DélitementLe malaise qui les avait envahis les poursuivit jusqu’à Paris où ils arrivèrent une semaine plus tard. Ils récupérèrent leur studio en piteux état, mais l’argent du loyer versé pendant leur absence prévenait quelques mois de soucis. Nina continua d’assurer seule le jour-à-jour grâce à sa bourse, ses économies et surtout son salaire, ayant très vite rempilé dans ses petits jobs, assurant une routine presque confortable. Gilles, de son côté, trébucha d’un vague à l’âme à l’autre. On lui fit même l’affront de lui dire qu’il était surqualifié pour un poste de livreur de fleurs. Fort en gueule pour cacher sa honte de vivre aux crochets de Nina, il allait parvenir à éroder sa bienveillance, elle qui ne voulait pas y penser et y parvenait jusque-là si bien. Un dangereux glissement les


