Chapitre 7

1169 Mots
—Seynabou n’est pas en réalité celle que tu crois. Entama Cheikh assis face à Marianne. —Je ne te comprends pas chéri lui répondit cette dernière. —En fait, Seynabou est ma femme. Il s’attendait à ce qu’elle crie, pleure jusqu’à devenir hystérique, ce qui ne tarda pas. —Comment ça ? Interrogea-t-elle en le fixant du regard. —Je t’ai menti tout ce temps. C’est vrai que c'est ma cousine, mais aussi ma femme. Comme il s’y attendait, elle cria, hurla. —Non, non je refuse ce n’est pas possible. — Calme-toi, Marianne. —Non, Cheikh, cette fille ne peut pas être ta femme. Marianne disait en secouant la tête. —Pourtant si, elle l’est. Cheikh savait que tout cela était de sa faute, mais il allait assumer cette fois ci. —Tu mens, tu mens je dis. Cette… cette sauvageonne... cri-t-elle de rage —je te défends de l’appeler comme ça! —Et sinon que vas-tu me faire ? Han, tu es comme tous ces hommes, un menteur. Lui balance-t-elle à la figure. —J’avoue t’avoir menti, mais c’est parce que je ne voulais pas te perdre, essaya-t-il de se justifier —Arrête c’est faux, si tu ne voulais pas me perdre, tu m’aurais dit la vérité. —Je ne pouvais pas. —Alors fais le choix: si tu m’aimes comme tu le sous-entends, débarrasses-toi d’elle. —Non je ne peux pas. Lâcha-t-il immédiatement comme si l’idée de perdre Seynabou était devenue hors de question. —Quoi ?? —Je ne peux pas faire ça. —Alors, tu as choisi parce que moi, je ne reste pas, lâche-t-elle. Non, non il ne pouvait pas la perdre elle aussi. Il décida de lui mentir. —Non ma chérie, tu sais bien que si je ne peux la laisser, c’est pour mes parents. Ma mère m’a juré que si un jour je la répudie, je ne serais plus son fils. Avec un sanglot, Seynabou rejoint sa chambre. Elle avait du mal à croire à ce qu’elle venait d’entendre. Pourquoi avait-elle cru que ça pouvait changer? Le changement d’attitude de son mari ces derniers mois lui laissait croire que leur relation pouvait passer à un stade supérieur. Elle se coucha ainsi le ventre noué, se rendant compte que tout ce qu’elle venait de vivre n’était que tromperies. **** Comme d’habitude, elle prépara le déjeuner pour son mari avant de poser le tout sur la table à manger. Elle allait partir lorsqu’elle entendit derrière elle la voix qui était la cause de ses cernes depuis des jours. —Tu ne manges pas ? Lui demanda son mari. —Non, je n’ai pas faim. Elle allait de nouveau partir lorsqu’il vint se mettre en face d’elle. —Qu’est ce qui t’arrive ? Tu ne te sens pas bien ? Avec le timbre de sa voix, elle aurait juré qu’il était inquiet. —Oui je ne me sens pas très bien, mais rien de vraiment grave. —Je pensais t’amener aujourd’hui visiter l’école que je crois être la meilleure pour ta formation. Euh, elle avait oublié cela même. —Est-ce qu’on peut le renvoyer jusqu’à demain ? —Oui c’est bien possible, mais rassures moi d’abord que tu vas bien. —Ne t’en fais pas, c’est juste des trucs de fille. Elle le laissa là et sortit. *** Le lendemain, elle se prépara très tôt pour ne pas se faire attendre par son mari, seulement elle n’avait pas fait le déjeuner cette fois-ci. Elle avait choisi une robe toute simple que lui avait achetée sa belle-mère, avant de faire un maquillage tout discret. —Tu te sens mieux aujourd’hui ? —Oui ça peut aller. Elle ne voulait surtout pas faire la conversation avec lui durant le long du trajet. —Tu ne parles pas beaucoup. —Hum, je préfère parfois le silence. —Ok. Elle regardait toujours avec admiration les rues de Dakar. —L’école est vraiment bien. Reprit Cheikh —Humm —Oui, j’ai recherché un peu partout et on ne dit que du bien de cet établissement. —C’est bien. —Donc la cuisine te passionne autant ? —Oui, j’ai toujours aimé cuisiner. —En tout cas, tu le fais bien. —Merci ! L’école était vraiment magnifique. Un grand bâtiment en peinture bleue. On pouvait apercevoir devant la porte deux grands battants qui faisaient office d’entrée, cerclés par des fleurs. En entrant à l’intérieur, on pouvait voir trois grands étages. —c’est magnifique, s’exclame Seynabou avec émerveillement. —Et très coûteux. Elle se retourna alors vers lui. —Merci pour ça. —De rien et c’est normal, tu es ma femme. Elle le regarda avec incrédulité. Comment venait-il de l’appeler ? Ma femme ? Qu’est ce qui a bien pu changer, de hier à aujourd’hui ? Elle le fixait, s’attendant à ce qu’il dise qu’il s’était trompé, mais rien. Il la regardait juste comme ça. —On y va ? Elle le suivit jusqu’à ce qu’ils entrèrent dans le bureau d’accueil. —Monsieur, madame, bienvenue dans notre établissement. —Merci. —Puis-je savoir l’objet de votre venue ? —Je suis venu inscrire ma femme pour une formation accélérée en cuisine. —Vous avez bien choisi, monsieur. Veuillez me suivre, je vais vous faire visiter les lieux. Ils passèrent tout l’après-midi à remplir les formalités. Elle fut si enthousiaste à l’idée de commencer sa formation. Après l’école, au lieu de rentrer directement à la maison, cheikh l’avait amené dans un très beau restaurant. Elle lui avoua sur place qu’elle rêvait un jour tenir un aussi grand restaurant. Il la félicita d’avoir autant d’ambitions et lui promit de l’aider à réaliser ce rêve. Elle avait cru rêver pendant tout le long de cette journée. A leur retour, elle l’entendit dire à Marianne que dorénavant, chacune d’entre elles aura ses deux jours de tour. Sans écouter la suite, elle l'entendit pleurer, crier, hurler avant de se calmer. Deux jours plus tard, elle l’avait vu entrer dans sa chambre. Elle était toute affolée à l’idée de dormir pour la première fois avec lui. C’est lorsqu’il remarqua enfin qu’elle était stressée qu’elle l’entendit lui dire. —Hé, inutile d’être aussi crispée madame, la taquina-t-il. Ces paroles ne font que renforcer son anxiété. Pour ne pas le rejoindre, elle s’était mise à chercher quelque chose jusqu’à le sentir près d’elle. Il venait lui prendre la main avant de la diriger vers le lit. Elle sentait son cœur battre à un rythme effréné. Qu’allait-il se passer cette nuit ? Se demanda-t-elle. — Eh, calme-toi, je veux juste discuter avec toi. Cheikh cherchait à la rassurer de la voir si crispée. —Je… cherchais… quelque… —Tu trembles ? Souligne-t-il en la regardant —J’ai un peu froid. —Si c’est seulement cela, je voudrais que tu me parles un peu de toi. Seynabou lui lança un regard étrange. —Que voudrais-tu savoir ? —Commençons par le début. —Bon, je suis le seul enfant de ma mère, elle est la troisième femme de mon père. J’ai toujours vécu au village et j’ai fait les études jusqu’en fin cycle secondaire, puis tu es arrivé, je crois que c’est tout. —Je n’ai jamais vu une autobiographie aussi courte. —C’est parce qu’il n’y a rien de vraiment intéressant à savoir sur moi. —Je ne crois pas cela. Il la fixa des yeux en regardant sa bouche. —Tu es vraiment belle. Perturbée, elle se mordilla les lèvres. —Dois-je me changer ? Lui demanda-t-elle en se mordant le coin de la lèvre. Cheikh était distrait par ses lèvres, il n’avait qu’une envie, les embrasser. —Non pas du tout. Elle baissa alors les yeux et sentit sa main sur son menton. Il s’approcha naturellement d’elle puis il plongea ses yeux dans les siens avant de l’embrasser, elle lui rendit son b****r. —On peut dormir maintenant, lui conseilla-t-il après avoir repris ses esprits. Il la coucha sur le lit en mettant les couvertures sur eux.
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