DANS LA PEAU DE DJAMILA
J'ai le coeur lourd face à ce changement de mon mari,notre complicité commence à s'éteindre et cela je ne sais pas pourquoi.
Puisque aujourd'hui c'est à mon tour de cuisiner le déjeuner,je me suis vêtue d'une simple et somptueuse "taille basse" pour aller au marché,j'ai toujours été cette femme qui n'expose jamais ses problèmes dehors,même si j'ai une tonne de problèmes,je me comporte d'une telle façon que personne n'en sache rien,je suis une femme mariée et les problèmes dans mon ménage doivent se régler en couple,je n'irais nul part en parler même pas chez les amis de Bachir.
Je descendis en bas avec mon panier et croise ma belle mère Yacine et Houreye ensemble.
-Bonjour Maman,Bonjour Houreye.
-Bonjour.....tout en continuant de converser entre eux.
-Maman je vais au marché,que dois je cuisiner aujourd'hui?
-Fais ce que tu veux,je suis trop occupée,j'ai pas le temps pour ça,y a quelque chose de très important qui est le mariage de mon fils avec Oumy.
-Ah ce mariage sera le mariage de l'année....ajouta Houreye.
-Inchalla,ça sera le mariage de l'année,moi j'ai pas peur d'avoir une coépouse,partager le même mari ne veut pas dire être ennemie,quand Oumy viendra je vais la considérer comme ma propre soeur,je suis très contente pour cette nouvelle,au moins mon mari Aldiana aura un héritier......dis je pour les déstabiliser.
Je les laissa bouche bée et sors de la maison pour direction au marché,je m'apprêtais à traverser la route quand je rencontre une des amies de Houreye,elle ne me plaît pas du tout,c'est une vraie commère.
-Djamila chérie comment tu vas?
-Je vais bien et toi?
-Je rends grâce à Dieu,mais la nouvelle que j'ai entendu ça ne m'a pas plu du tout,Bachir va épouser une deuxième femme,si on me réveillait au milieu de la nuit et me le dit,je ne pourrais y croire.
"Pourquoi les gens sont devenus hypocrites,à ce que je saches elle ne m'a jamais aimé,ce qui me fait du mal c'est que la nouvelle s'est vite répandue dans le quartier" disais je dans ma tête.
-Ma puce,ça ce n'est rien,ne t'inquiète pas,je n'ai pas peur d'avoir une coépouse,je crois en moi et en mes capacités.
-T'es pas croyable,si c'était moi j'aurais déjà déserté,je ne supporterais pas d'avoir une coépouse,on t'annonce que ton mari va prendre une deuxième épouse et toi ça ne te fais ni chaud ni froid,vraiment t'es incroyable.
-Il en a droit,il peut avoir jusqu'à quatre femmes,bon...je te laisse,au revoir ma puce,j'espère que tu viendras au mariage.
-Ah bien sûr,c'est à ne pas rater
Ainsi je m'en vais continuer ma direction,oh vraiment maintenant beaucoup de personnes sont fausses,elle voulait que je parle du mal de mon mari ou encore de ma future coépouse pour ensuite qu'elle aille raconter notre conversation dans tout le quartier,mais je ne lui donnerais jamais cet occasion.
Après quelques minutes de marche j'étais déjà au marché choisissant des légumes quand Penda fit son apparition.
-Salam Aleykoum
-Penda
-Djamila ça va.
Elle voulait continuer son chemin quand je la tiens par la main,j'ai besoin qu'elle m'explique ce changement soudain chez elle,notre amitié ne peut pas s'éteindre comme ça.
-Penda j'ai besoin de te parler
-J'ai pas ton temps,je suis occupée.
-Ah tu es occupée,d'accord,tu crois que je ne peux pas vivre sans toi,tu te trompes,moi je ne vais pas courir derrière une amie qui ne tient pas en moi,non je dirais même pas amie,tu ne veux plus avoir à faire avec moi tant pis,sois heureuse,je te souhaite tout le bonheur du monde.....lui dis je à m'approchant de son oreille.
Je pris mon panier et la devance,je ne comprend pas cette manie de laisser son amie juste parce que ton mari te l'a demandé,certes nous les femmes nous devons nous soumettre aux obligations de nos époux mais pas dans ces cas,nos époux ne doivent pas nous pousser à laisser nos bonnes personnes d'hier.
Vous les femmes,je vous conseille de ne jamais rayer vos proches de votre vie juste pour vivre avec l'amour de votre vie,les hommes n'ont pas un comportement juste,certains hommes changent de comportements comme ils changent de chemises.
-Ah celle là c'est Djamila.....dit une de mes voisines.
-Oui Amina comment tu vas?
-Je vais bien,je rends grâce à Dieu,t'es toute ravissante avec ta "taille basse"
-Ah Merci chérie
-Bon..je ne veux pas être trop indiscrète mais qu'est ce qui se passe entre toi et ton amie Penda,j'entends des gens dans le quartier dire que vous n'êtes pas en bon terme.
"Même les murs ont des oreilles,comment ont t-ils fait pour savoir ce qui s'est passé entre Penda et moi"
-Bon...ne t'inquiète pas,c'est juste temporaire,comme on le sait tous,toute relation a des hauts et des bas.
-Ah ça me fait du bien d'entendre cela,ne laissez personne détruire votre amitié,ne mettez jamais entre vous,Yaw ak Penda demb lawone taye soga nieuw(toi et Penda votre amitié date de longtemps)
-Merci Amina pour les conseils
-Ah ce n'est rien,toi t'es gentille,respectueuse,tu récoltera que de bonnes choses,bon....j'ai une tontine en place,tu ne voudrais pas y participer.
-Toi même tu sais que la tontine ça n'a jamais été mon truc.
-Mais faut essayer,c'est bien d'épargner.
-D'accord,j'en parlerais à mon mari et je te reviendrais.
-Machalla,c'est pourquoi je t'estime,tu es une bonne épouse.
-Je prends exemple sur toi chérie,bon...je te laisse,à tout à l'heure.
-À tout à l'heure chérie
Ainsi je m'en vais pour rentrer chez moi,je croise un de mes voisins griots devant la porte du marché,il me poursuit tout en chantant "Djamila ngi ndoug marché lekket bagui si digg bopp ma"(Djamila va faire des courses au marché,la calebasse au milieu de sa tête)
-Où as tu vu une calebasse Mbaye.
-C'est la même chose,calebasse ou panier c'est la même chose.
-Tu ne changeras jamais,prends ça,j'ai pas emmené beaucoup d'argent.
-Ah merci beaucoup,c'est pourquoi je t'estime,tu n'as pas la main dure comme cette femme là qui habite chez toi,comment elle s'appelle encore?Houreye quelque chose comme ça.
-Eh laisses Houreye tranquille
-Bon...je parles pas de ça,le jour du mariage de ta coépouse,dinala daar nii Darmendra(je te collerai comme du chewing gum)en chantant tes louanges,tu sauras que tu as un griot.
-Ah bon,toi aussi t'es au courant
-Même les murs ont des oreilles maintenant.
-Toujours le même,bon...je m'en vais moi,à la prochaine mon griot.
-Vas y mais Djami sa "taille basse" bakhna(Ta taille basse te va à ravir)
Ainsi à peine dix minutes de marche j'arrive à la maison et telle fut ma surprise quand je vis les deux amies griottes de ma belle mère chanter les louanges de cette dernière,j'en doutes pas,elle tient à coeur à ce mariage.
-Salam Aleykoum Tata comment vous allez?
-Djiguene bouy seuy si keur dafa wara nekk diegou pousso,lou khotekou mou gnaw,wayé Djiguene bou yoor djiko lame sett wakhou massi dara,té dieg deug day ame dome(Une femme mariée doit renforcer les relations dans sa maison conjugale et non détruire les relations et une vraie dame doit avoir un enfant).....disaient les griottes
Elles chantaient en choeur pour me déstabiliser,je sais que c'est un coup de ma belle mère alors je n'en fis même pas cas.
Je les devance et va dans la cuisine sans piper un mot,j'en ai l'habitude.
-Tata laisses moi t'aider....dit Bintou qui venait d'apparaître dans la cuisine.
-Hii Bintou je ne veux pas de problèmes,ta mère ne veut pas que tu travailles pour moi alors s'il te plaît va jouer avec tes amies.
-D'accord mais Tata est ce que c'est vrai que tonton Bachir va épouser une autre femme.
-Oui c'est vrai,tu auras une nouvelle Tata.
-Mais c'est toi ma préférée et tu le resteras pour toujours.
-Bintou que je ne t'entends plus parler de favoritisme,tu es un enfant,restes à ta place,quand elle viendra considére la comme une tante au même pied d'égalité que moi,tu es un enfant et un enfant doit être respectueuse envers ses aînés.
-D'accord,pourtant tu pouvais me laisser t'aider.
-Bintou vas jouer dehors
-D'accord,Tata quand je serais grande,je voudrais être comme toi,tu es tellement gentille.
Je laissa un sourire face à cette phrase,cet enfant vraiment c'est un ange,que Dieu l'aide pour qu'elle ne soit pas influencé par sa mère,Houreye j'arrive pas à la comprendre,j'arrive pas à comprendre sa méchanceté gratuite.
NARRATEUR EXTERNE
De l'autre côté,Penda était déjà chez elle.
"Qu'est ce qui m'arrive,je voulais parler avec Djamila,m'excuser pour qu'on devienne comme avant mais je ne sais pas c'est comme si on me retenait,je fais des choses que moi même je ne comprends pas" se disait Penda.
C'est la sonnerie de son téléphone qui la sortit de ses pensées et c'était un de ses employés et oui Penda détient une grande boutique vendant de matériels immobiliers.
-Bonjour Zeyda
-Bonjour Madame
-Y a un problème à la boutique?
-Effectivement,il faut que vous venez tout de suite,c'est très urgent,je ne sais plus quoi faire
-Vraiment Zeyda je te croyais plus responsable que ça,juste une absence d'une semaine et il y a des problèmes au bureau,bon....ne t'inquiète pas j'arrive tout de suite.
-D'accord
Penda avait déjà commencé à éplucher les légumes,puisque y avait une urgence à la boutique,elle décida d'aller en parler à sa belle mère même sachant qu'elle récoltera que des insultes venant d'elle.
-Maman j'ai une urgence au bureau,je dois y aller tout de suite.
-Et en quoi ça me concerne?
-Maman,le déjeuner,je pourrais pas le préparer,je suis désolé mais tu pourrais réchauffer le dîner d'hier.
-Ah j'en ai l'habitude mais Dieu est bon,quand ma nouvelle belle fille viendra je commencerais à manger de la bonne nourriture.
Penda n'en fit même pas cas,elle en a l'habitude,elle monta dans sa chambre,prit un bon bain,change de vêtements,prends son sac et sortit.
-Maman j'y vais,à tout l'heure
Pour réponse,elle n'a eu rien comme réponse.
Elle montait dans sa voiture quand elle croise Djalika la future femme de son mari.
-Future coépouse,comment tu vas?Tu prépares le mariage j'espère,je te dis juste une chose prends tes gardes,moi Djalika So deffoul nank sa dieukeur makoy mome nakh diongué si mane la fekk bakh(si tu ne fais pas attention,ton mari sera à moi car moi je suis charmante et j'ai beaucoup d'atouts)
-Je te dis une chose,moi et toi on ne boxe pas dans la même catégorie,je ne vais jamais faire de la concurrence avec toi car de un je ne suis pas ton égale,de deux moi je suis civilisée,une grande dame au vrai sens du terme,Dieukeur yaw la tital car si association lamb.com nga bokk(avoir un mari c'est toi qui en fait ta propriété car on t'as jamais demandé en mariage jusqu'à ce que mon mari te vienne en aide)
Penda entra dans sa voiture laissant Djalika bouche bée.
Ces deux là dans une même maison,ça ne sera pas du tout facile.
De l'autre côté,il était à peine 20h,Djamila demeurait inquiéte car son mari n'est pas encore rentré,ce qui n'est pas de son habitude,Bachir descend toujours à 18h,Djamila l'a appelé mais son téléphone était éteint.
C'est à peine 15 minutes qu'il débarque.
-Aldiana tu vas bien,tu m'as fait une de ces peurs là,tu es rentré tard aujourd'hui.
Djamila s'approchait de son mari quand celui ci le bouscule.
-QU'EST CE QUI T'ARRIVE?JE SUIS FATIGUÉ,TU COMMENCES À ME LES METTRE.