-Pascale
Je ne vais pas éternellement attendre la réponse de ma cousine à Pog. Ce matin je me suis levée avec mon dossier en main et je suis allée tenter ma chance du côté d’Owendo. Je suis allée au port, j’ai fait toutes les sociétés sur place. Sous le soleil, le ventre vide, je marchais dans toute la zone. Ensuite j’ai marché jusqu’à Sobraga.
_Pasco ? Pasco ?
J’étais trop énervée, affamée pour vouloir voir quelqu’un qui n’allait rien faire d’autre que me faire perdre mon temps.
_Pasco ?
J’ai fini par me retourner et chercher du regard d’où venait la voix. C’était Emile, un ancien bizz.
Moi me forçant à sourire : oh Emile !
Emile : depuis que je t’appelle. Tu vas où ?
Moi : à la gare.
Emile : faire quoi ?
Aah ! Tu m’agaces ! Même si je te dis tu feras quoi ?
Moi : je cherches le travail.
Emile : viens d’abord on va manger.
Quand on dit de toujours rester courtois avec les gens. J’allais l’insulter alors qu’il va résoudre un de mes problèmes. Je suis montée dans sa voiture et nous sommes allés dans un petit restaurant non loin. Il m’a autorisée à prendre ce que je voulais, j’ai quand même pris des plats aux prix abordables.
Emile : une jolie fille comme toi tu cherches le travail. Monsieur fait quoi ? Tu dois rester dans la maison pendant qu’il souffre sous le soleil et à la fin du mois tu manges l’argent.
Moi : je suis assez grande pour m’occuper de moi-même sans compter sur qui que ce soit.
Emile : fais-moi voir ton dossier. Tu cherches quel genre de boulot ?
Moi : toute sorte. Je prends tout.
Emile en lisant : je vois. Bah mangeons d’abord.
Ah Seigneur merci de m’envoyer quelqu’un pour me nourrir. Après manger nous sommes retournés à la Setrag (compagnie ferroviaire) c’est là que j’ai compris qu’il travaillait ici. Les hommes ne se gênaient pas de mater mon c*l et les femmes d’allonger leur cou pour me toiser. Il m’a directement menée chez le DRH.
Je suis ressortie de ce bureau avec un contrat de travail : vendeuse de tickets de train. Je commence lundi prochain.
Moi : merci Emile, tu ne sais pas comment tu me sauves la mise.
Emile : tu as de quoi prendre le taxi ?
Je ne vais pas aussi pousser le bouchon trop loin.
Moi : oui merci.
Emile me prenant la main : tu sais que tu peux toujours compter sur moi.
Moi en retirant ma main : merci.
Emile : à lundi. Tu viens me trouver je t’accompagne à ton poste.
Moi : à lundi.
Je vois bien à son regard qu’il veut quelque chose mais il n’aura rien. Pour le moment je cherche à ranger ma vie pour pouvoir récupérer ma fille. Je n’ai pas besoin des belles paroles d’un menteur tel qu’Emile.
A la maison je suis allée à l’arrière de la concession me procurer quelques feuilles d’oseilles. Ce midi c’est boîte de sardines à l’oseille avec un bon riz blanc. Si je pouvais, j’allais ajouter un bon coca bien glacé mais hélas. Quand maman est venue on a reparlé de cette histoire de terrain.
Si on y investit où est la preuve qu’il ne viendra nous l’arracher. Le terrain est à Anita mais elle n’en aura la gestion qu’à sa majorité.
On a décidé de faire louer le studio et exploiter le reste pour faire des plantations. On va mettre la maison de maman en location et le loyer servira à la retaper. Et nous, on construira une bicoque sur le terrain d’Anita pour y vivre. Le temps que je me fasse de l’argent et construise ma maison sur le terrain de ma mère.
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Le lundi je me suis rendue à Setrag de bon matin. Il faudrait que je songe à faire un tour à Moutouki (friperie) me refaire une garde-robe.
Emile : tu es toute en beauté ma chérie.
Moi : merci.
Emile : on y va ?
Moi : je te suis.
Il m’a confiée à celui qui devait me superviser. A midi Emile m’a apporté mon déjeuner, il est resté discuter avec moi aussi. A la sortie il me dépose à la maison ce qui me fait faire des économies.
-Natacha
Jean-Daniel : et ton petit copain de Tle la, pourquoi tu ne lui attribues pas la grossesse ?
Moi le fixant : parce que nous avons rompus et la faute à qui ?
Jean-Daniel : …
Moi : déjà qu’il y avait des rumeurs, tu n’as pas arrêté de le harceler. Petit truc tu étais sur ton dos. Tu ne cachais même plus ta jalousie.
Jean-Daniel : c’était le seul ?
Moi : non, il y avait toi aussi.
Jean-Daniel : Natacha je ne peux pas prendre ce risque. Je suis proviseur et toi élève dans cet établissement est-ce que tu réalises ?
Moi : quand tu pissais dans mon ventre, pleurait mon nom en gémissant, tu ne savais pas nos statuts respectifs ?
Jean-Daniel : donc on fait comment ?
Moi : je dois avorter aujourd’hui de toute urgence le reste je gère.
Jean-Daniel : c’est combien ?
Moi : 500.000f
Jean-Daniel : quoi ?! Tu veux me couillonner ?
Moi : ok ! Attends ma mère alors, une bonne punu de Moabi. C’est depuis le préau qu’elle va commencer à t’insulter.
Jean-Daniel : essaie de trouver quelque chose je complète.
Moi : je trouve ça où ? Je travaille où ?
Le type avait mal chaud. Il m’a demandé de repasser à 16h. Il m’a remis 400.000f c’est tout ce qu’il pouvait, tu sens qu’il a ramassé l’argent partout partout.
J’ai pris les sous et je suis sortie direction chez mon chéri.
Babe : il a donné ?
Moi : 400.000f.
Babe me prenant dans ses bras : oui bébé tu es forte.
Qui va prendre une grossesse de Jean-Daniel NGONGO ? Quel malédiction ! Je voulais juste le couper avant de le plaquer.
Moi : demain on va à City Sport prendre la même paire de chaussures et le même sac.
Babe heureux : c’est toi ma femme non ?
-Jean-Daniel
Je sais qu’un avortement ne coûte pas autant. J’ai fait avorter trois filles depuis que je suis proviseur. Qu’elle prenne l’argent et s’en aille, j’ai trop de problèmes en ce moment. Voilà que je suis encore allé m’endetter.
Ne me jugez pas. Depuis que les problèmes financiers ont commencé, je n’ai plus le droit de toucher ma femme comme et quand je le veux. Il faut utiliser la force à chaque fois et certains jours je n’en ai pas la force. Mais Pascale est de retour, tout va changer.
Je m’active pour lui trouver quelque chose ici, elle ne peut pas partir sur Port-Gentil.
“Qui a baisé baisera” Pascale peut dire, je vais l’avoir. Au moins j’aurais une seule maîtresse stable avec les histoires de sida qui courent.
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Ce week-end j’ai décidé de prendre Anita qu’on aille rendre visite à sa mère. Elles étaient toutes contentes de ma décision.
Moi : je te cherche toujours quelque chose.
Pascale : ça ne sert à rien. J’ai déjà trouvé.
Moi ébahi : oh ! Où ?
Pascale : Setrag.
Moi rassuré : ah c’est une bonne chose. Au moins tu seras proche de la petite.
Pascale : …
Moi : et pour le terrain.
Pascale : on va faire un champ de bananes et feuilles de manioc, le studio sera mise en location et on va monter un entrer-coucher pour nous abriter maman et moi.
Moi surpris : mais pourquoi ne pas rentrer dans le studio ?
Pascale : parce que.
Moi : et quand tu voudras prendre Anita ?
Pascale : je sais ce que je fais Jean-Daniel.
Moi : ok !
Elle n’était apparemment pas d’humeur je n’ai pas insisté. Je lui ai laissé ce que j’avais sur moi à savoir 10.000f.
-Carmela
Avec Loïc, j’ai accompagné maman prendre le train, qu’elle ne fût pas ma surprise de voir qui vendait les tickets. Pascale la briseuse de foyer. Elle a encore sûrement écarté les cuisses pour avoir ce boulot. Je ne me suis pas attardée sur elle, c’est maman qui a jugé utile de prendre de ses nouvelles. Une fois maman partie je suis rentrée, la bâtard était avec mes enfants au salon, aucune trace de leur père.
Daniel : maman la mère d’Anita travaille là où on prend le train.
J’ai d’abord voulu m’énerver, puis j’ai réalisé.
Moi : tu sais ça comment ?
Daniel : c’est Anita qui m’a dit.
Moi : et toi madame tu sais ça comment ?
Anita apeurée : elle m’a dit ça quand on était chez elle avec papa.
Moi : tu étais là-bas quand avec ton père ?
Anita voulant rentrer dans le fauteuil : samedi.
Moi : très bien.
Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. J’attends Jean-Daniel ici.
Monsieur est rentré à 1h du matin tilt comme un flipper. Injures et gifles, le gars n’avait même pas mon temps. Le lendemain quand je me suis levée il n’était plus là.
Toute la journée j’étais de mauvaise humeur. Mes étudiants en ont pris pour leur compte, je ne les ai pas ratés. A 16h j’étais dans les matitis (bas quartiers) du PK5 à attendre Mademoiselle MISSOUMA. Elle est arrivée à 17h avec des sachets.
Moi : tu ne comprends pas Pascale ? Tu ne comprends pas avec mon mari ?
Pascale : bonsoir Carmela. Je n’ai pas la tête à me faire emmerder donc de grâce !
Moi : tu es seulement d’humeur à coucher avec les maris des gens ?
Pascale : Carmela va chez toi !
Elle a voulu me dépasser mais je l’en ai empêché.
Moi : laisse-moi mon mari, laisse-moi mon mari Pascale parce que je jure je vais te faire très mal. Ta fille vit sous mon toit, fais très attention avec moi.
Elle a dégagé son bras.
Pascale : la folie s’achète ? Montre pour toi et je te prouve qu’on a toutes le même fournisseur. Touche un peu à Anita, touche je vais voir. Si tu as vomis tes enfants je vais alors t’apprendre les douleurs de l’accouchement. Va et touche à mon enfant ! Tchips !
Elle est rentrée dans sa maison et je suis rentrée chez moi. La maison était silencieuse, Jean-Daniel était assis sur l’un des fauteuils.
Jean : tu as gagné quoi en allant là-bas ?
Moi : tu sors avec elle ?
Jean avec autorité : je t’ai posé une question !
Moi haussant le ton : fous moi le c*n ! Tu cries sur qui ? C’est seulement là que tu viens jouer à l’homme ? Payer la nourriture incapable !
Jean : …
Moi fière de lui avoir mis un tais-toi : elle t’appelle vite pour te dire que j’étais chez elle. Tu sors donc réellement avec elle ?
Jean : Carmela ?
Moi hurlant bien fort : quoi ?!
Jean : quelque chose arrive à Anita, tu ne me reconnaîtras pas.
Moi : tu vas faire quoi ? Quelqu’un qui a le sida, après c’est pour me contaminer.
Jean : oh ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention de te toucher.
Moi blessée : parce que tu couches avec elle non ?
Il est parti sans me répondre. Il était 19h, je suis allée appeler sa fille.
Moi : tu me nettoies sérieusement la maison tu comprends ? Toutes les pièces. Ensuite tu passes à la cour et pour finir tu m’écailles le poisson. Est-ce que tu as bien compris ?
Anita : oui maman Carmela !
Moi : ta mère veut me faire chier, c’est toi qui vas en faire les frais.