Brianna
Le reste de l'après-midi passe sans que je ne m'en rende compte. Ce n'est qu'une fois que Lola nous apporte les deux derniers cafés de la journée que je prends conscience de l'heure qu'il est. Je referme le manuscrit que j'étais en train de lire ainsi que l'ordinateur, à la fois soulagée et ravie. Cette après-midi a été assez productive. J'ai réussi à lire un manuscrit complet et écrire les mails que je devais envoyer aux personnes concernées. Je range mes affaires et rejoins rapidement Hari toujours assis à son bureau. Lui et moi faisons le point sur le travail que j'ai fait jusqu'à maintenant tout en sirotant nos cafés. Un peu plus et je pourrais vraiment m'habituer à ce rythme. Travail et lecture la journée, pause-café avec lui matin, midi et soir en fin de journée, détente pour le reste de la soirée. Je dois dire que cela ne me déplairait pas. Loin de là.
— Alors qu'est-ce que tu en dis ?
— Mmmm ?
Je relève la tête sortie de mes pensées. Hari me regarde les sourcils haussés, un sourire à peine perceptible au coin des lèvres.
— Tu n'écoutais pas, c'est ça ?
— Non effectivement, j'admets un sourire coupable au coin des lèvres.
— Et à quoi pensais-tu ?
— Au fait que je pourrais facilement m'habituer à ce rythme de vie avec toi.
Une lueur pétillante parcourt son regard tandis qu'il rétorque :
— D'où ma proposition dont je te faisais part pendant que tu étais perdue dans tes pensées.
— C'est-à-dire ? je demande haussant un sourcil.
— Demi-journées de télétravail rémunérées quand tu n'es pas en cours, et activités ensemble le week-end. (Pause.) Qu'en dis-tu ?
Ce que j'en dis ?
— Excellente idée !
— Dans ce cas, je ferai les démarches qu'il faut pour.
— Parfait Monsieur Stanford.
Il m'adresse un sourire et attrape son téléphone qui vient tout juste de vibrer.
— C'est Owen. Il est en bas.
— Déjà ?
— Oui. (Je fais une moue déçue tout en ramassant mes affaires.) Tu n'as qu'à venir à la maison, si tu veux. Nous te raccompagnerons après.
Je jette un coup d'œil à l'horloge numérique accrochée au mur près de la porte du bureau.18H00. Avec un peu de chance mon père, Sonia et Sam ne sont pas encore rentrés. Ce qui veut dire que nous pouvons avoir l'appartement pour nous seuls si nous le voulons. Je tourne à nouveau la tête vers Hari.
— Allons chez mon père. Pour une fois c'est moi qui t'invite.
**
Hari
Une fois dans la voiture, j'écris un message rapide à Cora pour lui dire que je ne rentrerai pas dîner ce soir. Comme à son habitude, elle me répond qu'il n'y a aucun souci et qu'elle restera avec Hayden le temps que je rentre. Il n'y a pas à dire, cette femme est une perle. Le trajet jusqu'au domicile des Andrews se fait assez rapidement. Bree et moi le passons à nous câliner, tout en discutant de ses projets d'étude une fois qu'elle aura fini le lycée. Elle me parle des différentes universités où elle compte postuler, chacune d'entre elle se trouvant bien évidemment aux Etats-Unis.
— Tu n'as jamais envisagé de postuler dans une ou deux facs à l'étranger, au cas où ? je lui demande tandis que nous regagnons le hall de l'immeuble.
— J'aimerais bien, mais je ne pense pas que cela serait possible.
— Pourquoi ?
— Eh bien pour commencer cela a un coup et puis je ne suis pas sûre d'avoir le niveau.
— Bree, tu as le niveau c'est indéniable. Tu es une jeune fille très ambitieuse et travailleuse. Il n'y a pas de raison pour que tu ne réussisses pas, je lui assure d'un ton sérieux.
— Hari...
— Quant au coût, tu sais très bien que cela ne me gênerait pas de t'aider si besoin. Ce n'est pas un problème. Et puis, comme le dit le proverbe : « qui ne tente rien, n'a rien ».
Elle soupire tout en levant les yeux au ciel mais n'ajoute rien. Nous regagnons l'appartement de son père et sa famille, vide comme elle l'avait pressenti. Tant mieux. Je ne demande rien de mieux qu'un peu de temps seul en tête à tête avec elle. Nous retirons nos chaussures ainsi que tout notre attirail hivernal et faisons un tour du propriétaire. L'appartement est plus grand que ce que je ne le pensais, ce qui est assez impressionnant pour quelqu'un qui fait partie de l'échelon discret du monde des affaires. Nous commençons par le bas avant de rejoindre l'étage du haut, où se trouvent les chambres à coucher, y compris une pour les invités, le bureau et la salle de bain. Bien évidemment nous finissons par la chambre de Bree. Un sourire se dessine sur mes lèvres malgré moi tandis que je parcours la pièce du regard.
— Lumineuse, élégante et simple, tout comme toi, je dis.
Elle émet un petit rire tout en se tournant vers moi. Je franchis le pas de la porte que je ferme derrière moi et avance vers elle. Les mouvements de sa poitrine s'accélèrent alors que je l'attrape par la taille et approche ma bouche de son oreille.
— Maintenant que nous sommes dans ta chambre, cela me donne quelques idées de ce que nous pourrions faire pendant que nous sommes que tous les deux, je souffle d'une voix basse.
J'appuie mes mots d'un b****r sur son lobe. Elle glisse ses mains derrière ma nuque tandis que je la soulève dans mes bras tout en faisant glisser mes lèvres le long de son cou. Ses jambes se referment autour de ma taille. Je la porte jusqu'à son lit sur lequel je la fais tomber à la renverse. J'attrape son haut que je remonte le long de sa poitrine. Son corps frissonne sous mes caresses. J'adore la façon dont elle réagit chaque fois que je la touche, même lorsque cela est fait de la plus simple des manières. C'est tellement enivrant et excitant. Je relève la tête et plonge mon regard dans le sien. Une lueur d'excitation et de désir parcourt ses yeux hypnotisants.
— J'ai tellement envie de...
— Bree, nous sommes rentrés !
Et merde. Nous nous redressons en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire avant d'être pris sur le fait. Elle remet son tee-shirt et passe une main dans ses cheveux à toute vitesse.
Le Karma n'est décidément pas de notre côté aujourd'hui.
** ** ** ** **