Dimanche 5 mars 1961 Il est près de vingt-trois heures. Martina est déjà couchée. Je vais bientôt la rejoindre. Avec un somnifère. J’ai besoin de dormir pour effacer les péripéties de ma journée. Je devais être de service aujourd’hui, mais j’avais fait en sorte de me rendre disponible pour satisfaire l’ultimatum de Louise Morange, un collègue avait accepté d’inverser avec moi son dimanche d’astreinte. Ma nuit avait été agitée, j’avais ressassé une stratégie que j'estimais infaillible pour convaincre cette harpie du bénéfice qu’elle aurait à taire mon changement d’identité. Lui laisser croire que Martina ignorait mon imposture ; que sa lettre l’avait dessillée ; qu’elle souhaitait que je négocie ; qu’elle avait mis notre mariage dans la balance ; qu’elle lui savait gré de m’avoir dénoncé


