Le pavillon sur l’eauDans la province de Canton, à quelque li de la ville, demeuraient porte à porte deux riches Chinois retirés des affaires ; à quelle époque, c’est ce qu’il importe peu de savoir, les contes n’ont pas besoin d’une chronologie bien précise. L’un de ces Chinois s’appelait Tou, et l’autre Kouan ; Tou avait occupé de hautes fonctions scientifiques. Il était hanlin et lettré de la Chambre de jaspe ; Kouan, dans des emplois moins relevés, avait su amasser de la fortune et de la considération. Tou et Kouan, que reliait une parenté éloignée, s’étaient aimés autrefois. Plus jeunes, ils se plaisaient à se réunir avec quelques-uns de leurs anciens condisciples, et, pendant les soirées d’automne, ils faisaient voltiger le pinceau chargé de noir sur le treillis du papier à


