Le songe évanoui, si l’on redevenait sage, l’inconvénient serait médiocre : c’est l’histoire des torts de l’esprit, on sait bien qu’ils n’offensent personne ; mais on va plus loin, malheureusement. Que sera-ce, ose-t-on se dire, que la réalisation de cette idée, puisque son seul frottement sur mes nerfs vient de les émouvoir si vivement ? On vivifie la maudite chimère, et son existence est un crime. Il y avait, à un quart de lieue de mon château, une malheureuse chaumière appartenant à un paysan fort pauvre qui se nommait Martin Des Granges, père de huit enfants, et possédant une femme que l’on pouvait appeler un trésor par sa sagesse et son économie. Croiriez-vous que cet asile du malheur et de la vertu excita ma rage et ma scélératesse ! Il est donc vrai que c’est une chose délicieuse que le crime ; il est donc certain que c’est au feu dont il nous embrase que s’allume le flambeau de la lubricité… qu’il suffit seul à l’éveiller en nous, et que pour donner à cette délicieuse passion tout le degré d’activité possible sur nos nerfs, il n’est besoin que du crime seul. Elvire et moi, nous avions apporté du phosphore de Boulogne, et j’avais chargé cette fille leste et spirituelle d’amuser toute la famille, pendant que je fus le placer adroitement dans la paille d’un grenier qui se trouvait au-dessus de la chambre de ces malheureux. Je reviens, les enfants me caressent, la mère me raconte avec bonhomie tous les petits détails de sa maison, le père veut que je me rafraîchisse, il s’empresse à me recevoir de son mieux… Rien de tout cela ne me désarme, je ne suis attendrie par rien ; je m’interroge, et loin de cette fastidieuse émotion de la pitié, je n’éprouve qu’un chatouillement délicieux dans toute mon organisation : le plus chétif attouchement m’aurait fait décharger dix fois. Je redouble mes caresses à toute cette intéressante famille, dans le sein de laquelle je viens apporter le meurtre ; ma fausseté est au comble, plus je trahis, et mieux je b***e. Je donne des rubans à la mère, des bonbons aux enfants. Nous revenons, mais mon délire est tel que je ne puis rentrer chez moi sans prier Elvire de soulager l’état terrible dans lequel je suis. Nous nous enfonçons dans un taillis, je me trousse, j’écarte les cuisses… elle me branle… A peine m’a-t-elle touchée que je décharge ; jamais encore je ne m’étais trouvée dans un égarement si terrible ; Elvire, qui ne se doutait de rien, ne savait comment interpréter l’état où elle me voyait. — Branle… branle… lui dis-je en suçant sa bouche, je suis dans une prodigieuse agitation ce matin ; donne-moi ton con, que je le chatouille aussi, et noyons-nous dans des flots de foutre. — Et qu’est-ce donc que madame vient de faire ? — Des horreurs… des atrocités, et le sperme coule bien délicieusement lorsque ses flots s’élancent au sein de l’abomination. Branle-moi donc, Elvire. il faut que je décharge. Elle se glisse entre mes jambes, elle me s**e… — Oh, foutre ! lui criai-je, que tu as raison : tu vois que j’ai besoin des grands moyens, tu les emploies… Et j’inonde ses lèvres. Nous rentrâmes ; j’étais dans un état qui ne peut se peindre, il me semblait que tous les désordres, tous les vices s’armaient à la fois pour venir débaucher mon cœur, je me sentais dans une espèce d’ivresse, dans une sorte de rage : il n’était rien que je n’eusse fait, aucune luxure dont je ne me fusse souillée. J’étais désolée de n’avoir atteint qu’une si petite portion de l’humanité ; j’aurais voulu que la nature entière eût pu se ressentir des égarements de ma tête. Je fus me jeter nue sur le sopha d’un de mes boudoirs, et j’ordonnai à Elvire de m’amener tous mes hommes, en leur recommandant de faire de moi tout ce qu’ils voudraient, pourvu qu’ils m’invectivassent et me traitassent comme une p****n. Je fus maniée, pelotée, battue, souffletée ; mon con, mon cul, mon sein, ma bouche, tout servit : je désirais avoir vingt autels de plus à présenter à leur offrande. Quelques-uns amenèrent des camarades que je ne connaissais pas : je ne refusai rien, je me rendis la coquine de tous, et je perdis des torrents de foutre au milieu de toutes ces luxures. Un de ces grossiers libertins (je leur avais tout permis) s’avise de dire que ce n’était pas sur des canapés qu’il voulait me foutre, mais dans la fange… Je me laisse traîner par lui sur un tas de fumier, et me prostituant là comme une truie, je l’excite à m’humilier davantage encore. Le vilain le fait, et ne me quitte qu’après m’avoir chié sur le visage… Et j’étais heureuse ; plus je me vautrais dans l’ordure et dans l’infamie, plus ma tête s’embrasait de luxure, et plus augmentait mon délire. En moins de deux heures, je fus f****e plus de vingt coups, pendant qu’Elvire me branlait toujours… et rien… non, rien n’apaisait l’état cruel où me plongeait l’idée du crime que je venais de commettre. Remontée dans mon boudoir, nous apercevons l’atmosphère obscurcie. « Oh ! madame, me dit Elvire en ouvrant une fenêtre, regardez donc… le feu… le feu où nous avons été ce matin ! » Et je tombe, presque évanouie… Restée seule avec cette belle fille, je la conjure de me branler encore. « Sortons, lui dis-je, je crois que j’entends des cris, allons savourer ce délicieux spectacle, Elvire : il est mon ouvrage, viens t’en rassasier avec moi… Il faut que je voie tout, il faut que j’entende tout, je ne veux pas que rien m’échappe. » Nous sortons toutes deux, échevelées, froissées, enivrées, nous ressemblions à des bacchantes. A vingt pas de cette scène d’horreur, derrière un petit tertre qui nous déguisait aux regards des autres sans nous empêcher de rien voir, je retombe dans les bras d’Elvire, presque autant agitée que moi. Nous nous branlons à la lueur des flammes homicides qu’allumait ma férocité, aux cris aigus du malheur et du désespoir que faisait pousser ma luxure, et j’étais la plus heureuse des femmes. Nous nous levons enfin pour analyser mon forfait. Je vois avec douleur que deux victimes me sont échappées ; je reconnais les autres cadavres, je les retourne avec le pied. « Ces individus vivaient ce matin, me dis-je, j’ai tout détruit dans quelques heures… tout cela pour perdre mon foutre… Et voilà donc ce que c’est que le meurtre : un peu de matière désorganisée, quelques changements dans les combinaisons, quelques molécules rompues et replongées dans le creuset de la nature, qui les rendra dans quelques jours sous une autre forme à la terre ; et où donc est le mal à cela ? Si j’ôte la vie à l’un, je la donne à l’autre : où est donc l’offense que je lui fais ? »

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