Je n’avais pas envisagé une solitude aussi prématurée. Il va falloir que j’apprenne désormais à ne vivre ni pour lui, ni à travers lui. Seulement pour moi. A penser par moi et pour moi. Je me sens au bord de ce précipice qu’on appelle l’inconnu. Mais vais-je rester en retrait par sécurité et m’accrocher à la routine ? Ou serai-je capable de sauter dans le vide et d’aller explorer, telle une aventurière, des contrées inconnues ? D’ici quelques mois, j’abandonnerai définitivement mon métier de professeure et il me faudra bien veiller à ne pas laisser le temps se diluer dans une existence stérile et fade. 6 Algérie – Novembre 1999 Cette nuit, j’ai été réveillé en sursaut par des hurlements désespérés qui traduisaient un effroi indicible. Comme ceux ultimes qui précèdent une mort imminente.


