IVMais déjà la foule s’ouvrait. Elle faisait place à un homme que l’on entourait, que l’on poussait, que l’on soulevait presque, au triomphateur du jour, l’audacieux Serkis. L’officier russe que Ménélik avait chargé d’improviser une piste entre Diré-Daoua et Addis-Ababâ venait de me confier à l’oreille que la gloire de Serkis serait de peu de durée. À Diré-Daoua on avait vainement essayé de mettre en marche la locomotive routière. Les ingénieurs du chemin de fer avaient épuisé leur mathématique, les mécaniciens leur huile. Il était probable qu’elle ne roulerait jamais et que l’Empereur en serait réduit à construire une remise pour lui donner ses invalides. Mais Serkis n’était pas l’homme des lendemains. Le succès du jour suffisait à sa philosophie ; et il comptait ne pas ajourner l’heur


