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1247 Mots
Hari Enfin fini avec la paperasse pour aujourd'hui. Ce n'est pas trop tôt. J'attrape mon paquet de cigarettes et en allume une sur laquelle je tire une longue bouffée. Je ferme les yeux savourant un peu plus les effets de ma première cigarette de l'après-midi. J'ai été tellement pris par les papiers que je ne me suis même pas accordé de pause. Kelly a eu la gentillesse de m'apporter un café que je n'ai même pas bu et qui maintenant est presque imbuvable. Il ne me restera plus qu'à aller en chercher un, une fois que Brianna m'aura rejoint. Plus qu'une petite heure et nous pourrons rentrer nous préparer pour la soirée à venir. J'ai hâte. Rien de mieux qu'une bonne soirée et un bon week-end en perspective après une semaine aussi compliquée. La porte de mon bureau s'ouvre soudainement me sortant de mes pensées. Brianna entre dans la pièce. Elle referme la porte derrière elle et s'approche de mon bureau. Il ne me faut pas longtemps pour remarquer son expression confuse et inquiète. —      Hari, j'ai... Elle est coupée dans sa phrase par la sonnerie de mon téléphone de bureau. Je lui fais signe d'attendre une seconde le temps que je prenne l'appel, ce à quoi elle répond d'un signe de tête affirmatif sans broncher. Je garde mes yeux rivés sur elle tandis qu'elle s'assoit en face de moi. L'expression de son visage laisse supposer qu'elle s'attendait à ce que je reçoive un appel au moment de son arrivée. Bizarre. —      Hari Stanford, je dis d’une voix posée. —      Alors comme ça tu t'es dégoté une nouvelle copine. Je sens les poils se hérisser sur mes bras et mes jambes. Des sueurs froides me parcourent le corps. p****n de merde. Je jette un coup d'œil en direction de Brianna. Il ne lui en faut pas plus pour comprendre quelle heure il est. Et si je m'en fie à sa réaction, ma très chère ex-femme n'a pas hésité à aller la tourmenter elle en premier. s****e. Je me demande comment elle a pu réussir à se procurer un téléphone. Probablement sa mère la dernière fois qu'elle lui a rendu visite. Cette très chère Hortense a toujours eu tendance à céder au moindre caprice de sa fille aînée. Visiblement, ce n'est pas l'hospitalisation de cette dernière qui y a changé quoi que ce soit, malheureusement pour moi. —      Qu'est-ce que tu veux ? je demande froidement. Imperturbable. Voilà le meilleur état d'esprit à adopter vis-à-vis de Gwenaëlle. Imperturbable. Calme. Intouchable. Ne pas lui laisser croire qu'elle peut avoir une quelconque emprise sur moi. —      Tu me manques Hazza, me dit-elle. Un rire amer s'échappe de mes lèvres avant que je ne puisse le contrôler. Elle me prend vraiment pour un con. —      Si tu arrêtais de changer de petite copine constamment, tu te rendrais compte que moi aussi je te manque. —      Va te faire foutre. (Du coin de l'œil, je peux voir Bree sursauter visiblement surprise par mon ton.) C’est toi qui as ruiné ce que nous avions. Pas moi. Toi. Alors si tu veux un conseil, ne commence pas à me faire chier, compris ? (Silence.) Et je te demanderai de bien vouloir ne plus importuner ma petite amie à l’avenir. —      Tu vas t'en mordre les doigts Hari. Tu vas vraiment t'en mordre les doigts. —      Piège-moi si tu peux, je n’attends que ça. En attendant, je vais de ce pas appeler l’hôpital pour leur demander de t’interdire toute visite et tout appel tant que tu n’auras pas signé les papiers du divorce. —      Tu ne peux pas faire ça ! —      Je vais me gêner tiens. —      Hari ! —      Bonne journée Gwen. Un râle exaspéré me parvient depuis l'autre bout de la ligne. —      Espèce de... Je lui raccroche au nez ne lui laissant pas l'occasion de finir sa phrase. Quitte à choisir entre la laisser me faire chanter et me brûler les doigts, je préfère prendre le risque de la deuxième option. Hors de question de me laisser faire par une tarée. Je ne l'ai jamais fait et ça n'est certainement pas demain la veille que ça va commencer. ** Brianna L'appel fini, Hari convoque Lola et Kelly dans son bureau. Nous nous asseyons sur l'un des canapés afin d'être installés plus confortablement pour la conversation qui s'apprête à suivre. Les deux assistantes arrivent rapidement dans la pièce, cafés en mains comme à leur habitude. Elles referment la porte derrière elles et s'asseyent en face de nous. Je laisse Hari leur faire le topo sur la situation et me contente de siroter mon café tout en écoutant la conversation. Je n'arrive pas à croire que cette horrible femme a réussi à se procurer mon numéro de travail pour venir me déranger. Quelle abrutie. Comme si j'allais garder une telle chose pour moi et ne pas en parler à Hari. Cela se voit qu'elle ne nous a pas vus ensemble. Saleté. —      Bree ? Je secoue la tête et lève le regard vers Hari. Ce dernier prend une inspiration et s'humecte rapidement les lèvres avant de me demander : —      Que t'a-t-elle dit au juste ? —      Elle m'a traitée de « p*****e » avant d'enchaîner avec un « On se verra. Bientôt ». —      N'importe quoi ! s’indigne Kelly. C'est elle là... Hari lui jette un regard réprobateur la coupant net. —      Elle ne t’a rien dit d’autre ? —      Non. Elle m'a raccroché au nez avant que je ne puisse répondre quoi que ce soit. —      Pas étonnant venant d’elle. —      Oui. Je m’en doute, je dis amèrement. J’attrape mon gobelet et prends une gorgée de mon café pendant que Hari et ses assistantes se lance dans une discussion sur la solution la plus rapide pour faire changer les numéros. Hari glisse discrètement un bras autour de ma taille, comme si de rien n’était. Un sentiment de soulagement s’empare de moi tandis que je me laisse aller un peu plus contre lui. —      Nous allons contacter l’opérateur de ce pas, conclut Lola. —      Parfait, merci. Elle nous adresse un signe de tête et se lève du canapé, rapidement suivie par Kelly. Toutes deux nous souhaitent un bon week-end avant de se retirer nous laissant enfin seuls. Je finis mon café d’une traite et vais jeter mon gobelet à la poubelle. Lorsque je me retourne, je me retrouve nez à nez avec Hari qui se tient juste derrière moi. Il m’attrape par la taille et me tire à lui, le sourire aux lèvres mais le regard un peu fatigué, probablement à cause de cette semaine forte en émotions et de son ex-femme qui semble décidée à se rappeler à son beau souvenir. —      Que dirais-tu de venir un peu à la maison ? me demande-t-il me sortant de mes pensées. —      J’en dis que ça me ferait extrêmement plaisir, mais il faut que je me prépare pour le dîner de ce soir. —      Il y a tout ce qu’il faut à la maison. Et puis… (Il colle son front contre le mien, une lueur joueuse dans le regard.) Tu te souviens de ce que je t’ai dit ce matin ? (J’acquiesce, le cœur battant et le corps frémissant. Il penche la tête sur le côté de façon à ce que ses lèvres ne soient plus qu'à quelques centimètres de mon oreille.) Je pense avoir une petite idée de ce que nous pourrions faire sans aller trop vite. ** ** ** ** **
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