Les dés sont jetés

1308 Mots
‹‹ Vouloir arriver c'est avoir fait la moitié du chemin ››. _____________________ ~~~Omniscient Dès que Talla franchit la porte de sa maison, il entendit sa mère crier comme si elle était possédée. Il s'étonna de ce comportement venant d'elle, car elle n'avait jamais élevé la voix. Il entra et vit toute la famille assise sur le canapé. Quand on dit "toute la famille", cela inclut ceux du côté de son père, comme ses deux oncles Mamadou et Chérif, sa tante paternelle préférée Aïcha Rassoul, ainsi que quelques cousins et cousines. Talla : Salam Waleykum, les salua-t-il. Ils se retournèrent pour lui faire face. Ses deux oncles ne lui accordèrent même pas un regard, car ils le détestent profondément, tout comme ses cousins. Ils l'envient, car selon eux, le père de Talla a trop favorisé son frère Lamine en lui confiant la responsabilité de ses entreprises, alors que cela devrait être un héritage pour toute la famille. Talla trouve cela complètement stupide. En plus de cela, ils ne travaillent pas, se contentant de rester là sans rien faire. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que "Yalla yalla bey sa tool" (Invoquer Allah ne dispense pas de cultiver son champ) ishh. Il s'assit près de sa mère et ne tarda pas à remarquer que sa petite sœur Codou pleurait. Talla : Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Sa mère : Il se passe... Son oncle Mamadou : Pas besoin de le demander à ta mère, pose-nous directement la question, c'est mieux. Il regarda son oncle d'un regard pas du tout gentil avant de réitérer sa question. Talla : Qu'est-ce qui se passe ici ? Son oncle Mamadou : Voilà, il se passe que nous voulons marier Codou à son cousin Malick qui est présent ici, lui répondit-il en mâchant son petit cola. Ils attendaient une réaction de la part de Talla, mais il n'en eut aucune, si ce n'est de demander calmement : Talla : Est-ce que Codou est d'accord maintenant pour cette union ? Sa mère sursauta, comme si elle ne s'attendait pas à ces mots sortant de la bouche de son fils. Son autre oncle Chérif : Ça, on s'en fout ! Ce qui nous importe, c'était de vous l'annoncer et le reste, nous nous en occupons. Talla bondit sur ses pieds, furieux, avant de dire d'un ton ferme : Talla: Ma sœur ne se mariera pas si elle ne veut pas. Alors inutile d'insister, car ça ne servira à rien. Et puis, vous voulez appliquer cette vieille maxime pourrie qui dit "que les cousins sont faits pour les cousines" ? Désolé de vous décevoir, mais ça ne sera pas le cas cette fois-ci. À peine avait-il fini de parler que la main de son oncle atterrit sur sa joue. Ses yeux s'assombrissent aussitôt. Son oncle (Mamadou): TU CROIS QUE C'EST NOUS QUI SOMMES TES ÉGAUX HEIN ? Di da ngua réw rék, wayé bilae guiss ngua xalei bou réw day moytou magg bou xam, ni rék nak ngua meuneu mél nak nakh kéwel du tëb doom ja bëtt. (Tu es impoli, mais sérieusement, si tu ne fais pas attention à un vieillard qui sait tout mieux qu'un enfant, il peut te détruire et tu vas t'en mordre les doigts. Je comprends ton comportement, car quand la biche saute, son petit ne passe pas à travers la haie), proclama-t-il en lançant un regard à la mère de Talla. Allons-nous-en d'ici. Ils partirent de la maison furieux, sauf sa cousine Daba, qui lança un clin d'œil à Talla. Elle avait un faible pour lui depuis longtemps. Talla monta dans sa chambre, très en colère, laissant sa mère et sa sœur perplexes. ~~~Malick Sylla Comment a-t-il osé parler à mon père de cette manière ? Hm, il se croit supérieur juste parce qu'il a tout ce qu'il veut dans la vie, tandis que nous, nous sommes là à être traités comme des "Dommou badola" (les laissés-pour-compte). Même pour trouver un travail, c'est difficile pour nous, alors que l'héritage devrait être familial. Mais seulement eux en bénéficient. Ça, je vais remédier à ça au plus vite, car ça ne peut plus continuer. J'en ai ras le bol. ~~~Madelaine Thiam "Xalei bou réw dafay moytou magg bou xam". Mais qu'est-ce qu'il pense savoir pour dire ça ? S'il s'agit de ce secret-là, il peut toujours rêver. Je me lève brusquement du fauteuil et monte dans ma chambre quand Codou me dit : Codou : Maman, tu penses que mes oncles vont mettre leur plan à exécution ? Elle tient mon boubou, que je lui arrache violemment. Moi : C'est ton affaire, moi j'ai des choses beaucoup plus importantes à régler, répondis-je en montant dans ma chambre. J'entre et ferme la porte à clé avant d'enlever mon col. J'ouvre mon tiroir et sors mon téléphone que j'ai acheté pour mes services. Je compose son numéro et attends qu'il/elle décroche. ?! : Ah, c'est ma patronne, comment ça va ? Moi : Je t'ai dit de ne pas me tutoyer, on dirait que tu entends par l'anus et non par l'oreille. J'entends son rire, mais cela ne m'empêche pas de continuer : Moi : J'ai une mission pour toi. Futé, têtu et fou. Soit tu gardes le silence, soit tu finis six pieds sous terre. Pas besoin d'explications, tu comprends ? ?! : Pfff, encore. Ne t'inquiète pas, je vais m'en occuper. À plus. Je raccroche avant de sourire. C'est là l'avantage de parler en langage codé. ~~~Ramatoulaye Diallo C'est l'appel à la prière du muezzin qui me réveille. Aujourd'hui, c'est le jour où je vais passer mon entretien à l'entreprise "Kiki Traiteur". Je me lève et prends ma douche en faisant mes ablutions avant d'aller prier. Il est seulement 05h30 du matin, donc je pense que je peux faire quelques tâches avant de partir. D'abord, je balaye la cour de la maison et nettoie les toilettes. Ensuite, je prends quelques vêtements de ma mère et de mes frères que je lave avec l'eau du puits que j'ai puisée hier. Après cela, je prépare un plateau de fruits pour ma mère, et enfin je me change en enfilant un jean et un body qui mettent en valeur mes formes. Puisque j'ai décidé d'apporter un nouveau changement, il faut que cela commence par ma tenue vestimentaire. Je prends mon sac à main et me dirige vers la sortie, mais ma mère m'interpelle. Moi: Pourquoi es-tu réveillée ? dis-je. Ma mère: Je ne pouvais pas laisser ma fille partir comme ça sans la bénédiction et les prières de sa mère, quand même. Mais c'est aussi l'heure pour moi d'aller au magasin. Je souris discrètement avant de tendre mes mains vers elle. Ma mère: Ma ngui lay nianal fo dioubelou Yalla nafa yiiw Yalla djibelou, li nguay outi ni Yalla nalako Yalla yombalale. Ramatoulaye bou féké mane ma la diour, bilae da nguay diengue rék wayé do meusseu danou (Que Dieu accompagne tes pas là où tu vas ! Qu'il te facilite ce que tu cherches. Si c'est moi ta mère, je te dis que jamais tu ne tomberas à terre et tes ennemis qui attendent ta défaite ne le verront jamais. Que Dieu accompagne tes pas, ma fille !!). Moi: Allahuma amîne, maman, dis-je en passant mes mains sur mon visage. Je sors et me rends à l'arrêt de bus. Cinq minutes plus tard, il arrive et je monte dedans. Quand j'arrive devant les portes du grand restaurant où il est écrit en noir et blanc en lettres majuscules "Kiki Traiteur", j'hésite à entrer. Est-ce normal de stresser autant pour un simple entretien ? Mais je ne peux pas faire marche arrière, car j'ai besoin de ce travail. Je prends une grande inspiration avant de pousser la porte. Que Dieu m'aide, c'est tout ce que je peux dire.
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