Chapitre 11

433 Mots
Anne lui lança un sourire embarrassé, hésitante face à l’autorité imposante de Torak. — Elle refuse de quitter sa chambre… Je n’arrive pas à la convaincre, murmura-t-elle, la voix teintée d’inquiétude. Sans attendre davantage d’explications, Torak s’avança d’un pas décidé vers le couloir, ignorant la question implicite de savoir où se trouvait exactement la chambre de Raine. Son instinct le guidait parfaitement : l’odeur de son âme sœur flottait dans l’air, mêlée à celle de la terre humide après l’averse. Chez les lycanthropes, le parfum de leur partenaire surpassait toute perception sensorielle. Il descendit les marches en suivant le sillage de Raine, jusqu’à un couloir sombre. Au bout, Calleb, sous sa forme de loup gris, faisait les cent pas devant une porte ancienne, les muscles tendus et la queue frémissante. Torak accéléra, ses pas silencieux comme ceux d’un prédateur, et arriva en un instant devant Calleb. La porte résistait à sa poignée. Il passa ses doigts sur le bois, hésitant. Il aurait pu tout briser pour atteindre sa compagne, mais la peur dans ses bras plus tôt l’empêchait de la terrifier à nouveau. — Que se passe-t-il ? interrogea-t-il mentalement Calleb. Le loup s’assit, levant les yeux : [Alpha, elle me voit sous ma forme animale, et ça l’effraie.] Torak lança un regard noir, et Calleb baissa la tête jusqu’au sol, contrit. Peu après, Raphaël, Anne et Mme Lang atteignirent le couloir, haletants, sauf Raphaël, imperturbable. — Monsieur Donovan, comment saviez-vous que c’était ici ? demanda Anne, perplexe. Torak, impatient, ignora sa surprise et demanda : — Une clé de rechange existe-t-elle pour cette porte ? Mme Lang, encore essoufflée, sortit un trousseau de sa poche : — Oui… elle s’enfermait souvent. J’ai toujours gardé la clé pour éviter des bêtises. Le cliquetis de la serrure résonna, et la porte s’ouvrit. Torak s’en empara, la poussant légèrement pour entrer dans la pièce. Son regard s’arrêta sur l’austérité du lieu : un simple lit, une petite armoire, une table réduite. Au coin du lit, Raine se recroquevillait, tremblante, le visage enfoui entre ses genoux. Torak s’immobilisa un instant, serrant les poings. — Que fais-tu assise là ? s’exclama Mme Lang, impatiente. — Prépare tes affaires immédiatement. Torak ferma les yeux pour contenir la lueur noire qui les envahissait. La voix autoritaire de Mme Lang, sa manière de parler à Raine, lui évoquait les mauvais traitements et la peur qui rongeaient la jeune fille. Il inspira profondément, ses yeux flamboyant d’une colère contenue. La patience n’avait jamais été une vertu lycanthrope. — JE VOUS AI DIT… SORTEZ ! hurla-t-il, chaque syllabe tranchante comme un couperet.
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