4.— Voilà, monsieur, reprit la comtesse après une minute de poignante émotion, le coup de foudre qui vint nous frapper à Preil. Je faillis en mourir ; mais la jeunesse est si forte, même à son insu, elle tient à la vie par des racines si vivaces, par des liens si puissants, que la mort qu’en vain j’appelais à mon aide se fit attendre et ne vint point… Et puis, je me devais à mon père, à ce vieillard qui n’avait plus que quelques jours à vivre et qui allait descendre au tombeau le cœur navré d’avoir vu s’évanouir sa plus chère et sa dernière espérance. Que de tristes jours je passai auprès de ce père mourant ! Que de longues et navrantes soirées d’automne s’écoulèrent pendant lesquelles nous nous tenions les mains et nous nous regardions avec des yeux pleins de larmes sans oser échanger un


