Partie 9

2191 Mots
... : MON DIEUU Je sursautai, j'étais comme paralysée, ne pouvant plus bouger, Maman Khadija était là, debout devant moi les mains collées à la bouche. ... Ismaila s'est très vite rhabillé et a pris congé sur le champ sans même me jeter un petit regard il sortit de la chambre à grands pas, j'attrapais rapidement mon peignoir pour me couvrir Maman Khadija ne disait toujours rien, elle est venue s'asseoir à côté de moi se tenant la tête Moi : Maman ... je ... je ... je ne sais pas ce qui m'a pris walahi maman je ne suis pas une femme infidèle c'est la première fois que ça m'arrive _____ balbutiai-je en pleurs Elle ne disait toujours rien, Moi : Maman s'il te plaît ne me fais pas ça Elle : Tu ose me dire "ne me fais pas ça ?" tu te fous de moi ? Mounasse, je me suis battue, j'ai tout fait pour arranger tes problèmes avec Habib, et toi, de ton côté tu fricotes avec des hommes de gauche à droite ? Mounasse tu es toujours une femme mariée, tu as une fille qui commence à grandir, un petit garçon très intelligent, et tu as eu l'audace de faire tes cochonneries là, à deux pas de leurs chambres, qu'aurais-tu fais s'il t'avaient trouvé ici ? Mounasse, repentis toi tant qu'il est temps, ce n'est pas une vie ça, un jour ou l'autre tu vas mourir et répondre de tes actes devant Dieu penses y J'avais tellement honte que je me trouvai aucun mot à rajouter à ce qu'elle venait de dire, elle avait raison, c'était vraiment petit de ma part d'avoir fait une chose aussi degeulasse à mon mari, même s'il avait fait pire. Elle : Je t'ai appelé à maintes reprises pour te dire que je venais passer la nuit chez toi pour éviter de quitter chez-moi à l'aube pour récupérer les enfants, tu ne décrochais pas, quand je suis arrivé devant ta porte, elle était entre-ouverte donc je suis entrée sans sonner. J'étais silencieuse, assise, tête baissée, larmes coulant en silence ... Elle : Parle moi, j'attends ta version hein J'ai essuyé mes larmes d'un geste et suis allé m'agenouiller devant elle Moi : Maman, maman baalmaa akk (pardonne moi) je te jure que c'est la première fois qu'une telle chose m'arrive, je ne sais pas ce qui m'a pris, je .. je .. Et j'éclatais en sanglots, morte de honte, et de rage, oui enragée par mon comportement immature et stupide, je me sentais si sale Elle me regardais pleurer sans rien dire, me caressant juste la paume de la main Moi : Excuse moi maman, c'est que j'ai si mal, cet homme a tellement été présent pour moi ces derniers temps, il m'a écouté, entendu, compris et épaulé dans les moments difficiles mais toujours en tant qu'ami, maman je te jure qu'il n'y a jamais rien eu entre nous si ce n'est une amitié pure Elle : Tu as le droit d'avoir des amis, qu'ils soient hommes ou femmes mais on ne couche pas avec ses amis donc ne me dis pas que n'êtes qu'amis Ma vue ? Complètement brouillée par mes larmes, qui menaçaient de couler Moi : Je sais que ce n'est pas facile d'y croire Maman, mais c'est la pure vérité je ne te mens pas crois moi s'il te plaît, je l'ai reçu dans ma chambre parce que je ne voulais pas que les enfants le voient je ... Elle me coupa net, semblant choqué par ma dernière phrase, Elle : Tu ne voulais pas que les enfants le voient ? Et pourtant il n'y a rien entre vous n'est ce pas ? Elle émit un petit rire nerveux avant de poursuivre : Mounasse, je ne suis pas née de la dernière pluie et tu le sais très bien donc arrête de me raconter des balivernes s'il te plaît, je suis fatiguée Moi : Maman, sur la tombe de ma mère je le jure sur tout ce que j'ai de plus cher, je ne te mens pas je crois que je n'ai plus aucune raison de mentir en ce moment, nous étions tout simplement entrain de papoter de manger de rigoler comme deux amis, et tout d'un coup, je ne sais pas comment nous nous sommes retrouvés l'un sur l'autre ... Mon Dieu .... pourquoi ? Pourquoi ? Mon visage trempé, de sueur, de morve, de larmes Mon regard vide, absent, Mon coeur meurtri, et rempli de regrets Je crois c'est ce jour même que j'ai connu le vrai sens du mot regret, mon coeur me faisait mal, il battait très fort, on aurait dit qu'il voulait sortir de ma poitrine, lui aussi avait honte, honte de faire vivre une femme infidèle, une p**e, une femme sans valeur, une femme de mœurs légère ...... oui c'est ce que j'étais .... Elle me prit la main, me regardant pleurer à chaude larmes, elle resta silencieuse pendant au moins cinq minutes, puis se leva ... Elle se dirigea vers la coiffeuse et pris le verre d'eau qui y était posé et la boîte de mouchoir, puis elle revint s'asseoir à côté de moi Elle : Tiens, bois un peu et essuie toi le visage, c'est bon arrête de pleurer maintenant, ça ne sert à rien, ce qui est fait est fait. Moi : Maman je regrette tellement, je regrette Tellement ____ avouai-je entre deux sanglots Elle : Je sais ma fille, mais c'est trop tard, tu aurais juste pu être beaucoup moins faible. Oui, tu as vécu des moments assez obscures ces derniers temps, mais ça ne justifie pas ton acte, tu es majeure et mature tu as deux enfants qui sont sensés s'identifier à toi donc tu te dois d'être irréprochable ce que tu as fais est impardonnable et tu le sais. Tu m'as vraiment déçu, vraiment... Bref, je ne le dirai pas à Habib, ni à personne d'ailleurs ce sera notre secret et dis à ton ....... euh ..... cet homme là de fermer sa bouche. Je vais me coucher, j'ai très sommeil Moi : Merci maman merci beaucoup merci de me couvrir, je t'en serai toujours reconnaissante merci encore ____ articulai-je toute honteuse Elle se leva et prit congé Un mois plus tard Du côté de Habib Mounasse n'était plus la même, cela faisait maintenant deux semaines que j'étais à Dakar, pour essayer de sauver notre couple, elle me montrait qu'elle n'avait vraiment pas envie que je sois là. Et pourtant quand je lui ai parlé de mes intentions de venir elle semblait enthousiaste, mais à quelques jours de mon arrivée, Madame avait complètement changé de discours Elle : Sheuu (exprime l'agacement) Habib mane (Moi) je pense que le fait que tu viennes à Dakar n'est pas une nécessité, laisser ton boulot pour venir régler des problèmes alors que nous pouvons le faire au téléphone, diarouko (ça n'en vaut pas la peine) Moi : D'accord, on verra plus tard Je ne l'avais pas écouté, puisque le lendemain même, j'ai acheté mon billet aller retour pour Dakar. ......... Arrivé à la sortie de l'aéroport, j'ai été très déçu de voir que ma mère était accompagnée des enfants et pas Mounasse. Les enfants coururent à toute vitesse vers moi, criant « PAAPAAA », laissant ma mère derrière dépassée par l'excitation de ces deux chenapans Ma mère me prit dans ses bras, me caressant lentement le dos. Le chauffeur m'aida à mettre les valises dans la voiture puis direction Scat Urbam (quartier Dakarois) Ma mère : Ah ! Tu as bonne mine hein Habib, j'ai failli ne pas te reconnaître, tu as grossi ma shaa Allah ____ taquina t'elle Moi : Quoi ? Comment ça j'ai grossi ? Je ne mange même plus maman, tu me parles de quoi ? Elle : Désolé monsieur, tu as pris du muscle alors ___ dit-elle en levant les yeux au ciel Moi : Voilà je préfère. Pourquoi Mounasse n'est pas venu avec vous ? Elle : Elle ne se sentait pas bien, c'est moi qui lui ai demandé de rester à la maison Moi : Ok ... Fatima : Paapaa où sont les jouets que tu nous a acheté ? Ils sont dans la valise bleue ? Moi : Huum ce sont uniquement tes jouets qui t'intéressent, moi je ne t'ai pas manqué c'est ça ? Papa n'a rien acheté Mademoiselle Sylla Et elle commença un long discours de lamentation bourré de fautes, ce qui me fit rire aux éclats. Comment ils m'avaient manqué mes deux trésors ....... ********* Mounasse : Habib, je n'en peux plus, je ne respire plus, tu m'envahit littéralement je pense que je vais aller prendre un appartement pour quelques temps Habib: Je m'attendais à quelque chose comme ça venant de toi, je ne sais pas ce qui t'a piqué ces derniers temps, c'est vraiment incroyable tu es devenu une autre personne, changement total. Tu ne prendra pas d'appart, c'est moi l'invité donc logiquement si quelqu'un doit quitter c'est moi Mounasse: Non, ici c'est chez toi et puis je ne veux pas te séparer des enfants durant le peu de temps que tu comptes passer avec eux Habib: Non, ne t'inquiète pas je ne comptais pas m'en séparer j'essaierai de les voir, en tout cas, trouve-toi une excuse pour justifier mon départ parce que je ferai mes bagages dès demain Mounasse: Arrête d'essayer de me faire culpabiliser, je ne veux pas qu'on se dispute voilà pourquoi je trouve plus sage qu'on s'éloigne l'un de l'autre Habib: Bref ..... je vais faire un peu de sport sur la corniche, à tout de suite ____ cracha t'il avant de sortir de la chambre à toute vitesse Du côté de Mounasse Je ne pouvais tout simplement pas rester près de Habib, les images de mon aventure avec Ismaila me revenait en tête, je venais juste de lui dire que je ne pouvais plus partager la maison avec lui, il était très énervé , mais il fallait que je me sépare de lui pour quelques temps, le temps que je retrouve mes idées. Je ne voulais pas le perdre, même si mon attitude prouvait le contraire. Mais je ne pouvais pas forcer, je ne pouvais pas faire semblant, je ne voulais pas qu'il me touche, cela me rappelait trop de mauvais souvenirs, et j'avais peur de craquer, j'avais peur d'être incapable de lui cacher ce si lourd secret, de tout lui déballer sur le coup du stress. Oui, parce que sa présence me stressait, m'angoissait je ne voulais pas qu'il voit dans mes yeux, dans mon regard, que j'avais commis l'adultère. Ma solution était la fuite .... Je pensais en avoir fini avec l'angoisse des lourds secrets, non, c'était mon destin me disais-je pour me soulager J'étais dans la cuisine quand la sonnette retentît, mon cœur battait la chamade, c'était ainsi à chaque fois que mon téléphone sonnait ou que quelqu'un sonnait à la porte, depuis ce fameux incident. L'angoisse me suivait partout ... Je me levai pour aller ouvrir .... Douche froide, Ismaila était là, devant moi, souriant bêtement, semblant oublier ce qui s'est passé la première et dernière fois qu'il a mis les pieds chez moi Depuis lors, je n'ai eu aucune nouvelle de lui, je l'avais bloqué de partout sur mon téléphone et je faisais tout, absolument tout pour ne pas le croiser dans la rue Lui : Madame Sylla ____ souriait-il Moi : Mais Ismael qu'est ce que tu fais ici ? En plus tu oses sourire ? Lui : Pourquoi tu me fuis ? Je ne comprends pas je suis là pour avoir des explications Moi : Des explications ? Non mais je rêve ! Je te fuis parce que je regrette, je regrette amèrement ce qui s'est passé entre nous la dernière fois Lui : Mounasse, tu ne devrais pas regretter, cela a prouvé que tu n'aimais plus ton mari, si tu divorces, je te prendrai comme deuxième femme, moi je t'aime Mounasse J'étais choquée par ces propos, sur le coup, je me suis dis qu'il devait être ivre Je rit aux éclats, c'était bien sûr un rire jaune Moi : Wa Ismael yow mii loula dal ? (Qu'est ce qui t'est arrivé ? Tu t'entends parler ? Écoutes, ce n'est pas possible, j'aime mon mari et je veux sauver notre ménage donc ... non Lui : Je te laisse réfléchir, tu es toujours affecté par ce qui s'est passé apparemment, mais tu n'as pas à l'être, c'est des choses naturelles qui arrivent Moi : Tu refuses de comprendre ? Je te dis que ce n'est pas possible, toi et moi, notre amitié, tout est terminé, ne me recontacte plus s'il te plaît Lui : Désolé ce n'est pas possible, Mounasse, je t'avais dit que ce que je déteste le plus, c'est qu'on se foute de moi, n'essaie même pas de jouer à ça Moi : Mais je ne joue pas, je te dit juste ce qu'il en est Lui : Je te jure, je te jure Mounasse que tu vas t'en morde les doigts ..... C'était le début des problèmes, il venait de me menacer
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