(Point de Vue : Élara) Le penthouse du soixante-cinquième étage de la Tour Horizon sentait la peinture fraîche, la poussière de plâtre et le vide absolu. L'immeuble n'était pas encore inauguré. L'ascenseur de service était le seul moyen d'accès, et Léo en avait reprogrammé la carte mère pour qu'il n'obéisse qu'à nos empreintes biométriques. C'était un bunker de verre flottant au-dessus des nuages, déconnecté du reste du monde. Il était quatorze heures. Dans le vaste salon vide, Léo était assis en tailleur sur le parquet brut, entouré d'une barricade de serveurs portables et de câbles noirs entremêlés comme un nid de vipères. Il tissait notre réseau fantôme. À quelques mètres de là, recroquevillée sur un canapé de cuir noir qu'on avait fait monter à la hâte, Maïra fixait le vide. Elle


