IVPrince de la nonchalance, Claudius, le jardinier, âgé d’une sérieuse soixantaine d’années, émergeait à pas mesurés de sa longue sieste quotidienne. Sauf événement exceptionnel, et il n’y en avait guère pour lui, il s’allongeait régulièrement à la fin des « infos », plongeant paisiblement dans deux heures d’un sommeil réparateur. De l’aube où il se réveillait, au crépuscule qui le voyait se coucher bien après sa tribu de poules, il ne se souciait pas de l’accélération moderne de la vie. — Ce n’est pas en mettant un moteur sur des fleurs qu’elles pousseront plus vite ! assurait-il, riche de ce bon sens qui fait depuis toujours les paysans et les hommes libres. Sa maison, bordée d’une haie de fusain, un “penty” traditionnel hérité de ses parents et déjà construit en 1880 – une sculpture d


