IIUn mois plus tard je reçus l’invitation que Ménélik m’avait annoncée. L’Empereur se mettait en route avec l’apparat et les déploiements d’une vraie partie de plaisir. Je ne me souvenais pas d’avoir vu tant de chevaux caparaçonnés d’argent, de mules couvertes de housses précieuses, de pèlerines de soie, de toges brodées de pourpre. Tous les dignitaires soucieux de faire leur cour au Souverain, tous les princes, avaient tenu à honneur de figurer dans ce cortège. On contait que, tant à l’aller qu’au retour, on serait quatre ou cinq jours sur la route. Il n’était pas question de faire subsister tant de gens sur le pays et tout le monde ne pouvait pas s’asseoir à la table du Négus. On amenait donc avec soi ses « services » et, comme on aurait dit au dix-huitième siècle, ses « maisons », au


