III DEUX AMANTS. Vers Monte-Mario nous allions lentement, Causant de Dieu, de l’Art et de l’âme immortelle. La journée était claire et le chemin charmant ; Jamais Poussin n’a vu la nature si belle. Sur un sommet plus doux, planté plus richement, Parmi les vieux cyprès et la vigne nouvelle, Un casin, ombragé de verdure éternelle, Reflétait ses balcons dans le Tibre dormant. Comme un grand livre ouvert, la campagne romaine, Nous déroulait au loin toute l’histoire humaine, Et ce beau jour avait les repos de la nuit. Or, quand nous rêvions là, qui d’amour, qui d’étude, Deux amants internés dans cette solitude Achevaient un bézigue et se crevaient d’ennui.


