33Dans le bureau du deuxième étage du commissariat de Saint-Denis, la lieutenante Maiwenn Angélini, surnommée « Machin » par les membres de sa brigade, reposa lentement le téléphone portable sur le bureau de ferraille gris. On aurait pu croire qu’elle manipulait de la nitroglycérine, tant son geste était mesuré. De fait, elle se sentait sous pression ; une douzaine de paires d’yeux, tout autour d’elle, était braquée sur sa personne. Elle lâcha : — Il ne m’a pas donné sa position. — J’ai entendu, fit un grand châtain grisonnant d’une cinquantaine d’années en désignant un haut-parleur sur la table. Il fallait s’y attendre ! La voix était ferme, et grave, comme enrouée. Le commissaire Fabiani mâchonnait toujours son mégot de Gitane éteint, mais on était revenus aux anciennes règles, perso


