XVIIILa nuit parut cruellement longue à Claire. Rentrée dans son appartement, elle comprit toute la gravité de la situation et fut épouvantée. Certes, elle avait agi dans la plénitude de son droit. Bravée, menacée, outragée chez elle par une ennemie sans pitié, elle s’était révoltée et l’avait chassée. Mais sa querelle particulière était devenue générale. Son mari avait été contraint de prendre fait et cause pour elle, et elle le voyait maintenant lancé contre le duc. Elle avait devant les yeux l’énigmatique sourire de Bligny quand il avait dit : C’est compris. Ce sourire la faisait frissonner. Elle savait quel dangereux adversaire était Bligny. S’il fallait en venir à un combat, Philippe n’était-il pas sous le coup d’un effroyable danger ? Elle avait vu, à la fin de la soirée, Octave et l


