CHAPITRE 9 LE POINT DE VUE DE LINA —Assieds-toi. Il n'avait pas bougé. Je regardai la table. Longue. En bois clair. Deux couverts disposés à une extrémité — pas en face l'un de l'autre, mais côte à côte, à angle, comme pour une conversation plutôt qu'une confrontation. Du pain. Des fruits coupés. Du café dans une cafetière en verre. Du jus d'orange. Des petites choses dans des bols — du miel, de la confiture, du beurre. Tout cela pour moi. Ou pour nous deux. Je m'assis au bout de la table sans prendre quoi que ce soit. Il se retourna enfin. La lumière du matin lui tombait dessus différemment. La nuit dernière, dans cette salle de vente aux lumières dorées et violentes, il avait semblé taillé dans quelque chose d'obscur. Dangereux de façon évidente, frontale, comme un couteau pos


