chapitre 18: la vérité cachée

1207 Mots
L’aube apparaissait lentement derrière les immeubles de la ville. Une lumière pâle traversait les grandes vitres du bureau d’Éliane. La nuit avait été longue. Trop longue. Sur la table, la pierre rouge brillait encore sous la lumière du matin. À côté, le dossier de sa grand-mère restait ouvert. Éliane relisait certains passages depuis plusieurs minutes. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose qu’elle n’avait pas remarqué avant. Adrian entra doucement dans la pièce. — « Tu n’as pas dormi », dit-il calmement. Éliane ne leva même pas les yeux. — « Adrian… regarde ça. » Elle lui tendit une lettre jaunie, écrite de la main de sa grand-mère. Adrian lut silencieusement. Puis son visage changea. — « Attends… » Il relut une phrase. — « C’est impossible. » Éliane leva enfin les yeux vers lui. — « Moi aussi, j’ai pensé ça. » Un silence lourd tomba dans la pièce. La lettre disait clairement : « L’homme qui tentera un jour de prendre ton empire ne sera pas un étranger… mais quelqu’un lié à notre sang. » Adrian posa lentement la lettre sur la table. — « Ta grand-mère parlait d’Alexandre ? » Éliane secoua doucement la tête. — « Non. » Elle tourna une autre page du dossier. Un ancien registre familial apparut. Des noms. Des dates. Des alliances entre familles puissantes. Et puis… Un nom attira leur attention. Alexandre Delacroix. Adrian se figea. — « Delacroix… » Il murmura presque le mot. Éliane sentit son cœur battre plus vite. — « Tu connais ce nom. » Adrian resta silencieux quelques secondes. Puis il parla enfin. — « C’est ma famille. » Le silence devint glacial. Éliane recula légèrement. — « Quoi ? » Adrian passa une main dans ses cheveux, visiblement troublé. — « Ma famille… les Delacroix… » Il inspira profondément. — « Ils faisaient partie du Cercle de l’Ombre. » Éliane sentit le monde vaciller. — « Tu veux dire que… » Adrian continua : — « Ma famille et la tienne ont fondé ce réseau ensemble il y a des générations. » Éliane regarda à nouveau le dossier. Tout commençait à prendre sens. Les alliances. Les secrets. La pierre rouge. Tout. Sa grand-mère n’avait pas seulement construit un empire. Elle avait protégé un héritage partagé entre deux familles. Et Alexandre… Alexandre avait découvert cela avant elle. — « C’est pour ça qu’il veut l’empire… » murmura Éliane. Adrian hocha la tête. — « Oui. » Un silence passa. Puis Éliane posa une question qui la brûlait depuis le début. — « Adrian… » Il la regarda. — « Tu savais tout ça depuis le début ? » Adrian hésita. Une seconde. Puis deux. Et enfin il répondit. — « Non. » Mais son regard disait autre chose. Éliane sentit le doute s’installer. Elle détourna les yeux vers la fenêtre. La ville s’éveillait. Mais son monde venait de changer. Complètement. Soudain, le téléphone d’Éliane vibra. Un message. Elle le lut. Puis son visage se durcit. Adrian remarqua immédiatement. — « Qu’est-ce qu’il y a ? » Elle lui montra l’écran. Le message venait d’Alexandre. « Maintenant que tu connais la vérité… il est temps de choisir ton camp. » En dessous, une photo était attachée. Adrian regarda l’image. Son visage pâlit. C’était Lucien. Attaché à une chaise. Visiblement prisonnier. Un autre message suivait. « Rendez-vous ce soir. Seule. » Éliane serra le téléphone dans sa main. La guerre venait de changer. Encore. Et cette fois… les secrets de famille étaient au cœur du combat. La nuit était tombée sur la ville. Le vent faisait vibrer les lumières des rues et les nuages lourds annonçaient une nouvelle tempête. Éliane se tenait devant le miroir de sa chambre. Son regard était calme… mais déterminé. Le message d’Alexandre tournait encore dans sa tête. « Rendez-vous ce soir. Seule. » Adrian était appuyé contre la porte. — « Tu ne peux pas y aller seule », dit-il. Éliane attacha lentement ses cheveux. — « Je n’ai pas le choix. » — « C’est un piège. » — « Je le sais. » Elle prit son manteau et se tourna vers lui. — « Mais Lucien est entre ses mains. » Adrian serra les poings. — « Lucien nous a trahis. » — « Oui… » Éliane soupira. — « Mais je veux entendre la vérité de sa bouche. » Un silence passa entre eux. Adrian s’approcha. — « Si quelque chose tourne mal… » Il hésita un instant. Puis il termina : — « Je serai là. » Éliane le regarda. Elle voyait dans ses yeux une inquiétude sincère. Mais depuis la découverte du nom Delacroix, quelque chose avait changé. Un doute. Un doute qu’elle n’arrivait pas encore à expliquer. Le rendez-vous Le lieu choisi par Alexandre était un ancien entrepôt au bord du port. L’endroit était presque désert. La pluie recommençait à tomber lorsque la voiture d’Éliane s’arrêta. Elle descendit. Le bruit de ses talons résonna dans le silence du bâtiment. Puis une voix familière brisa l’obscurité. — « Toujours aussi courageuse… » Alexandre sortit de l’ombre. Éliane s’arrêta à quelques mètres de lui. — « Où est Lucien ? » Alexandre sourit légèrement. — « Toujours directe. » — « Où est-il ? » Alexandre fit un geste. Deux hommes amenèrent Lucien, les mains attachées. Son visage était fatigué… mais ses yeux étaient toujours vifs. Éliane sentit son cœur se serrer. — « Lucien… » Il releva la tête. — « Éliane… tu n’aurais pas dû venir. » Alexandre se tourna vers elle. — « Tu vois ? Même lui le dit. » Éliane ignora Alexandre. — « Pourquoi ? » Lucien resta silencieux quelques secondes. Puis il dit doucement : — « Parce que tout ce que tu crois savoir… est faux. » Le silence tomba. Éliane fronça les sourcils. — « Qu’est-ce que ça veut dire ? » Lucien la regarda droit dans les yeux. — « Alexandre n’est pas ton vrai ennemi. » Éliane sentit un frisson parcourir son dos. — « Alors qui ? » Lucien ouvrit la bouche pour répondre. Mais soudain— Un bruit v*****t retentit. Une porte métallique claqua. Tout le monde se retourna. Une silhouette apparut dans l’entrée de l’entrepôt. Adrian. Son regard était sombre. Très sombre. Alexandre éclata de rire. — « Je savais que tu ne resterais pas loin. » Éliane regarda Adrian. — « Tu m’as suivie. » Il ne répondit pas. Son regard passa de Lucien… à Alexandre. Puis il dit d’une voix froide : — « Libère-le. » Alexandre croisa les bras. — « Ou quoi ? » Un silence lourd s’installa. Puis Lucien éclata soudain de rire. Un rire nerveux. — « Vous ne comprenez toujours pas… » Éliane se tourna vers lui. — « Comprendre quoi ? » Lucien murmura : — « Le vrai jeu… » Il leva les yeux vers Adrian. — « …c’est lui qui l’a commencé. » Le monde sembla s’arrêter. Éliane regarda Adrian. Son cœur battait très fort. — « Adrian… » Mais Adrian resta immobile. Son visage était devenu totalement impassible. Et pour la première fois… Éliane sentit une peur qu’elle n’avait jamais ressentie. La pluie frappait le toit de l’entrepôt. La tension était insupportable.
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