Dimanche 12 mars 1961 Elle ne m’avait rien dit. Quand je suis rentré du boulot, en fin d’après-midi, j’ai trouvé l’appartement vide. Martina est arrivée une demi-heure après moi, toute pimpante dans son ensemble vert bouteille, chaussée d’escarpins à sangle et coiffée d’un bibi ouvragé, sourire aux lèvres. Nous avions passé la semaine à échafauder des plans plus ou moins tordus pour contrer les exigences de Louise Morange sans parvenir à mettre au point une stratégie convaincante qui nous libérerait de ses prétentions pécuniaires et amoureuses. — Je suis allée la voir, m’a-t-elle lancé en guise de préambule. J’en suis resté baba ! Comme souvent, après notre valse-hésitation, Martina avait pris les choses en main, elle avait décidé d’affronter celle qui était devenue sa rivale et qui m


