Résiste moi si tu peux...

1405 Mots
Sans un mot, Daven échangea un dernier regard chargé de complicité, puis sortit de la salle de bains, me laissant seule avec mes émotions en feu. Je restai là un long moment, tremblante, essayant de reprendre mon souffle, de recoller les morceaux de ce que je venais de vivre. Finalement, je me levai, fermai la porte à clé , cette fois, pour m’assurer que personne ne viendrait interrompre ce moment , et me dirigeai vers la baignoire. Je fis couler l’eau chaude, espérant que la chaleur détendrait mon corps encore vibrant, mais c’était peine perdue. Les réminiscences de ce qu’il venait de se passer dans cette même pièce refusaient de me lâcher. Je sortis du bain sans même me laver, le cœur battant trop fort, la peau encore brûlante de désir. Je retournai près d’Eliano, mon petit ami, installée contre lui comme si rien ne s’était passé, mais en moi, la frustration grondait. Ce feu qui avait été allumé par Daven n’était pas éteint, bien au contraire. Il réclamait plus, il exigeait d’être nourri. Je repris la rose vibrante, la plaçai sur mon cl*toris, réglai la puissance au maximum, et laissai les vibrations me traverser. Cette fois, je n’avais plus peur de crier. Je lâchai un gémissement puissant, libérant tout ce que j’avais en moi. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était pas la même sensation. Ce n’était pas ce que j’attendais, ce à quoi je rêvais encore… Eliano se réveilla doucement, ses yeux se posant sur moi avec un éclat tendre et complice. Il sourit en voyant la rose vibrante encore posée contre ma peau, et entendit mes gémissements sincères. - Bae ? Pourquoi tu ne m’as pas réveillé ? murmura-t-il en caressant doucement ma joue, son souffle chaud effleurant mon oreille. Je laissai échapper un souffle, les joues brûlantes, un peu honteuse mais surtout en proie à ce désir confus qui m’habitait. - Est-ce que je peux me joindre à toi ? demanda-t-il, sa voix basse, emplie d’amour et d’envie. Je n’hésitai pas une seconde, un simple hochement de tête trahissant tout ce que je ressentais. Ses mains glissèrent sur mon corps, légères, tendres, comme pour apaiser le feu qui brûlait en moi, mais aussi pour rallumer cette flamme douce entre nous. Il posa ses lèvres sur mon cou, déposant des baisers chauds et humides, tandis qu’une main venait caresser mes seins, ses doigts effleurant chaque courbe, chaque frisson. Je fermai les yeux, savourant la douceur de ses gestes, le son rassurant de sa voix qui murmurait des mots d’amour. - Je t’aime bae… Ces paroles étaient comme une ancre, un point fixe dans cette tempête de sensations qui m’emportait. Pourtant, le plaisir n’était pas celui que j’avais connu avec Daven. Il était plus doux, plus tendre, mais il manquait cette intensité brûlante qui me laissait haletante. Je gémissais pourtant avec force, donnant tout ce que je pouvais pour que ces sons franchissent les murs, atteignent Daven, qui logeait juste à côté. Cette idée, ce petit jeu secret, éveillait en moi une excitation nouvelle, plus profonde que le simple contact physique. Le mélange d’amour, de plaisir partagé, et de cette tension interdite faisait battre mon cœur plus vite, et cela, plus que tout, me faisait vibrer. Comme si le destin se moquait de moi, mon téléphone vibra doucement sur la table de chevet. Je tendis la main, avec l’appréhension coupable de celle qui sait qu’elle ne devrait pas… Un message, de lui. - Belles vocalises, mademoiselle… mais je crois avoir une meilleure partition à te faire jouer. Mon souffle se coupa net. Mon cœur, lui, s’emballa comme si j’avais couru. Je jetai un coup d’œil vers Eliano, profondément endormi à mes côtés, inconscient de la tempête qui se déchaînait à quelques centimètres de lui. Mes doigts hésitaient au-dessus de l’écran. Répondre serait ouvrir une porte qu’il serait impossible de refermer… mais une chaleur lancinante dans mon ventre me soufflait que cette porte, je l’avais déjà franchie dans ma tête. Je relus le message, encore, et encore. Chaque mot résonnait en moi comme une promesse que je brûlais d’entendre en vrai, au creux de mon oreille. Je pris une grande inspiration et tapai, lentement, comme si chaque lettre me rapprochait du bord d’un précipice : - Tu sembles bien sûr de toi… Mais qui te dit que j’en ai envie ? Je restai figée quelques secondes, pouce suspendu au-dessus de l’écran, puis j’appuyai sur “envoyer”. Un frisson d’adrénaline remonta le long de ma nuque. La réponse arriva presque immédiatement, comme s’il avait attendu, téléphone en main : - Moi. Et si tu me laissais t’imaginer… les mains liées au dossier de ce lit… ma bouche suivant la courbe de ton ventre… pour descendre, encore… et encore… Je déglutis difficilement. Les mots se logèrent dans mon esprit comme une image vivante, pulsante, qui prenait chair. À côté de moi, Eliano dormait toujours, respirant calmement, inconscient que ses draps partageaient à cet instant un secret brûlant . Daven enchaîna avant que je ne puisse répondre : - Et quand tu n’en pourrais plus, je m’arrêterais juste avant… pour t’entendre me supplier . Je sentis mes cuisses se resserrer malgré moi. Je tapotai la réponse, hésitant entre couper court et entretenir ce jeu dangereux. Je laissai mes doigts glisser sur le clavier, un sourire en coin. - Tu rêves, Daven… Et si je n’étais pas du genre à supplier ? Les trois petits points apparurent presque aussitôt. - Alors je trouverais autre chose… Je saurais exactement où te toucher pour que ton corps trahisse ce que ta bouche refuse d’admettre. Je me mordis la lèvre, le cœur battant. Je savais que je devais poser le téléphone, mais au lieu de ça… je tapai : - Et si tu te trompais ? Si ce n’était pas toi qui avais cet effet-là sur moi ? Il répliqua : - Si je me trompais, pourquoi tes gémissements de tout à l’heure sonnaient plus… affamés ? Je rougis, seule dans l’obscurité. Je voulus répondre sèchement, mais mes doigts écrivirent autre chose : - Peut-être que j’aime juste… être entendue. Un silence, Puis : - Alors imagine… être entendue par moi, mais cette fois avec ma bouche entre tes cuisses encore une fois de plus… et pas un jouet. Une vague de chaleur monta en moi. Je ne voulais pas qu’il sache l’effet que ses mots produisaient, alors je jouai la carte de l’ironie : - Continue à parler, peut-être que tu finiras par me convaincre… Et là, il m’envoya un long message, découpé en phrases courtes, presque haletantes : - Je commence par t’embrasser lentement… Je te tiens par les hanches… Ma langue goûte chaque goutte de toi… Et je ne m’arrête pas… pas avant que tu cries mon nom… encore… et encore… Je fixai l’écran, incapable de taper quoi que ce soit pendant plusieurs secondes. Je finis par reprendre mes esprits et mes doigts glissèrent sur le clavier. - Tu sais, Daven… je pourrais aussi très bien te laisser t’imaginer tout ça… sans jamais te le donner. Réponse instantanée : - Cruelle… mais j’adore. Tu joues avec moi. Je souris dans l’ombre. - Non… je joue avec nous. Et tu ignores jusqu’où je peux aller. Les petits points clignotèrent à nouveau. - Alors vas-y… décris-moi ce que toi tu ferais… si je te laissais. Je pris une inspiration, hésitant une fraction de seconde, puis me lançai : - Je commencerais par t’interdire de me toucher… juste me regarder… Je poserais mes mains sur moi, lentement… Je fermerais les yeux comme si tu étais déjà là… Et quand je sentirais que tu n’en peux plus, je m’approcherais, juste assez pour que tu sentes mon souffle… sans que nos lèvres se touchent. Il répondit presque aussitôt : - Tu veux me rendre fou. Tu veux que je te désire au point de ne plus pouvoir réfléchir. Je laissai planer le silence volontairement, pour le pousser à écrire encore. Et ça marcha. - Félindra… je jure que si tu continues, je viendrai te chercher, là, tout de suite. Mon cœur fit un bond. Je tapai : - Mais tu ne le feras pas. Tu vas juste rester là… à m’imaginer… et à m’écouter te dire ce que tu n’auras pas. Et cette fois, je pus presque sentir son impatience à travers l’écran. - Appel ? Je ne réfléchis pas. Mes doigts tapent déjà : « Oui. »
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