XLII Aux portes de Nérac, il y avait alors une jolie maison blanche bâtie à mi-côte, entourée d’arbres et aux fenêtres de laquelle grimpait une vigne sauvage. Un soir de janvier, le ciel était bleu, et le soleil de ce beau pays qu’on nomme la vallée de Pau se couchait resplendissant dans des nuages de pourpre et d’or. L’air était tiède comme au printemps, les perce-neige étaient fleuris, et sous le gazon qui commençait à reverdir, on voyait poindre des violettes. Deux jeunes gens, une jeune fille et un beau damoiseau de vingt à vingt-deux ans, se promenaient au bras l’un de l’autre sur la terrasse de la maison blanche. Ce cavalier était encore vêtu d’un habit de voyage, et la poussière de ses cuissards disait qu’il avait fait une longue route. Il parlait avec volubilité, et la jeune


