II

1592 Mots

IILorsque le premier moment d’embarras que cause toujours la présence d’une personne étrangère fut passé, le père Jean prit la parole en ces termes : – Il faut que vous sachiez, madame, que je n’ai pas toujours habité Loury, ni tissé vos toiles ; je suis natif de la grande Beauce, ou pour mieux dire, d’un petit village nommé Saint Martin, près Chartres. C’est là où, étant encore en bas-âge, je perdis mon père et ma mère, et fus recueilli par une sœur de mon père, son aînée de plusieurs années. Ma tante, qu’on n’appelait dans le pays que la Louise au bon Dieu, tant elle était bonne, n’avait jamais voulu se marier. Elle disait toujours qu’il y avait quelque chose en elle qui lui ordonnait de garder sa liberté, parce qu’elle serait un jour utile à sa famille. De fait elle n’avait pas tort, c

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