Chapitre 7 La bibliothèqueBruno n’avait pas menti. Il me guida à travers le labyrinthe de la ville, dévoilant derrière un arbre l’ombre d’une venelle, dégottant des escaliers dans la morne enfilade des façades, ouvrant des portes dans les murs. On fila comme ça sur le fil du rasoir, entre-deux, nous faufilant, nous dérobant, croisant parfois les flics planqués dans leur estafette. – Ils n’ont que ça à faire, ma parole ? dit Bruno avec dégoût. – Qu’importe ? Ce qui compte, c’est ce que nous faisons nous. Il m’entraîna le long des remparts, sauta par-dessus un muret, dégringola deux mètres plus bas, et m’indiqua une ruelle oubliée, pavée de façades de cafés disparus, au fond de laquelle s’ouvrait un corridor serpentant entre les immeubles. – La nature a horreur du vide, Spinoza. Tous ce


