VIIIDans l’art de créer une atmosphère de courtoisie entre ses hôtes d’un jour et son entourage habituel, Ménélik développait des nuances qu’une mondaine aurait enviées. Il dit avec une impatience affectueuse : – Eh bien, ta traduction ?… Tu l’as terminée ? Et, se tournant vers les Grands du Royaume, vers les Officiers qui l’entouraient, il expliqua avec chaleur que, sur le manuscrit autrefois dérobé à Théodoros par les Anglais, je venais de traduire, en français, l’histoire de Salomon, de Makéda et de leur fils Baina-Lekhem. Une gravité attentive accueillit l’approbation que le Souverain accordait à cet effort. Et Damassié demanda : – Cette traduction, à qui la fera-t-on lire ? J’exposai que le livre multiplié par l’artifice de l’imprimerie serait lu non seulement par des hommes de h


