Après la petite mise au point dans les toilettes avec Mademoiselle Martin, je me retrouve de relativement bonne humeur.
Maintenant que les choses sont clairs entre cette furie et moi, je rejoins tout sourire cette chère Meredith dans son bureau.
J'ai mis un bon dix minutes avant d'arriver à cet étage, car j'ai été alpaguer par différents directeur qui voulaient tous faire connaissance avec moi.
Quand je repense à cette folle alliée, il est vrai que mon attitude avec elle quelques minutes plus tôt, n'a pas été tout ce qu'il y a des plus professionnelles et que mon comportement dans ses toilettes a frôlé le harcèlement, mais en même temps, allez savoir pourquoi, je n'ai pas réussi à me contrôler.
J'arrive devant le bureau de Meredith.
Comme à mon habitude avec elle, quand je la retrouve quelque part, j'entre sans frapper.
Je ne l'ai jamais fait jusqu'à maintenant, pourquoi je commencerais aujourd'hui ?
Je trouve cette dernière plonger dans une pile de paperasse, légèrement penché sur son bureau, avec ces petites lunettes ronde poser sur le bout de son nez.
En temps normal, cette posture m'aurait excité au plus haut point, mais aujourd'hui bizarrement cela ne me fait aucun effet. L'autre pimbêche m'a retourné le cerveau je crois !
Ça ou l'odeur de son parfum qui est venu délicatement chatouiller mes narines.
Je dois avouer que Katty Martin sent affreusement bon et bon dieu, qu'est ce que j'aime ça.
Meredith lève la tête dans ma direction.
Quand elle constate qui se tient en face d'elle, elle sourit comme si j'étais un cadeau d'anniversaire, puis tout en me dévisageant, elle me dit
Meredith : " Austin, est ce que mon très cher mari t'as montré où tu vas pouvoir t'installer ?"
Austin : " Pas encore.
Cela explique la raison de ma présence dans ton bureau."
Elle se lève de derrière son dit bureau puis sort en m'invitant à sa suite.
C'est dans un silence quasi religieux que nous passons devant le bureau de miss râleuse.
En passant je lui jette un coup d'œil.
Cette bombe énervante me lance un regard furieux avec son air de dédain.
Quelle vipère cette fille !
Pas de chance pour elle, à ce jeu là, je suis très doué moi aussi.
Encore quelques pas et Meredith et moi nous arrêtons devant une porte.
Je vois ma maîtresse chercher frénétiquement dans ses poches.
Ne trouvant apparemment pas ce qu'elle veut, elle pousse un soupir puis me fait signe de l'attendre.
Elle repart sur ses pas et je l'entend interpeller la diablesse
Meredith : " Martin !
Savez vous ou se trouve les clés du bureau ?"
J'ai déjà remarquer tout à l'heure lors de la réunion, que quand Meredith s'adresse à Katty, elle ne prend jamais la peine d'employer le terme Mademoiselle devant son nom.
Je trouve bizarre que son assistante ne lui en fasse pas la remarque, étant donné qu'avec moi, elle n'hésite pas à me faire des réflexions à longueur de temps.
Ma foi, pourquoi suis-je encore surpris ?
Plus rien ne devrais m'étonner venant d'elle.
Je la connais depuis peu, mais je pense avoir déjà cerner le personnage.
J'entends cette très chère Katty s'agiter sur sa chaise et ouvrir un tiroir, avant de lui répondre
Katty : " Elles sont ici...
Tenez !"
Meredith : " Qu'attendez vous bon sang ?!
Dépêchez vous de venir nous ouvrir cette porte !"
Dans la seconde qui suit je vois apparaître Katty avec un oeil plus qu'agacé.
Et bien malgré moi, je suis plus que satisfait d'apprendre que je ne suis pas le seul à avoir le droit à ce traitement de faveur de sa part.
Je ne sais pas vraiment pourquoi ça me satisfait de le réaliser, mais c'est un fait, c'est le cas.
Je l'entends encore marmonner dans sa barbe quand elle arrive à côté de moi
Katty : " Saleté de miss peau de vache."
Je souris brièvement en entendant son commentaire, fait sans doute pour elle même, en même temps que cette dernière tourne la tête vers moi
Katty : " Escusez moi."
Je suis surpris par ces mots, jusqu'à ce que je constate qu'elle me désigne la porte et me fasse ainsi comprendre que j'étais devant la serrure et qu'en gros, et bien, je la gênais.
J'aurais dû me doutez aussi, ça aurait été trop beau qu'elle s'excuse pour son comportement irritant.
Vu que je ne suis qu'un connard avec elle, je me décale à peine, ce qui l'oblige à avoir un bref contact physique avec moi, tandis que je m'accoude au mur.
Je ne le lui dirais certainement pas, mais j'apprécie de plus en plus d'être en sa compagnie.
Ses réactions m'amuse beaucoup.
Je sens qu'elle est énervée.
D'ici, je peux ressentir toutes ses mauvaises vibrations.
Décidément cette fille est un véritable explosif.
Histoire de ne pas paraître impoli, et après l'avoir laisser tout de même galèrer un bon moment avec ces clés, je lui demande
Austin : " Un coup de main peut-être ?"
Je vous assure que cette fille a le don de faire ressortir le pire de moi.
Je suis certain que pour une femme normale je me serai empressé d'accourir afin de lui venir en aide.
Mais elle, comme vous avez pu le constater vous aussi, elle est tout sauf une fille normale.
Elle me lance à nouveau un regard noir
Katty : " C'est bon Monsieur Harrison."
Sa façon de dire mon nom a le don de fortement m'agacer car je sais que venant de sa bouche cela correspond à du mépris !
La porte s'ouvre enfin.
Je lui coupe la politesse et lui passe devant pour rentrer dans le bureau.
Quitte à dire que je suis un mec sans éducation, autant lui prouver qu'elle a raison.
Et une nouvelle fois, je l'entends soupirer.
C'est fou comme je peux l'inspirer celle là !
Sale petite diablesse !
Meredith entre à son tour dans le bureau nous empêchant ainsi de nous entretuer mentalement l'hystérique et moi.
Puis la voix criarde de ma maîtresse raisonne dans la pièce, et je vous l'avoue sur le coup, elle me casse les oreilles
Meredith : " Voilà Austin c'est ici que tu t'installeras quand tu seras dans nos locaux.
C'est le deuxième plus beau bureau, juste après le mien bien entendu."
Ma foi tout est relatif.
J'ai déjà vu plus beau bureau.
Le mien à Chicago est beaucoup plus beau, luxueux et plus grand que celui ci.
Là, j'ai l'impression d'être dans un petit réduit ou au fond d'un placard, au choix.
J'exagère peut-être légèrement, mais personnellement moi, j'aime avoir de l'espace quand je travaille.
J'aime m'étaler et clairement là, c'est une chose que je ne pourrais pas faire.
Je jette un bref regard derrière Meredith au moment exact ou la petite peste lève les yeux au ciel.
Elle me regarde au même moment et aperçoit mon regard poser sur elle, elle comprend donc rapidement que je l'ai vu faire, elle s'empresse alors de baisser la tête.
Sage décision.
À regret, je la lâche des yeux pour regarder à nouveau Meredith
Austin : " Ça fera l'affaire.
Merci Meredith."
Cette dernière s'approche de moi avec sa démarche chaloupé, se met sur la pointe des pieds, puis me chuchote à l'oreille
Meredith : " En plus, tu as vu que nos bureaux sont quasi côte à côte, ce qui n'est pas négligeable.
Ce sera beaucoup plus pratique pour nous deux, si tu vois ce que je veux dire."
Je jette à nouveau un oeil derrière elle et j'aperçois aussitôt Katty visiblement très mal à l'aise.
À mon avis, elle a très bien entendu, et surtout parfaitement comprise l'insinuation de Meredith.
Aimant déjà énormément pousser ce petit démon à bout je décide de jouer la provocation afin de voir sa future réaction, qui ne tardera pas, j'en suis persuadé.
Austin : " Je serai ravi Meredith que tu me rende visite pour m'aider dans certains domaines et surtout quand certaines choses deviennent un peu trop tendu."
Allusion subtile je l'avoue.
Je ris intérieurement en voyant Katty manquer de s'étouffer.
Elle se racle la gorge au moment exact ou Meredith se tourne énergiquement dans sa direction
Meredith : " Vous êtes encore là vous ?!
Vous n'avez pas autre chose à faire ?!"
Elle se redresse, droite comme un I avant de lui répondre
Katty : " J'y vais de ce pas Madame Saint Clair.
J'ai encore une tonne de mails qui m'attendent."
Elle se détourne, puis une fois passé la porte lui lance
Katty : " Dois-je faire venir votre mari afin qu'il puisse lui aussi constater que Monsieur Harrison est bien installé ?"
Je comprends très bien le sous entendu.
Je l'imagine déjà en train de jubiler dans sa jolie tête cette petite sotte !
Meredith : " Mon mari est parti pour une réunion en extérieur, il sera de retour en début d'après-midi, vous le savez très bien voyons puisque vous avez accès à son planning !"
Katty : " Ah oui c'est vrai, escusez moi.
Comme je viens de vous le dire, j'ai juste penser que Monsieur Saint Clair aimerait lui aussi également constater que Monsieur Harrison est bien installé dans nos locaux."
Meredith : " Il le sera merci.
Circulez maintenant !"
Katty s'en va d'un pas énergique en prenant tout de même soin de refermer la porte derrière elle, et sans la claquer, nous laissant ainsi seuls, Meredith et moi.
Je dis à l'attention de Meredith tout en fixant toujours la porte maintenant fermer.
Austin : " Charmante ton assistante."
Meredith : " Ne m'en parle pas.
C'est une véritable incompétente, mais mon mari a voulu lui donner sa chance.
Mais crois moi bien qu'il le regrette amèrement maintenant."
Je ne dirais pas qu'elle est incompétente.
Peste, g***e, affreusement teigne mais aussi dangereusement sexy, sont des mots qui la qualifierait mieux selon moi, toutefois je décide de garder cela pour moi.
Mon amante a déjà l'air d'avoir une dent contre elle, je ne voudrais pas encore empirer la situation entre elles deux.
Même si de son côté, je pense que Katty n'a rien à lui envier.
Une idée folle me vient soudainement à l'esprit.
Je ris intérieurement suite à mon éclair de génie qui, je le sais, va déclencher à coup sûr l'hystérie de mon ennemie.
Austin : " J'aurais besoin d'une assistante moi aussi quand je suis ici..."
Meredith me coupe avant même que je ne puisse finir ma phrase
Meredith : " Je peux passer une annonce et t'en trouver une dès demain si tu le souhaites."
Austin : " En faites je pensais utiliser la tienne."
Elle me regarde surprise
Meredith : " La mienne ?
Je t'ai dis qu'elle est incompétente pourquoi voudrais tu t'encombrer d'un tel boulet ?"
Je me retiens de soupirer et de lever moi aussi les yeux au ciel.
Incompétente, peut-être, toutefois j'aimerais bien me faire ma propre opinion à son sujet.
Je veux savoir si malgré le fait qu'elle soit une sale peste, elle peut néanmoins avoir une attitude professionnelle.
Austin : " Du fait de son étroite collaboration avec toi, elle connaît bien les dossiers dont je vais m'occuper.
Son aide me sera précieuse.
Et puis, ça t'évites une charge de travail en plus, en me cherchant une assistante alors que l'on peut se partager la tienne tu ne penses pas ?"
Elle hoche brièvement la tête.
Elle sait de toute façon que ma décision est prise et qu'il ne sert à rien d'essayer de me faire changer d'avis.
Elle me connaît un minimum quand même.
Mise à part nos plans culs occasionnel, ils nous aient tout de même arriver de temps à autre d'avoir des discussions.
Meredith : " Très bien, comme tu veux."
Elle se dirige vers la sortie avant de se tourner à nouveau vers moi
Meredith : " On peut se voir ce soir ?
Je dirais à mon mari que j'ai un dîner avec un client."
Elle ne va pas me lâcher si je refuse. J'espère juste qu'en étant présent assez souvent dans son entreprise elle ne va pas me demandez plus que ce que je veux bien lui donner.
Je ne voudrais pas qu'elle devienne trop collante.
Plan cul oui, histoire pour la vie, jamais.
Austin : " Okay ça marche.
On se voit ce soir.
Tu peux m'envoyer Mademoiselle Martin s'il te plaît ?"
Elle tourne les talons en fermant la porte derrière elle.
J'en profite pour m'installer derrière mon bureau et commencer à installer mes affaires tranquillement quand on toque à la porte
Je réponds d'une voix sèche
Austin : " Entrez !"
La petite peste entre dans mon bureau.
C'est fou comme sa seule présence prend tout l'espace.
D'ici, je peux sentir son parfum fleuri.
J'avais déjà aimé l'odeur tout à l'heure dans les toilettes, mais là je me surprend à véritablement l'apprécier.
Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche, là, c'est la douche froide.
Katty : " Vous m'avez fait demandez Monsieur Harrison ?!"
Je grince des dents.
Ambiance glaciale...
Comment refroidir une pièce en dix leçons par Katty Martin.
Décidément un vrai iceberg cette fille !
Je garde une voix neutre quand je lui réponds
Austin : " En effet Katty, asseyez vous je vous prie."
Elle avance timidement devant la chaise puis s'assoie sur le bout du fauteuil.
Elle a peur que je la mange ou quoi ?!
Katty : " Qu'est ce que vous voulez ?!"
J'ai raison un iceberg !
Je vous assure que la pièce a perdu au moins quinze degrés depuis qu'elle est entré dans mon bureau.
Austin : " Nous avons pris un mauvais départ vous et moi et..."
Elle me coupe
Katty : " À qui la faute ?!"
C'est pas vrai, elle compte me le reprocher combien de temps encore son petit four à la con ?!
J'enchaîne avant de sortir réellement de mes gonds cette fois
Austin : " Toutefois, je suis prêt à passer outre car nous allons dorénavant travailler en étroite collaboration."
Je marque une pause, histoire de voir ce que ma petite annonce a comme effet sur elle.
Pour l'instant, elle reste impassible avec un visage totalement neutre.
Dommage...
J'aurais bien voulu la faire, une fois de plus péter un plomb.
Je crois que je suis devenu un pro pour ça.
Mais bon, je ne m'inquiète pas, la connaissant comme je la connais, je sais qu'elle va de nouveau vriller tôt ou tard.
Katty : " Étroite collaboration c'est à dire ?!"
Elle me regarde d'un air suspicieux maintenant.
On progresse enfin.
Austin : " J'ai l'immense honneur de vous annoncez que vous allez maintenant être également mon assistante.
Bien entendu, qui dit double de travail dit double de salaire, cela va sans dire."
Elle me regarde avec les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte.
Je crois qu'elle a fait un arrêt là non ?
Austin : " Un problème ?
Cachez votre joie surtout."
Elle se reprend enfin face à moi
Katty : " Je ne peux pas travailler avec vous !"
Je lui lance un sourire narquois
Austin : " Et pour quelles raisons dites moi ?!"
Je vous le dis, je m'amuse vraiment de la situation.
Je prends clairement mon pied là.
Katty : " Parce que... parce que...
Parce que je vous ai giflé et que je ne vous aime pas !"
Je mets une main sur mon coeur et feind une douleur
Austin : " Oh vous me blessez Katty."
Elle me lance à nouveau son regard noir avant de me répondre
Katty : " Vous vous fichez de moi une nouvelle fois n'est ce pas ?!"
Je me penche sur mon bureau avant de lui dire les yeux dans les yeux
Austin : " Tout à fait."
Puis, j'éclate de rire.
Austin : " Vous verriez votre tête c'est à mourir de rire."
Elle applaudit brièvement dans ses mains
Katty : " Bien joué Monsieur Harrison.
Je peux retourner travailler maintenant ?!"
Je reprends mon sérieux
Austin : " Par contre, je ne plaisantais pas sur le fait que vous devenez réellement mon assistante.
Et ceci à effet immédiat bien entendu."
Je la voir pâlir, perdre toute sa superbe, puis aussi soudainement se redresser afin de se redonner une contenance.
Elle force ensuite un sourire
Katty : " Très bien Monsieur Harrison.
Je saurais rester professionnelle même si vous savez déjà tout le bien que je pense de vous."
Je lève un sourcil vers elle
Austin : " Cette petite pique était censée m'atteindre ?"
Katty : "Je mettais simplement les choses au clair entre vous et moi."
Austin : " Laissez moi mettre les choses au clair également Mademoiselle Martin...
Je ne vous aime pas non plus.
Mais il est vrai, allez savoir pourquoi, que j'apprécie beaucoup de vous poussez à bout.
Toutefois, tout comme vous, je sais être professionnel.
Dans les bureaux, je me contenterais donc de relations purement professionnelles avec vous, et j'aurais par la même occasion un comportement exemplaire, mais à l'extérieur..."
Je marque un temps d'arrêt tandis qu'elle déglutit.
J'ajoute
Austin : " Je me ferais un malin plaisir de vous faire péter les plombs."
Katty : " Heureusement que nous n'aurons jamais l'occasion de nous voir à l'extérieur dans ce cas."
Je lui souris
Austin : " N'en soyez pas si sûr Katty, le destin peut être très joueur.
Je l'ai appris récemment."
Maintenant que tout est réglé, je lui fais signe de se lever et de sortir.
Avant qu'elle ne passe la porte je lui lance
Austin : " J'attends mon café dans cinq minutes, et noir s'il vous plaît !"
Cette fois, elle quitte mon bureau en claquant bien la porte.
Y'a pas à dire cette collaboration va être très distrayante...