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28 Le matin. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai dormi presque huit heures d’affilée. Et sans me réveiller une seule fois ! C’est à croire que la prison est ma véritable maison ; mon chez-moi ; l’endroit le plus sécurisant pour moi. L’œilleton… La porte qui s’ouvre… Je n’ai rien oublié des gestes des gardiens qui furent aussi les miens, pendant de longs mois. Le gardien est jeune. Il me regarde et je sais parfaitement (parce que je l’ai fait avant lui, vingt-cinq ans plus tôt) qu’il mesure la chance qu’il a d’être affecté à la cellule d’un caïd ; ça fait bien ; et pas seulement sur des états de service ou un curriculum vitae. Mon régime de faveur se poursuit : j’ai droit à deux paquets de biscuits de qualité, une cafetière propre et une tasse, en plastique ; elle n’a jama

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