Chapitre 6
Preston vient de rompre définitivement avec Maëlle. Cela-dit, je lui ai annoncé le matin même, non sans peine, que je préférais qu'il privilégie la vie qui l'attend avec elle et que nous restions amis.
Preston m'aperçoit prête à partir et me récrie depuis son bureau.
- Abby !
Je m'arrête et recule. Je penche légèrement la tête sans entrer laissant paraître que je suis pressée.
- Oui !
- Tu as un moment ?
Je regarde sa montre toujours dans l'optique de laisser croire que je suis prise par le temps.
- Oui, mais c'est urgent ? Je suis fatiguée !
- C'est très important. Rentre dans le bureau s'il te plaît.
Je rentre, mais appréhende ce que Preston va me dire.
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est à propos de l'enquête ? Ou parce que je n'ai pas pris mes trois jours de congés obligatoires après avoir abattu un homme ?
- Non, c'est personnelle.
- Preston ! Tu n'es pas obligé de me parler de ta conversation avec Maëlle. Mais si c'est pour m'annoncer que tu vas finalement te marier alors félicitation et c'est sincère. Je souhaite que ton bonheur parce que tu en as déjà assez bavé dans ta vie. C'est tout ce que je peux te dire. Par contre, je suis désolée, mais je ne préfère pas assister au mariage. Je trouverais une excuse valable auprès de Maëlle. Te voir te marier, je pense que même si je suis heureuse pour toi, ça me ferait malgré tout beaucoup de peine.
Preston me regarde dans les yeux.
- Je te rassure, tu n'y assisteras pas.
- Oui, c'est logique. Je ne sais même pas pourquoi je t'ai dit ça ! Tu ne vas tout de même pas m'inviter, la gêne serait trop profonde.
- Je n'arriverais pas à me marier avec elle Abby. En premier lieu, avant même qu'elle entre chez moi je savais d'office que je renoncerais à cette idée. J'ai voulu l'écouter quand même par respect, mais j'aurais fini par lui dire que finalement si elle avait douté, c'est que ce n'était pas une si bonne idée. Ensuite les conditions qu'elle m'aurait imposées n'étaient pas acceptable.
- Je peux savoir c'était quoi ? Désolé si je suis trop curieuse. En fait, tu n'es pas obligé de me répondre !
- Je n'ai rien à cacher. Elle voulait que j'arrête de te voir en dehors du travail.
- Ah bon ! Mais pourquoi ? (Étonnée)
- Parce qu'elle a compris que tu étais plus importante pour moi qu'une simple relation de travail. Elle a même sans doute compris que nous avions eu une aventure à un moment donné, mais elle ne m'en a pas parlé par contre. De plus, une phrase t'aurait échappée un jour et elle a su à ce moment-là que tu avais des sentiments pour moi.
- Une phrase !
- Tu lui aurais dit ouvertement à l'hôpital « C'est le seul homme qui compte pour moi ». Mot pour mot ce qu'elle m'a dit.
Je mets ma main devant ma bouche me sentant bête.
- Mince, c'est vrai que je l'ai dit. J'ai été stupide ce jour-là et je me suis laissé submerger par mes émotions.
-Tes émotions !?
- J'ai eu peur de te perdre, j'étais effondrée.
- Je sais ! Un jour, j'ai bu un café avec Danny et il m'a dit que ce jour-là tu étais au bord de la crise de nerf, que tu n'arrêtais pas de pleurer et que tu étais inconsolable.
- Oui, c'est vrai ! Heureusement qu'il était là.
- Je crois que j'aurais la même réaction si c'était toi. Je perdrais mes moyens.
- Je sais.
- Je ne supporterais pas de te perdre. Tu es bien trop importante pour moi.
- C'est ce que ressent aussi pour toi.
- Abby ! J'aimerais te parler sans tabou maintenant. Il faut que ça sorte tu comprends ! J'aimerais en contre-partie que tu sois sincère avec moi.
- Je t'écoute.
- Tu vas sans doute te dire que j'exagère, mais j'ai l'intime conviction que tu es la femme de ma vie. J'en suis sûr. J'ai beau y réfléchir et j'en arrive toujours à la même conclusion. Tant qu'on n'arrivera pas à se donner une chance, je n'arriverais pas à être heureux. Mon bonheur, il est avec toi, pas avec quelqu'un d'autre.
Je le regarde très émue par ce qu'il vient de dire. J'avoue que si ma raison ne me ferait pas défaut, je lui sauterais dans les bras.
- Maëlle a raison sur un point. Un jour je l'aurais quitté parce que je me serais rendu compte que c'est toi que j'aurais voulu épouser ou alors je n'aurais pas été si heureux que ça. Je t'aime et je n'y peux rien. Je n'ai rien fait pour que ça me tombe dessus. C'est comme ça, c'est tout. Alors si tu veux qu'on prenne nos distances, je respecte, mais ce n'est pas ce que je désire. Tu es loin d'être ma roue de secours, tu es juste celle que j'aime depuis plus de huit ans et Maëlle a sûrement été la femme idéale pour essayer de t'oublier, de passer à autre chose comme on l'avait souvent dit, mais je n'ai jamais réussi. J'ai envie de construire une histoire solide avec toi, j'en rêve depuis longtemps. J'aimerais que tu m'aimes autant que je t'aime.
- Comment peux-tu savoir si je t'aime autant que tu m'aimes. Tu ne peux pas savoir ce que je ressens vraiment.
- Je ne le sais pas en effet, mais je ne veux plus attendre.
- Preston ! Ça fait disons six ou sept ans que cette situation me fait plus de mal qu'autre chose. Oui au début, c'était que sexuel nous deux, mais ça a vite prit une autre tournure pour moi. Je suis vite tombé amoureuse et je n'ai jamais réussi à gérer, ni assumer mes sentiments. Tu es mon patron ! C'est dur quand même. On ne dit pas ouvertement à son patron qu'on est amoureuse de lui. Même si on couche avec lui.
- Tu es de mauvaise foi je trouve ! Je suis ton patron depuis un an seulement !
- Oui enfin tu as toujours été mon supérieur hiérarchique. Avant tu étais capitaine !
- On va vraiment jouer là-dessus ?
- Non, tu as raison, c'est stupide.
Preson se lève et se rapproche de moi. J'avoue que je n'aime pas ça ! Il suffirait d'un geste de sa part pour que je craque.
A suivre