11 Debout près d’une des fenêtres de son salon, Aurore, ayant fini de s’habiller, aspirait le parfum suave qui parvenait jusqu’à elle. Barnabé, le jardinier boiteux, avait sorti de l’orangerie les caisses de lauriers-roses et d’orangers pour les disposer autour de la petite cour dallée, devant la maison. Les roses de la façade fleurissaient, les résédas embaumaient dans les parterres. Dans un coin, le petit Louis, surveillé par sa bonne, jouait en jetant des cris joyeux. Le vieux jardin, avec ses charmilles et ses buis, prenait sous le soleil une mine presque joyeuse. Aurore pensait : « Je suis bien ici. Je ne m’ennuie pas. Tout le monde est bon à mon égard. La cousine Idalie est pour moi ce qu’aurait dû être ma tante. Mon beau-père est excellent. Wilfrid est aimable, complaisant... un p


