IIIJe m’étais levé avec l’aurore, je chassais le canard au bord du lac Kilolé quand un cavalier accourut, bride abattue, m’avertir que l’Empereur levait son camp. Ménélik venait de recevoir l’avis que la locomotive était proche. Je passai par le faîte de la montagne, et, sur les neuf heures, je rejoignis Sa Majesté. Déjà Elle était installée au sommet d’une côte qui dévalait vers une gorge assez profonde. Du côté opposé la pente remontait vivement dans la lumière levante, jusqu’au ras du ciel. Sur cette terrasse, la foule s’était groupée en un immense fer à cheval : foule d’élite, certes, où fourmillaient les Ras, les Grazmatchs, les Dedjazmatchs, les Fitéoraris et ces personnages qui se nomment « Bouches du Négus », « Main du Négus ». L’Empereur était assis au centre sur un petit pli


