3.Mon cher père et ma bonne petite Rose, Je reçois à l’instant même un message du tabellion de la ville de Darmstadt, en Allemagne, qui m’annonce la mort d’un parent assez éloigné, le chevalier de Rey, qui m’institue son héritier. Le chevalier de Rey était le dernier rejeton de la branche protestante de notre famille. Son bisaïeul quitta la France lors de la révocation de l’Edit de Nantes, et alla se fixer à Darmstadt. Le chevalier est mort sans enfants, et il a pensé qu’il était raisonnable et bien de laisser à ceux qui portent encore son nom, la fortune considérable dont il jouissait et qui s’élève à cent mille thalers, environ trois cent soixante-quinze mille livres de France. Je pars donc pour aller recueillir cet héritage et je me hâterai afin de vous revenir en septembre prochain e


