10 Quelques instants avant le dîner, Wilfrid entra dans le parloir où M. de Somers se trouvait seul. Le comte posa sur la table près de lui le journal qu’il parcourait et jeta un coup d’œil sur la physionomie toujours sombre de son fils. – Eh bien ! cette demande en mariage ? Wilfrid s’avança, posa les mains sur le dossier d’un fauteuil et répondit froidement : – Sigrid m’a chargé de vous dire, mon père, qu’elle avait trop de fierté pour entrer pauvre dans une famille où il lui serait reproché d’avoir empêché mon union avec l’héritière de Brüsfeld. Elle a ajouté qu’elle vous remerciait de n’avoir pas douté qu’elle eût assez de fierté, assez d’honneur pour me rendre ma liberté, quand même vous consentiriez à notre mariage. Un sourire narquois s’esquissa sur les lèvres de M. de Somers.


