XXAu milieu de la deuxième quinzaine de juillet Norbert partit pour Clergeac, où il comptait passer la plus grande partie de ses vacances. À cette époque, la menace de guerre commençait d’étendre sur l’Europe son voile sombre. Norbert, qui avait voyagé en Allemagne deux ans auparavant, qui était en relations avec des Alsaciens demeurés en pays annexé, avec des Danois, amis de la France et des Polonais persécutés, avait la certitude que le cataplasme était proche. Aussi voulait-il aller se retremper quelques jours dans la haute atmosphère spirituelle et familiale des lieux où il avait trouvé la foi et le repos de son âme inquiète. La veille du départ, il rencontra Licette qui sortait de chez un joaillier. Elle lui serra la main au passage en disant : – Bonsoir, je suis très pressée. Nous


