Après, bien sûr, il y avait eu d’autres visages, d’autres passantes. Souvent elles l’aimaient trop parce qu’il ne les aimait pas assez. Ou l’inverse. Il avait rencontré Maria, la Péruvienne, en Suisse et la Chinoise, Han, en Afrique mais la seule dont il avait vraiment partagé la vie, cette Mireille, qui gardait de sa Provence natale un accent chantant, n’avait pu se faire à ses absences trop fréquentes. Benoît s’en sent aujourd’hui encore blessé et coupable. Il dit tout cela en quelques mots. Bénédicte comprend simplement que, depuis longtemps déjà, il vit dans une solitude peuplée de passions, de rencontres et de combats, plus que de femmes. Son soulagement est tel qu’il la laisse quasiment pantelante, comme écrasée soudain par toute la fatigue du voyage, par cette journée si dense, si


