Je commençais réellement à culpabiliser, j'avais l'impression d'avoir abandonné mes enfants, je sentais le besoin d'aller les récupérer chez Ta Mary. Mes deux bébés me manquaient terriblement
" Tu n'aurais jamais dû abandonner tes enfants chez Ta Mary durant Tout ce temps sous prétexte que tu as des problèmes alors qu'ils ne se sont même pas totalement rétabli de leur blessures " _____ me reprochai-je intérieurement
Je me levai donc difficilement du lit, marchant nonchalamment vers la salle de bain espérant qu'une bonne douche chaude m'aiderait à résoudre toutes ces équations encore très difficiles à résoudre dans ma tête.
Une bonne heure plus tard je sortis de la salle de bain, les idées pas très claires dans ma tête, mais avec la ferme intention de reprendre ma vie en main.
En quoi faisant ? Je ne savais pas du tout ....
Je m'habille donc, d'une robe longue simple, accompagné d'un très léger maquillage, d'une paire de ballerines et d'un petit sac
Je pris au vol les clés de ma voiture et sortit rapidement de la maison sans même penser à prendre mon petit déjeuner
A ma grande surprise, je retrouvai, devant ma porte une jeune femme, assise sur l'une des marches du petit escalier de la devanture. Elle faisait face à la rue, donc était assise de dos, quand elle entendit la porte se refermer, elle se leva brusquement avant de se retourner pour me faire face. Elle passa rapidement ses main sur ses cheveux un peu en bataille, sans doute pour les aplatir, puis sur son visage, avant de monter les deux marches qui menaient vers moi.
Je reculai instinctivement .
Cette jeune femme était bizarre, son regard, son visage, sa façon de faire, tout m'intriguais chez elle
Moi : Que voulez vous jeune fille ? ____ demandai-je sur la défensive
Elle : Désolé de vous avoir fait peur Madame, je cherche du travail _____ dit-elle en fléchissant légèrement
Moi : Désolé, j'ai déjà une bonne, bonne chance pour la suite _____ lançai-je furtivement avant de descendre rapidement les quelques marches qui menaient vers ma voiture, la laissant plantée là, derrière moi
Elle : Madame, aidez moi s'il vous plaît, j'ai besoin de ce travail, j'ai été chassée de ma maison avec ma fille par ma belle-mère il y a 3 mois, depuis lors je passe mes nuits dehors _______ avoua t-elle la voix brisée
Ces propos m'ont profondément touché, j'étais aussi passé par là, mais j'avais un peu de mal à y croire, elle n'était pas accompagnée de sa fille
Moi : Elle est où votre fille ?
Après un long silence...
Elle : Elle est morte après seulement trois semaines dans la rue, elle n'a pas pu résister au froid ________ dit-elle la voix tremblante
Moi : Mon Dieu ! ______ murmurai-je, dépassée
J'étais sous le choc, la pauvre, perdre son bébé parce qu'elle n'a pas eu les moyens nécessaires pour s'en occuper
Elle ne disait rien, elle me fixait juste, semblant attendre une vraie réponse de ma part.
Moi : Euuh ... bon ... comme je vous disais, j'ai déjà une domestique qui s'occupe de ma maison, et je ne pourrai lui demander de partir, mais j'essaierai de vous trouver quelque chose. Par contre je ne peux malheureusement rien vous promettre
Elle : Merci beaucoup Madame, ______ dit-elle en fléchissant légèrement, je ne sais d'ailleurs pas pourquoi elle le faisait à chaque fois qu'elle disait quelque chose
Moi : Ne me remerciez pas, rien n'est encore sûr. Avez-vous un téléphone ?
Elle : Non, je n'en ai pas Madame
Moi : Bon, alors demain revenez demain vers 15 heures
Elle : D'accord merci Madame, que Dieu vous garde
Puis elle prit son petit sac, et s'éloigna, le sourire aux lèvres, cette fille, je la trouvait bizarre.
*************
Ils n'avaient pas changé ces deux petits diablotins, j'espérais qu'ils ce soient assagis avec tout ce qui s'était passé, mais rien, plus terribles que jamais
Ta Mary était triste à l'idée de devoir se séparer d'eux, mais je devais les récupérer, je les avais assez écarté, en plus ils me manquaient terriblement.
Ta Mary : Ay Mounasse bougouma niou dem dé, dinegn ma weteul waay (Mounasse je ne veux pas qu'ils partent, ils vont me manquer)
Moi : Oui c'est vrai, mais il faut qu'ils rentrent nak, Habib me reproche de les avoir abandonné sans raison valable
Ta Mary : C'est vrai, mais, en parlant de lui, tu comptes divorcer ? As-tu bien réfléchi à ce que tu allais faire ?
Moi : Je ne sais même pas ce que je veux Ta Mary, je ne sais pas
Ta Mary : Tu as eu tout ce temps pour y penser, en tout cas, je t'exhorte à bien réfléchir, je sais que tu l'aime plus que tout, donc ne prends aucune décision que tu pourrais regretter plus tard.
Moi : Tata ce que Habib m'a fait est impardonnable, il regrette, je sais, mais c'est trop tard
Ta Mary : Sur ce point je suis tout à fait d'accord avec toi. Mais n'oublie pas que vous êtes unis par les liens du mariage, tu ne peux pas tout rompre au premier problème. Djiguene bouy seuy dey mougn, di baalé (Une femme mariée doit pouvoir laisser passer beaucoup de choses mais aussi pardonner)
Moi : S'il m'avait trompé avec une fille quelconque j'aurai peut-être pu passer l'éponge, mais il l'a fait avec MA grande sœur, ils attendent un enfant, j'ai toujours du mal à y croire. Comment est ce qu'ils ont pu me faire une chose pareille ?
Ta Mary : Je suis sûre, presque sûre que c'est Bineta qui a tout manigancé, elle a toujours été jalouse de toi, elle a charmé ton mari et il est malheureusement tombé dans son piège, ce n'est qu'un homme après tout, sur ce point, ils sont tous faibles. Tu as décidé de te lier à lui devant Dieu, même s'il décide de la prendre comme deuxième femme, tu dois rester, et gérer ton foyer comme il se doit, lolou moy seuy ( Voilà ce qu'est le mariage ) Habib t'aime dé et tu le sais, ne prends pas une décision que tu pourrais regretter
Moi : En parlant d'elle, elle est venue chez moi hier soir
Ta Mary : Pour quoi faire ? _____ lança t-elle après un long tchip
Moi : Elle est venue s'excuser pour ce qu'elle a fait, et aussi me demander de me remettre avec Habib, apparemment elle regrette la pauvre
Ta Mary : Mounasse es tu devenue idiote ? Donc tu la plains comme ça ? Tu es tellement naïve ma fille, elle est juste venue voir dans quel état d'esprit tu es pour voir si elle a toujours ses chances, j'espère pour toi que tu ne lui a montré aucun signe d'abandon ? _____ questionna t-elle en me regardant de travers, ce qui me fit un peu rire
Moi : Non, je n'ai rien laissé paraître, mais je te dis qu'elle regrette vraiment, elle m'a même dit qu'elle va avorter Tata
Ta Mary : Ton accident t'a rendu bête Mounasse, donc tu y as cru c'est ça ? Tu ne connais pas Bineta, et c'est bien dommage, tu crois que je suis paranoïaque mais je sais très bien de quoi je parle
Moi : Shiii Tata, tu vois le mal partout, et pourquoi Bineta serait coupable et pas Habib ? Ils sont au même pied d'égalité. Mais je prendrai ma décision, bon je dois y aller maintenant. FATIMAA MOHAMED VENEZ ON DOIT RENTRER À L.....
Ta Mary : Rentrer fane ? Vous ne bougerez pas d'ici tant que le déjeuner n'est pas servi, Marieme est entrain de préparer un bon Mafé, les enfants l'ont commandé hier, vous mangez d'abord _____ ordonna t-elle
Je capitulai, d'ailleurs cet odeur de pâte d'arachide mélangé aux épices qui me titillait le nez me donnait drôlement envie
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DU CÔTÉ DE HABIB
J'allais finir par devenir fou, Mounasse me hantais, je n'arrivais plus à faire quoi que ce soit, j'étais toujours ailleurs.
C'est seulement après avoir perdu quelqu'un, que nous nous rendons compte de sa vraie valeur.
La mère de Bineta me rendait déjà la vie impossible, elle me harcelait littéralement, m'exigeant de prendre sa fille comme deuxième épouse une fois que cette dernière aurait accouché. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que je m'en foutais de Bineta, et même de ce .... bébé, je ne voulais pas qu'il naisse. J'avais déjà assez de mal à obtenir le pardon de ma bien aimée, mais alors s'il venait à naître, ce serait juste la fin de l'histoire.
Bineta devait obligatoirement avorter, ça parait peut-être assez égoïste de ma part, mais c'était mieux ainsi, j'étais prêt à tout pour que Mounasse me pardonne.
15 heures, j'étais dans mon bureau à rêvasser, c'était devenu une nouvelle habitude, moi qui était d'habitude si productif au travail.
Je reçus un appel de Bineta, elle me saoulait. Je décrochais quand même, malgré moi
Moi : Oui Bineta
Elle : Bibouuuu, ça va ? (le surnom ringard qu'elle m'avait donné)
Moi : Bineta je t'ai demandé à maintes reprise de ne plus m'appeler ainsi ______ fis-je sèchement
Elle : Oooh ! Arrête de râler tout le temps
Moi : Tu m'étonnes Bineta, donc toi ça ne fait rien de savoir que tu es enceinte du mari de ta petite sœur ? Mais c'est pas croyable !
Elle : Je ne peux pas passer toute ma vie à être triste, en plus ce n'est pas bon pour le bébé, donc j.....
Moi : QUEL BÉBÉ ? TU VAS AVORTER JE TE DIS ! CE ... TRUC ... NE NAÎTRA PAS JE ME SUIS BIEN FAIT COMPRENDRE ? ____ hurlai-Je
Elle : Ce truc ? Eh bien ... ce «truc» c'est NOTRE bébé, le fruit de notre amour. J'ai réfléchi, et j'ai décidé de le garder. Habib Mounasse ne t'aime plus, elle va te quitter, moi je suis là, t'offrant mon amour sur un plateau d'argent et tu ne cesse de me rabrouer, je ne mérite pas cela, après tout, je suis la mère de ton enfant
Moi : Bineta ? Tu veux que je me suicide ?
Elle : Non, je préfère mourir
Moi : Alors tue ce bébé et sors de ma vie s'il te plaît, je t'en supplie Bineta diapalema guiir Yalla bayima (Pour l'amour de Dieu laisse moi)
Elle : Je t'aime Habib Sylla
Je fus soudainement envahi par une colère noire, je lançai mon téléphone violemment contre le mur, ne voulant plus entendre la voix de cette ... femme
Je ne pouvais plus rester au bureau, je décidai de rentrer chez moi,
Je trouvais ma mère dans le salon, je lui fis un bisou sur le front et sans un mot je me couchai et posai ma tête sur ses jambes, elle me caressait doucement la tête
Elle : Mon pauvre chéri, Mounasse te manque autant ? Je crois que tu devrais prendre quelques jours de congé pour te ressourcer un peu, pourquoi tu n'irais pas au Sénégal ? Tu pourrais faire d'une pierre deux coup, changer d'air et aussi essayer de parler à Mounasse. T'en penses quoi ? _______ proposa t'elle en me caressant toujours la tête
Moi : Je ne sais pas maman ...... je ne sais pas, en ce moment, c'est Bineta mon problème, elle me fatigue, sa mère me fatigue, j'en ai marre Maman ______ murmurai-Je au bord des larmes
Elle : Mon fils, je ne voudrai pas te stresser d'avantage, mais tu es obligé de la prendre comme deuxième femme après son accouchement, tes oncles iront demander sa main quand elle aura accouché, ils sont allés s'excuser auprès de son père, et comme c'est ce que la religion exige, ils ont promis à ce dernier que le mariage se fera aussitôt après l'accouchement et ce dernier n'avait pas le choix ........
La suite dans la septième partie.
Je n'ai pas eu le temps de corriger les fautes sur cette partie, donc excusez moi s'il y en a ?
N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, toute critique objective sera la bienvenue.