VIISur la fin de la deuxième semaine après ce départ brusque, un officieux du Palais vint m’avertir que, d’urgence, l’Empereur me mandait à Holota. Au cours de mes deux séjours en Éthiopie, j’avais vu Ménélik dans les réceptions où les règles du cérémonial byzantin alliaient tant de grandeur à sa cordialité. J’avais eu des occasions nombreuses d’échanger avec lui des réflexions sur la politique extérieure, sur les nouvelles du jour. Plus d’une fois, j’avais travaillé avec lui en tête à tête. Je n’avais pas encore été favorisé d’une audience d’un caractère – dirai-je aussi éthiopien ? – que la réception amicale qui m’attendait à Holota. Dans cette retraite dont l’accès était momentanément fermé aux ministres étrangers, aux fonctionnaires de la couronne, aux marchands, aux quémandeurs, l’E


