Une colère brûlante

2080 Mots
~~~Ramatoulaye Diallo Aujourd'hui, je dois aller chez Houraye, mon amie, pour me faire tresser. Depuis la semaine dernière, je me suis défaites de mes tresses et j'ai laissé mes cheveux comme ça. Je prends le peigne et j'hésite à me peigner, car je n'aime pas ça, surtout avec ce tas de cheveux. Je fais beaucoup de grimaces, ce qui attire l'attention de ma mère. Ma mère : « Ân Rama kone guila néné kha dioni a yaltéwo galéwo ko padata » (Hey Rama, tu n'es pas encore partie de la maison ? Qu'attends-tu ?) Moi : « Néné mi soussa peigne déh horam kone safat » (Maman, j'ai peur de me peigner, ça va faire mal), répondis-je avec une mine de bébé. Ma mère : « Héééé Allah abito gua mi peignane ma kone » (Oh mon dieu, viens là que je te le peigne vite). Elle s'assoit sur le sceau d'eau qui se trouvait dans la chambre et je m'agenouille près d'elle. Je commence à crier juste en sentant le peigne toucher mon cuir chevelu. Ma mère : « Ferme-la ! Tu veux appeler le monde entier ou quoi ? », dit-elle en me frappant. Moi : « Aaaayyy, maman fais doucement stp, sama karaw yi héritage la dé » (mes cheveux sont un héritage), lui dis-je. Ma mère : « Mais tu les as hérités de moi, tu l'oublies khana ? » Moi : « Mais les miens sont plus longs que les tiens, en plus de ça toi t'as des "bédiaw" (je ne sais pas comment on le dit en français, si quelqu'un sait, qu'il m'aide stp). Aussi, on ne rivalise pas avec sa fille », répliquai-je. Elle ouvrit grand les yeux stupéfaite avant de me dire de me lever. Ma mère : « Va-t'en, sors d'ici fille de satan », déclara-t-elle en me poussant vers la sortie. « Attends, viens sakh ». Je retourne dans la chambre en la suivant. Elle prend le karité du Mali mélangé à d'autres produits et m'en met sur mes cheveux. Moi : « Onfonfon, c'est dégoûtant », dis-je avec une mine dégoûtée. Ma mère : « Ça te permettra d'avoir des cheveux longs comme ta mère », répondit-elle en l'appliquant sur chaque parcelle de mes cheveux. « Allez, oust ». Je prends mes sandales usées et je sors. J'ai mis une robe fleurie qui m'arrive aux genoux. Heureusement, la maison de Houraye n'était qu'à deux rues de là. Je saluais tous les anciens que je rencontrais, même les enfants, car c'est une habitude que j'ai prise. Comme on dit : "Le visage inspire le respect, la nuque inspire l'insulte." Logique, n'est-ce pas ? J'arrive et je trouve la sœur de Houraye en train de tresser les cheveux d'une petite fille. Moi : Ya Allah, Mariata est en train de tresser les cheveux de cette personne, mais toi, tu es audacieuse. Toi, tu ne peux même pas tresser une poupée en plastique et tu veux tresser une personne. Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité, nak. Khalé bi ya ngui yakeu sa temps dé bilae, ki meunoul dara ba dara bolo diékh nak mane ma lako wakh. (Jeune fille, tu perds ton temps. Celle-là, elle ne peut rien faire, rien du tout, c'est moi qui te le dis, nak.), dis-je avant de courir à l'intérieur. Néanmoins, je l'entends crier derrière moi. Mariata : OUI, C'EST ÇA, COURS DÉ, AUJOURD'HUI MOM, TU NE VAS MÊME PAS TE FAIRE TRESSER. Je rigole et je la laisse dans son délire. Houraye était assise devant la télévision, la télécommande dans les mains. "Je vais vous dire quelque chose à propos d'elle. Il ne faut jamais, jamais lui laisser la télécommande, parce que c'est une Kathiapant. À bon entendeur, salut !", dit-elle. Je saute sur le canapé et lui dis: Moi: Tresse-moi vite, je veux rentrer avant qu'on me tue. Fais vite. Houraye: Que se passe-t-il ? demanda-t-elle. Moi: Fais vite rék. Mariata va me tuer si elle finit ce qu'elle fait. Houraye: Mdrr. Assieds-toi ! Je prends le banc et m'assois vite. Elle commence à me tresser tout en prenant son temps. Moi: Wa yaw gawal way (Mais fais vite), dis-je. Houraye: Ferme-la ! Je regarde mon film. Moi: Pfff, sachant que c'est fictif, mais tu es toujours là à regarder des films d'amour rék. Qu'est-ce que ça t'apporte, dis-moi ? Houraye: Beaucoup de choses. Ça me permet de me distraire et de m'occuper, quoi. L'amour, c'est quelque chose de magique, tu sais, il faut juste y croire. Moi: Peut-être pour toi, mais pas pour moi en tout cas. Je n'ai pas besoin de l'amour de quelqu'un d'autre, juste celui de ma mère et de mes frères me suffit. Houraye: Je le sais, mais tu as besoin d'un autre amour, quelqu'un qui te comprend et qui reste à tes côtés pour le meilleur et pour le pire. Je vais te donner un conseil : s'il te plaît, dis ce que tu penses, crie ce que tu ressens, hurle ce qui te blesse, parce que je te connais, tu essaies juste de te forger une carapace. Oublie le passé, occupe-toi et réalise tes rêves, ma chérie. Guiss ngua adouna bi kou nék ya ngui ak sa astaghfoulilah, alors vis ta vie sans t'obstiner à plaire aux autres, car c'est TA vie. Je ne dis rien et réfléchis. Mais pourrais-je un jour oublier mon passé et trouver quelqu'un qui pourra me faire oublier cette douleur ? Ce passé qui me hante jour et nuit, et m'empêche de faire ne serait-ce qu'un seul pas en avant. Hélas, je ne pense pas trouver ce "quelqu'un" qui cicatrisera mes plaies si profondes. Je me lève pour rentrer. Heureusement que j'avais fini mes tresses. C'était seulement cinq tresses. Quand j'arrive chez moi, je prends le plateau de fruits et pars les vendre. Il était 16h, il fallait que j'aille au marché les vendre pour que nous ayons de quoi dîner. Et c'est reparti pour une longue journée. * * * ~~~Isseu Niass Aujourd'hui, Ousmane, mon petit ami, m'a invité chez lui pour la énième fois. Je ne pouvais pas refuser, même si c'est la dernière fois, car il est important pour moi de respecter mes engagements. Avant de partir, j'ai pris un bon bain moussant pour me relaxer. Ensuite, je suis sortie de la salle de bain pour m'habiller, me maquiller et préparer ma sacoche et mes clés avant de partir. J'ai une Lamborghini - pas pour me vanter, mais simplement parce que j'aime la vie et faire des choses qui me plaisent. Je travaille dur pour en arriver là où je suis et je suis reconnaissante envers mes parents qui ont investi beaucoup pour ma réussite. Une fois arrivée, j'ai garé ma voiture et pris l'ascenseur jusqu'au septième étage de l'hôtel Novotel où Ousmane réside. Il m'a accueillie en ouvrant la porte, vêtu d'une serviette autour de la taille, le corps encore humide après sa douche. Moi: Mon futur mari, ai-je dit en le prenant dans mes bras. Il me sers à son tour. Je sens son organe intime sur mon entrejambe. Oh zut ! J'avais oublié qu'il portait qu'une serviette sur lui. Sur cette pensée, je me décale vite. Ousmane: Ahaha, loy daw ? Ioe tapéte ngua rék( Ahaha pourquoi tu te décales ? T'es qu'une peureuse rék) me dit-il en me frappant sur la tête. Moi: Non même pas, c'est pas ça. Moh, va t'habiller c'est mieux au lieu de rester là à parler. Il entre dans une chambre et moi je m'installe sur le canapé. Dix minutes après, il revient habillé seulement d'un short et débardeur. On pouvait voir tous ces abdos et pectos. Hiii sama dieukeur dji nak da thiofé dé machallah sapalah mdrr Ousmane: Ya ngui yout dé (Tu baves hein). Moi: Yout kay kone wéro nakati(Baver? T'es fou alors). Je me lève et pars prendre la télé commande qui était posé de l'autre bout du canapé. Je sentis son regard sur moi. Waw keuy ki nak mom thiaga na di, wayé de doko lale khana khouli ba soneu rk (Un vrai pervers celui-là !) Tout un coup, je sentis une main sur mes fesses entrain de me caresser. Je me retourne pour lui faire face. Moi: Que fais-tu là ? Demande-je en reculant. Ousmane: Tu m'attires beaucoup bilae. Viens on va dans la chambre way, me répondit-il. Je reste bouche bée en le regardant avec une mine dégoûtée. Moi: Mais toi est-ce que ça va dans ta tête ? Tu t'entends parler sérieusement là? Ousmane: Mais bien sûr, allez viens rék. Toute façon c'est pour ça que j'ai insisté pour que tu vienne. J'ai besoin de me faire plaisir. Et c'est la goutte qui fait débordée la vase. Je lui donne une claque mondiale avant de lui répondre. Moi: Tu me prends pour qui hein? Je ne suis pas ta traînée, si tu veux te vider les c******* tu n'as qu'à aller le chercher ailleurs imbécile. Nakati yaw ni ngua mél kone ? Wayé béne mbiir rk lalay wakh dh moy guiss ngua sama tâte yi dou pour fowé wala mayé, da ngua yakarni que mane ak say thiaga de services yi nio yame jamais guiss ngua mane mi nguay guiss ni, suis unique de ma yaye (Alors toi t'es comme ça ? Mais je te dis une chose dé, c'est que si tu crois que mes fesses sont gratuits ou bien s'ils sont des jouets tu te trompes. Tu crois que moi je suis une de tes prostitutées de services, mais jamais. Moi je suis unique à ma mére. Bâtard !). Je prends mes clics et claques puis sort de cet endroit poisseux. Je démarre ma voiture et commence à proliférer des injures. Bon sang pourquoi les mecs sont tous pareils? Tous, sans exception, nous prennent pour leurs jouets. Soit ils nous veulent pour notre apparence, soit pour rendre jalouses les filles qui les ont quittés. Je n'aurais jamais cru qu'un jour cela m'arriverait, et le pire, c'est que c'est l'homme que j'aime qui m'a fait ça. Mais je ne vais pas trop m'y attarder car j'ai eu ma dose. Je fais le vœu de rester chaste... C'est la vie, quoi. ~~~Mouhamadou Talla Sylla Je me préparais à aller chercher mon frère à l'aéroport car son vol était prévu pour 21 heures et il n'était que 20h30. Même si j'avais décidé de lui pardonner, j'avais l'impression que mon cœur n'y était pas totalement. J'avais promis à ma mère que j'irais chercher mon frère, donc il fallait que j'accomplisse ma promesse. Arrivée à l'aéroport Blaise Diagne, je cherchais mon frère du regard en portant une pancarte avec son nom écrit dessus. Je vis un homme agiter la main en l'air et je sus que c'était lui. Quand il arriva à ma hauteur, il me prit dans ses bras. J'essayais de me convaincre que c'était mon frère et non pas l'homme qui m'avait volé ma fiancée, mais c'était peine perdue. Les images de cette trahison défilaient dans ma tête comme un film au ralenti. Je secouais la tête pour chasser ces souvenirs si douloureux. Lamine : Diambar, nakamou ? (Comment vas-tu, grand frère ?) me demanda-t-il. Moi : Je vais bien, petit frère, et toi ? lui répondis-je. Lamine : Tranquille, merci. Moi : Et comment se passe le travail là-bas ? Demandai-je. Lamine : Ça va, juste un peu fatiguant. Être le directeur d'une entreprise aussi grande que la mienne n'est pas facile, dit-il en souriant. Moi : J'imagine. [Un petit rappel que je n'ai pas mis dans le flashback de Talla : quand Talla a découvert la trahison de son frère Lamine et de sa fiancée Alima, il s'est vengé en gelant leurs comptes bancaires et en les privant de tout ce qu'ils possédaient. Le père de Talla a emmené Lamine en Suède et l'a nommé responsable de son entreprise d'import-export qui se trouve là-bas. Voilà en gros ce qui s'est passé après.] Moi : Allons-y ! Je crois qu'il va bientôt pleuvoir, dis-je en regardant le ciel. Nous avons pris la route en direction de notre maison à Keur Massar. Je conduisais tout en discutant avec mon frère, mais il y avait un peu de malaise entre nous. La pluie commençait à tomber et il n'y avait personne en vue sur cette route déserte, juste le bruit des klaxons des voitures. C'est ce que je croyais jusqu'à ce que je voie quelqu'un sur le trottoir en train de trembler...
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