Un hurlement fend la nuit, un visage couvert de poussière et de peur.
Autour, des créatures aux formes sauvages se rapprochent lentement.
L’endroit ressemble à une terre abandonnée des vivants,
Un cimetière respire non loin de là.
Elles m’entouraient toutes, et j’ai crié.
— Nuit d’effroi, par Kavitha Krishnamurthy —
---
Le vêtement noir de l’homme pendait en lambeaux, déchiré par le combat, et ses longs cheveux sombres flottaient derrière lui tandis qu’il avançait.
Raine gémit lorsqu’il attrapa brutalement l’arrière de son pyjama avec sa main couverte de sang et la tira hors de la chambre.
Il la traîna dans le couloir. La petite fille hurla, appelant sa mère et son père de toutes ses forces, mais aucune réponse ne vint.
C’était impossible.
Il se trouvait pourtant juste devant la chambre de ses parents. Même endormis, ils auraient dû entendre ses cris.
Elle pleurait, se débattait, tentait de se libérer. Elle planta ses ongles dans la main qui la retenait, mais sa peau était dure, presque comme de la pierre. Elle essaya de le frapper avec ses pieds, sans résultat.
Dans un dernier effort, elle mordit la main qui agrippait son vêtement.
L’homme s’arrêta net, visiblement agacé. Il la souleva d’un seul bras, comme si elle ne pesait rien.
Puis, avec un grognement irrité, il la projeta violemment contre la vitrine en verre où son père exposait des maquettes de tours miniatures ramenées de ses voyages.
Le verre explosa sous le choc. Le corps de Raine traversa la vitrine, et les éclats tranchants lui entaillèrent la peau en plusieurs endroits. Elle cria de douleur en tombant au milieu des débris.
Des morceaux de verre étaient éparpillés partout.
— Maman… Papa… sanglota-t-elle en essayant de se relever, mais un éclat lui entailla la plante du pied.
La peur de l’homme la paralysa, puis l’instinct de survie prit le dessus. Elle recula, puis se leva et courut vers la porte ouverte du salon.
Alors qu’elle arrivait dans la pièce, elle vit deux corps allongés sur le sol, immobiles, entourés de sang.
Elle les reconnut immédiatement.
— Maman ! Papa ! hurla-t-elle, horrifiée.
La vision fut trop insupportable pour elle. Ses jambes cédèrent et elle tomba au sol en poussant un cri déchirant. Tout son corps tremblait.
Elle se couvrit les yeux avec ses mains lorsqu’elle entendit l’homme s’approcher de nouveau. Il la saisit brutalement et la souleva du sol.
Raine cria lorsque son corps fut projeté contre le mur. La douleur lui coupa le souffle.
Mais cette fois, elle ne fut pas la seule à crier. L’homme poussa lui aussi un hurlement aigu, accompagné d’insultes.
Raine écarta lentement ses mains de son visage et leva les yeux vers lui. Il tenait sa main droite comme s’il venait d’être brûlé. Les veines de son bras ressortaient, signe de la douleur intense qu’il ressentait.
Voyant une chance de fuir, la petite fille se mit à ramper puis à se traîner vers la porte d’entrée qui donnait sur la cour.
Elle devait atteindre la maison de son oncle James, juste à côté. Il pourrait l’aider. Cette pensée lui donna la force d’ignorer la douleur atroce de ses pieds coupés par le verre.
Plus vite… encore plus vite…
Elle franchit la porte et posa ses pieds nus sur l’herbe humide. La rosée lui donnait l’impression de marcher sur des aiguilles, mais elle continua malgré les gémissements qui lui échappaient.
Elle traversa la moitié du jardin et approchait du portail lorsqu’un choc v*****t la frappa dans le dos. Elle cria en se cambrant de douleur.
Un long ongle pointu s’enfonça dans son épaule, lui arrachant un cri.
— Arrête-toi ou je te tue ! hurla l’homme près de son visage.
Mais Raine continua de se débattre. Elle se débattit jusqu’à ce que sa main ensanglantée touche le bras de l’homme. Il hurla de douleur et lâcha immédiatement son épaule.
Raine comprit alors. Elle regarda sa main couverte de sang, puis le visage tordu de douleur de l’homme. Son sang lui faisait mal.
Sans réfléchir, elle posa sa main ensanglantée contre la poitrine nue de l’homme. Dès que sa peau entra en contact avec son sang, il hurla de douleur.
— Sale petite peste !
Avant qu’il ne puisse la frapper, elle se dégagea, se releva en titubant, ouvrit le portail et courut vers la maison de son oncle James.
L’homme ne la poursuivit pas, mais elle n’osa pas se retourner pour comprendre pourquoi.
Elle traversa la rue déserte en courant jusqu’à la maison blanche voisine. Heureusement, son oncle James ne verrouillait jamais son portail, sinon elle n’aurait jamais pu entrer.
Elle monta sur la terrasse et ouvrit la bouche pour l’appeler.
Mais aucun son ne sortit.
Elle essaya encore, encore, mais rien ne venait. Paniquée et frustrée, elle se mit à frapper la porte de toutes ses forces avec ses petits poings, puis donna des coups de pied.
Elle frappa encore et encore, jusqu’à ce que le vacarme finisse par réveiller les personnes à l’intérieur.