39. Danse macabre Grenoble centre Sur son lit, les bras en croix, le soldat Jacquier, mort pour la France, s’était endormi comme une masse. Tout juste s’il avait pris le temps auparavant de se déshabiller. Avait-il seulement mangé ? Les dernières soixante-douze heures avaient été infernales. Combien d’heures de travail, au juste ? Combien de procès-verbaux tapés, de cafés avalés ? Son âme errait à travers le temps et l’espace. Le lieutenant se retrouva sur les quais, seule la lune l’éclairait. Devant lui, à quelques mètres, Mohamed Berki, toujours aussi élégamment habillé, se leva subitement à la manière de Lazare, mais avec un trou béant au milieu de la poitrine. Il laissa derrière lui le tracé à la peinture réalisé par la police scientifique. Tel un pantin, il s’approcha du crâne géan


