23 La lumière d’Abou-Simbel Laure est un peu déçue par l’absence de Rami. Un nouveau guide le remplace. Petit aux yeux verts, visage gras, menton massif, rose et bien rasé, il incline sa carrure de bûcheron près du chauffeur, la main posée sur le cœur. - Je m’appelle Boukhis Oudimou. Vous allez faire un pèlerinage dans la nuit, pour voir la huitième merveille du monde, à la frontière du Soudan. Et vous, comment vous nommez-vous ? Ma esmok ? Un brouhaha s’élève, et le guide se met à compter les passagers du car, pour la sécurité : Waheb, etnin, talata, arbaa, khamsa, sitta, sabaa, tamania, tesaa… Mais il les rassure : le convoi est protégé par la police pour la traversée du désert. Ils seront dans trois heures à Abou-Simbel, à la vitesse moyenne de cent kilomètres à l’heure. De 1987 à 2


