XIICaroline n’avait pas menti, en disant qu’elle connaissait la contrée comme personne au monde. Les petits chemins presque toujours déserts, les fourrés où l’on se cache dès qu’à l’horizon se dessine une forme inquiétante, les carrières où l’on peut passer la nuit dans un confortable relatif – tout cela, et bien d’autres choses, n’avaient pas de secrets pour elle. Soigneusement, les fugitifs évitaient les lieux habités, où pouvaient cantonner des Allemands. Caroline, seule, tandis qu’ils demeuraient cachés, allait chercher quelque nourriture, difficilement obtenue, car la misère était grande, dans cette partie du pays pillée par l’envahisseur. Florita, bien que très lasse, marchait avec courage... La première partie du voyage, accomplie assez lentement, à cause des précautions à prendr


