P.d.v. de Déguène
Il est très facile de trouver une personne de nos jours, j'ai réussi à me procurer le numéro de cette peste et hier je l'ai appelé pour lui dire que je voulais lui parler. Bah comme il faut que cette folle fasse l'importante, elle a catégoriquement refusé de me voir ailleurs que chez elle et comme c'est moi qui suis dans le besoin, je m'y rends après j'irai voir Hamza. Parlant de ce dernier, les choses ne s'annoncent pas aussi facilement que je l'aurais espèré. J'ignore s'il est au courant pour sa femme ou pas même si ça m'étonnerait. Pourquoi ? Tamsir qui n'est même pas concerné semble toujours être pris de haut par la nouvelle. Il ne m'a toujours rien dit à ce propos, seulement qu'il ne voulait pas que je parte comme me l'a dit son frère et si c'est après avoir appris que cette g***e est toujours en vie qu'il me l'a demandé, je ne dois peut être pas trop m'inquiéter et dois maintenant plus que jamais clouer le bec à cette Ngoné.
Lorsque j'arrive devant chez elle, je reste garée un bon moment, un peu pensive. Cette fille est une peste donc il va me falloir être très prudente avec elle.
J'allais sortir de ma voiture quand j'aperçois Racky sortir de sa maison. Non mais? Qu'est ce que cette fille peut bien faire avec Asmar? Je ne comprend pas. Toutefois je la prend en photo: peut être que c'est Hamza qui l'envoi ou peut être qu'il y a autre chose. Il faudra qu'elle m'explique.
Lorsque je m'aperçois qu'elle est vraiment partie, je sors enfin de la bagnole pour me diriger au seuil. Lorsque je suis entrée, je n'ai pu m'empêcher de regarder encore et encore sa demeure: son ex-mari a sûrement du être dépouillé par cette g***e et en parlant du loup, je la vois venir vers moi pour m'accueillir avec son faux sourire.
-Ki dou madame Ndour! Allez entres! Fais comme chez toi!
Dit-il en me montrant de la main un fauteuil où je m'installe, la fixant ressortir pour rentrer avec un plateau garni de boissons. Comme si j'allais en boire et courir le risque qu'elle m'empoisonne!
Elle me sert et je repose le verre sur la table. Elle continue avec ses formalités hypocrites et je joue à son jeu. Quand elle eu terminé, elle me demande enfin:
-Et que me vaut l'honneur de cette visite si inattendue?
Je souffle enfin et attaque:
-J'ai besoin de ton aide!
Elle esquive un rire.
-Mon aide?
-Oui!
Cette fois-ci elle rigole vraiment avant de reprendre son sérieux;
-Yaw am nga diom? Khana tu as oublié que je te déteste?
Quand je disais qu'elle est folle.
-Bilay c'est réciproque. C'est juste que cette histoire peut nous être bénéfique à toutes les deux. C'est comme du gagnant gagnant!
-Mane ma defoul accord ak yaw! Je ne veux rien avoir à faire avec une p**e répugnante qui se tape les frères de son mari.
Me crache t-elle. OK! Je comprends mieux maintenant la présence de Racky tantôt dans cette maison car mis à part elle je ne connais personne qui puisse renseigner cette folle.
Sans afficher la moindre surprise, j'essaie de tout mon possible de garder le calme. C'est moi qui suis dans le besoin actuellement et elle reprend:
-Khamoni depuis des jours maintenant je cherche Tamsir pour lui dire que tu couches avec Hamza?!
Dépassée, je ne pu m'empêcher de lui dire:
-leegui à quelle fin? Je t'ai fais quoi au juste?
-Rien du tout! Je n'ai rien à faire alors je m'amuse!
Sourit-elle alors que je fulmine de colère. Alors d'un coup je lui dis:
-Ngoné est en vie !
-Et alors?!
Répond t-elle pas du tout surprise. Je compris du coup qu'elle était au courant sûrement. Pff! Je pense que je ferai mieux de trouver une autre solution car cette peste ne m'aidera pas.
Je me lève très en colère, prête à m'en aller mais sa voix me retient:
-Wa attends!
Je me retourne pour la voir sourire.
-Tu proposes quoi?
P.d.v. de Hamza
Racky étant sortie, je dû me lever pour aller ouvrir à la personne qui sonnait depuis bientôt une bonne minute.
Je tombe sur Déguène qui sourit en me voyant et je dû faire de même avant de lui faire la bise et de l'inviter.
-Où est Racky?
Me demande t-elle d'abord et je lui répond:
-Aucune idée! Elle est sortie.
-A mon avis tu devrais plus faire attention à elle:
Je fronce les sourcils:
-Pourquoi?
-J'ai cru la voir avec Asmar.
-Asmar?
Repris-je et elle hoche la tête. Ça c'est à suivre.
-Tu travailles sur quoi?!
Demande t-elle en entrant et en se posant sur le sofa pour remarquer les documents que j'avais étalé sur la table basse.
-Sur quelques projets.
Lui dis-je en venant m'asseoir à mon tour pour ranger les feuilles.
Elle me regarde faire. J'ignore si elle est au courant pour Ngoné ou pas même si elle n'en a pas l'air. Maintenant je me demande ce que je vais bien pouvoir faire d'elle. A vrai dire, il me faut me poser, réfléchir sur ce que je dois faire et je pense que tout ceci ne sera possible que quand j'aurai la certitude que ma femme est toujours en vie bien que ça n'engendrerait pas grand chose à mes projets. En parlant d'elle, je dois me rendre chez ses parents dès que j'aurai fini, à cette heure ils doivent être chez eux. Je ne badinais pas quand je leur faisais part de mes exigences et espère qu'ils l'ont bien compris.
-Bon! Je ne vais pas durer hein, j'étais juste venu pour te dire quelque chose.
Me dit Déguène en jetant un coup d'œil à sa montre. Je lui prête attention:
-j'écoute!
-Tamsir refuse de m'accorder le divorce.
Je fronce les sourcils.
-A bon?! Et maintenant? Que comptes-tu faire?
-je...je ne sais pas!
Je souris: quand je pense qu'elle veut jouer aux plus fins.
-Déguène, ça ce n'est pas une excuse.
Lui dis-je en la regardant bien dans les yeux comme pour lui faire comprendre que je ne suis pas dupe. Ce ne sera pas elle qui va ruiner mes plans.
-Je t'assu...
-Écoutes, pour le moment, j'ai la tête à autre chose et nous en reparlerons une autre fois, d'accord?
La coupé-je en me levant et en prenant les documents pour les ranger. Elle me regarde sans rien dire et se lève à son tour après un long soupir. Je m'occuperai de son cas le moment venu.
-J'ai un rendez-vous très important, je te dépose?
Lui demandé-je en ouvrant la porte.
-Ça ira, je suis venu avec ma voiture.
Me dit-elle en se dirigeant vers la porte. Je la retiens pour l'embrasser brièvement, histoire de la rassurer ou juste lui faire comprendre que nous sommes toujours ensemble.
-On en reparlera bientôt, promis.
Lui dis-je. Elle hoche la tête et nous sortons et chacun va vers son véhicule respectif.
Tout en conduisant, je repense encore et encore à ce que je pourrais dire à Ngoné car une chose est sûre, je ne sortirais de sa maison que quand ses parents m'auront donné son numéro. Il faut que je lui parle, et mieux, il faut que je discute avec Habib.
Lorsque je me gare devant chez-elle, je suis rassuré de voir la voiture de sa mère garée devant ce qui veut dire qu'elle est bien chez elle.
Comme la dernière fois, j'ai sonné et plus calmement cette fois-ci et c'est une jeune femme travaillant sûrement pour eux qui m'a ouvert.
Elle m'a dit qu'ils étaient dans le séjour et je m'y suis dirigé pour trouver Alima qui semblait suivre la télé calmement.
-Bonsoir!
Lui dis-je dès que je l'aperçois. Ma voix la fait relever sa tête et elle me répond par un bonsoir à peine audible.
-Où sont tes parents?
Lui demandé-je et elle m'indique le canapé:
-Assied-toi ils arrivent.
Sans attendre, je vais m'installer sans que l'autre ne m'adresse un regard. Je me demande de nous deux qui doit être en colère contre qui. Ils m'ont caché ma femme et en plus ils osent me faire la tête, ça c'est ce qu'on va voir.
Après quelques minutes, je commence à perdre patience et réitère ma question:
-Alima, où sont tes parents?
-Ils arrivent je te dis!
-Appelle les et dis leur que j'attends! Je vous avez prévenu que j'allais revenir aujourd'hui et que vous allez me donner ce que je demande!
Lui dis-je très sérieux quand on me demande:
-Et que demande monsieur ?
Comme si j'avais reçu une douce froide, je me retourne vers cette voix mielleuse qui venait de poser la question.
Et là! Là, j'arrête tout mouvement, je ne respire même plus, trop concentrer à la fixer ce regard, ce sourire: C'est ELLE! NGONÉ!