La pluie tombait violemment sur le toit de l’entrepôt.
Personne ne parlait.
Les mots de Lucien résonnaient encore dans l’air :
« C’est lui qui a commencé le jeu. »
Éliane regarda Adrian.
Son cœur battait si fort qu’elle pouvait presque l’entendre.
— « Adrian… »
Sa voix tremblait légèrement.
— « De quoi parle-t-il ? »
Adrian resta immobile.
Son visage était calme.
Trop calme.
Alexandre observa la scène avec amusement.
— « Oh… j’adore ce moment. »
Éliane se tourna vers lui.
— « Tais-toi. »
Alexandre leva les mains avec un sourire provocateur.
— « Très bien… mais je pense que tu mérites la vérité. »
Il regarda Adrian.
— « Dis-lui. »
Le silence devint glacial.
Adrian soupira doucement.
Puis il regarda Éliane.
— « Lucien exagère. »
Lucien éclata de rire malgré les cordes qui liaient ses mains.
— « Tu vois ? Toujours aussi bon menteur. »
Éliane sentit la tension monter.
— « Quel jeu ?! »
Lucien fixa Adrian.
— « Celui qui a commencé le jour où il est entré dans ta vie. »
Le cœur d’Éliane se serra.
Elle se tourna lentement vers Adrian.
— « C’est vrai ? »
Adrian resta silencieux quelques secondes.
Puis il répondit calmement :
— « Oui… et non. »
Éliane fronça les sourcils.
— « Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Adrian s’approcha d’elle.
— « Quand je t’ai rencontrée… je savais qui tu étais. »
Éliane sentit le sol disparaître sous ses pieds.
— « Tu… savais ? »
Adrian hocha légèrement la tête.
— « Ta famille. Ton empire. Le Cercle de l’Ombre. »
Alexandre applaudit lentement.
— « Enfin un peu d’honnêteté. »
Lucien murmura :
— « Continue… dis-lui tout. »
Éliane fixa Adrian.
— « Pourquoi ? »
Adrian répondit d’une voix basse.
— « Parce que ma famille a perdu cet empire il y a longtemps. »
Éliane comprit immédiatement.
Les Delacroix.
La rivalité.
L’héritage.
Mais Adrian continua :
— « Alexandre veut le reprendre par la force. »
Il regarda Alexandre avec mépris.
— « Moi… je voulais comprendre si tu étais différente. »
Éliane recula d’un pas.
— « Différente de quoi ? »
Adrian répondit :
— « De ta grand-mère. »
Le silence s’installa.
Alexandre soupira.
— « Quelle déception… il ne dit pas la meilleure partie. »
Éliane se tourna vers lui.
— « Quelle partie ? »
Alexandre sourit lentement.
— « Celle où Adrian devait te trahir. »
Le monde sembla s’arrêter.
Éliane regarda Adrian.
— « Dis-moi que ce n’est pas vrai. »
Adrian ne répondit pas immédiatement.
Une seconde.
Deux secondes.
Puis il dit :
— « C’était le plan au début. »
Le cœur d’Éliane se brisa un peu.
— « Au début ? »
Adrian continua :
— « Mais les choses ont changé. »
Lucien murmura :
— « Trop tard pour ça. »
Éliane sentit la colère monter.
— « Vous m’avez tous manipulée ?! »
Alexandre sourit.
— « Bienvenue dans la vraie guerre, Éliane. »
Soudain—
Un bruit v*****t retentit.
Une explosion fit trembler l’entrepôt.
Les lumières s’éteignirent.
Tout le monde se retourna.
Des hommes armés envahirent le bâtiment.
Alexandre fronça les sourcils.
— « Ce n’est pas mon équipe. »
Lucien murmura :
— « Alors… c’est pire que je pensais. »
Un coup de feu retentit.
Le chaos éclata.
Adrian attrapa immédiatement la main d’Éliane.
— « On doit partir. »
Mais dans la confusion…
Lucien disparut.
Complètement.
Quand les lumières de secours s’allumèrent quelques minutes plus tard…
Lucien n’était plus là.
Ni les hommes qui avaient attaqué.
Alexandre regarda autour de lui.
— « Quelqu’un d’autre est entré dans la partie. »
Éliane sentit un frisson glacial.
Parce qu’elle comprenait une chose.
La guerre qu’elle croyait connaître…
n’était que le début.
La fumée remplissait encore l’entrepôt.
Les lumières de secours clignotaient faiblement, donnant à la scène une atmosphère presque irréelle.
Éliane reprenait lentement son souffle.
Autour d’elle, le chaos.
Des caisses renversées.
Des vitres brisées.
Et surtout…
Lucien avait disparu.
Alexandre observa les lieux avec une expression sombre.
— « Celui qui a fait ça… savait exactement où frapper. »
Adrian tenait toujours la main d’Éliane.
Mais elle la retira doucement.
Elle le regarda.
Son regard était différent maintenant.
— « Tu m’as menti. »
Adrian baissa légèrement les yeux.
— « Oui. »
Alexandre sourit.
— « Au moins il est honnête maintenant. »
Éliane ignora Alexandre.
— « Depuis combien de temps ? »
Adrian répondit calmement :
— « Depuis le début. »
Ces mots firent mal.
Très mal.
Mais Éliane resta forte.
— « Et maintenant ? »
Adrian la regarda droit dans les yeux.
— « Maintenant je suis de ton côté. »
Alexandre éclata de rire.
— « Tu vois ? C’est pour ça que je ne lui ai jamais fait confiance. »
Éliane sentit la colère monter.
Mais soudain—
Le téléphone d’Alexandre vibra.
Il regarda l’écran.
Son sourire disparut immédiatement.
— « Impossible… »
Éliane fronça les sourcils.
— « Quoi ? »
Alexandre leva les yeux vers elle.
— « On doit partir. Maintenant. »
Adrian se tendit.
— « Pourquoi ? »
Alexandre hésita.
Puis il dit un nom.
Un seul.
— « Valéria. »
Le silence tomba immédiatement.
Adrian pâlit.
— « Elle est revenue ? »
Éliane regarda les deux hommes.
— « Qui est Valéria ? »
Mais avant qu’ils ne puissent répondre…
Une voiture noire s’arrêta devant l’entrepôt.
La portière s’ouvrit.
Une femme descendit lentement.
Élégante.
Calme.
Terriblement imposante.
Elle entra dans l’entrepôt comme si l’endroit lui appartenait.
Ses yeux se posèrent immédiatement sur Éliane.
Un sourire mystérieux apparut sur son visage.
— « Enfin… »
Sa voix était douce mais glaciale.
— « Je me demandais quand j’allais te rencontrer. »
Éliane la fixa.
— « Qui êtes-vous ? »
La femme s’arrêta à quelques mètres d’elle.
Puis elle répondit calmement :
— « La seule personne qui connaît toute la vérité sur toi. »
Alexandre murmura :
— « On est morts… »
Adrian resta figé.
Éliane sentit un frisson parcourir tout son corps.
— « Quelle vérité ? »
La femme sourit légèrement.
Puis elle dit les mots qui changèrent tout.
— « Tu n’es pas la véritable héritière de cet empire. »
Le silence devint total.
Le cœur d’Éliane s’arrêta presque.
— « Quoi ? »
La femme continua tranquillement :
— « Ta grand-mère n’avait qu’un seul enfant… »
Elle s’approcha encore.
— « Et ce n’était pas ta mère. »
Le monde sembla basculer.
Éliane recula d’un pas.
— « Vous mentez. »
La femme sortit un dossier.
Elle le posa sur une table brisée.
— « Toutes les preuves sont là. »
Adrian murmura :
— « Éliane… »
Mais elle n’entendait presque plus.
Parce qu’une seule pensée tournait dans sa tête.
Si elle n’était pas l’héritière…
Alors qui était-elle vraiment ?
La femme regarda Éliane avec un sourire calme.
— « Bienvenue dans la vraie histoire de ta naissance. »