BONNE LECTURE â€
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đŽ SUMMER BURN
"Sometimes the spark is hidden inside the fire you fear the most."
LĂNA
Je suis restée un long moment, assise seule sur ce foutu rocher, à écouter le bruit des vagues comme une chanson triste. La nuit m'a enveloppée, collante, et j'ai fini par me relever, la gorge encore serrée.
J'ai remonté la plage jusqu'à la villa, vidée. Mes pieds traßnaient dans le sable, mes pensées tournaient en boucle sur Nathan. Ce mec me rendait dingue.
Quand je suis rentrée, mon téléphone vibrait déjà .
MayaâŻ: Je reste avec Nolan, il est cool et me fait marrer. Promis je fais gaffe. Love u.
Je souris. Nolan avait l'air plus soft que son pote l'ours mal léché.
Puis un autre message, de ChloĂ© cette foisâŻ:
ChloĂ©âŻ: Babe, je suis avec Mick, c'est un p****n de clown, on s'Ă©clate. PSâŻ: j'ai dĂ©couvert un truc de oufâŻ! Mick, Nolan et Nathan vivent ENSEMBLE. Nos voisins sexy quoi. Et devineâŻ? Nathan c'est le maĂźtre-nageur... tu sais celui Ă qui t'a donnĂ© une baffe đ bonne nuit ma belle.
J'ai relu au moins trois fois.
Nathan.
Ce c*****d avait donc un prénom. Et j'allais devoir le supporter tout l'été. Super.
Je suis montĂ©e dans ma chambre. J'ai ouvert la fenĂȘtre qui donnait pile sur celle des voisins, comme une mauvaise blague du destin.
Et lĂ , je l'ai vu.
Nathan, torse nu, assis sur le rebord de sa fenĂȘtre, une clope au bec. La fumĂ©e s'enroulait autour de lui comme un voile. Ses tatouages ressortaient Ă la lumiĂšre de la lampe, son regard Ă©tait perdu au loin.
Mon cĆur a cognĂ© bizarrement.
Quand il m'a vue, il a plissé les yeux, m'a fixé.
Puis, lentement, un rictus est apparu sur ses lĂšvres.
Il a levé la main et m'a adressé un doigt d'honneur, sans la moindre honte, avant de tirer le rideau d'un geste sec.
Je suis restée plantée là , choquée.
- c*****d.
Je referme la fenĂȘtre, la mĂąchoire serrĂ©e, prĂȘte Ă le gifler encore si je le recroisais.
đđđđ
J'ai mal dormi. J'avais l'impression que chaque rĂȘve me ramenait Ă son regard, Ă ses mots blessants, Ă ce p****n de doigt d'honneur.
Quand je me suis rĂ©veillĂ©e, la maison Ă©tait vide. ChloĂ© et Maya doivent ĂȘtre ressorti. Au moins on a des filles qui s'amusent.
J'ai pris un petit déjeuner rapide, enfilé une robe légÚre, et claqué la porte derriÚre moi.
J'avais besoin d'air.
đđđđ
La chaleur du matin m'a tout de suite enveloppĂ©e. L'air sentait la crĂšme solaire et le sable, les goĂ©lands criaient au-dessus des planches de surf. J'ai pris le chemin du centre de Malibu, lĂ oĂč s'entassent les petites boutiques et les cafĂ©s branchĂ©s.
J'ai pris mon temps. Je suis passée devant un marchand de souvenirs kitsch, j'ai craqué pour un bracelet coquillage à trois dollars, puis j'ai acheté une boule de glace à la vanille sur le front de mer.
- Une petite cuillÚre� m'a demandé le vendeur, la cinquantaine, bronzé comme un homard, sourire sincÚre.
- Non, je croque direct, je suis une barbareâŻ!
Il a Ă©clatĂ© de rire, m'a fait un clin d'ĆilâŻ:
- Ăa me plaĂźtâŻ! Profite, princesse.
J'ai souri, et je me suis éloignée avec ma glace dégoulinante déjà sur les doigts.
Plus loin, j'ai dĂ©couvert un petit marchĂ© artisanal. Des guirlandes de coquillages, des paniers en osier, des foutas bariolĂ©es. Ăa sentait le monoi, les fruits, le soleil.
J'ai flùné d'étal en étal, discuté avec une créatrice de bijoux qui vendait des bracelets avec des petites perles colorées.
- Tu viens d'oĂč, jolieâŻ?
- Los Angeles.
- Ouh, la grande villeâŻ! Ici, on vit lentement, d'accordâŻ? me dit-elle avec un clin d'Ćil.
Je me suis mise Ă rireâŻ:
- Ăa me vaâŻ!
đđđđ
AprÚs une heure à vadrouiller, je me suis posée sur un banc, face à l'océan.
J'ai ressorti mon carnet, ce vieux compagnon qui me suit partout.
Les mots ont coulé tout seuls :
Il me rend dingue.
Il est odieux.
Il me fait perdre tous mes moyens.
Et ça me fait peur.
J'ai fermé les yeux, une brise tiÚde dans les cheveux.
Et lĂ , je l'ai senti.
Cette présence.
- Tu comptes publier ton journal intime�
Je sursaute, relĂšve la tĂȘte.
Et bien sûr, qui je trouve�
Nathan.
Short rouge, t-shirt blanc, lunettes de soleil posées sur ses cheveux humides. Il portait un café à la main, l'air de rien.
- Ăa te regarde pas, balbutiai-je.
Il esquisse un sourire narquois.
- Oh, je croyais que t'étais une grande fille qui avait passé l'ùge d'écrire dans un journal intime.
- Et je croyais que t'étais un mec civilisé, répliquai-je.
Il éclate de rire, sec et cassant.
- Toujours aussi sympa, princesse.
- Et toi toujours aussi c*n, visiblement.
Il me fixe, avec cette intensité qui me désarme.
Son regard me déshabille, j'en ai presque la nausée.
- ArrĂȘte de me mater comme ça, lĂąchai-je.
- T'es pas si intéressante, tu sais, me balance-t-il, et pourtant il ne détourne pas les yeux.
Une fraction de seconde, j'ai cru voir quelque chose de fragile derriĂšre son masque. Comme un doute.
Mais il a vite repris son air arrogant.
- Bref, continue d'écrire tes conneries. Mais reste loin de moi, compris�
- T'as aucune idée de ce que tu racontes.
- Ah ouiâŻ? Et toi t'as aucune idĂ©e de qui je suisâŻ!
Il s'est avancé, vraiment trop prÚs. Son odeur sel, sable, fumée de cigarette me donnait le vertige.
- Je sais exactement qui t'esâŻ: la petite bourge qui croit que tout lui est dĂ».
J'ai bondi de mon banc, furieuse.
- Je t'ai rien demandĂ©, OKâŻ? Et je te permets pas de me jugerâŻ!
- Trop tard, princesse. J'ai déjà jugé.
Je le fixe droit dans les yeux, prĂȘte Ă exploser.
- Tu veux quoi, au juste� Pourquoi tu me tournes autour�
Il éclata de rire, sec, sans joie.
- Je te tourne pas autour, je te supporte Ă peine.
- C'est drĂŽle, parce que tu te pointes toujours lĂ oĂč je suisâŻ!
Son regard a vrillé, comme si je venais de le gifler une deuxiÚme fois.
- RĂȘve pas. Si je pouvais t'effacer de l'Ă©tĂ©, je le ferais.
J'ai reculé, blessée malgré moi.
- Et ben vas-yâŻ!
Il a penchĂ© la tĂȘte, s'est rapprochĂ© encore, son visage Ă quelques centimĂštres du mien.
- Crois-moi, je vais tout faire pour.
Mon cĆur tambourinait Ă m'en faire mal. Son souffle heurtait ma joue, j'avais envie de le gifler encore... ou de l'embrasser.
Merde.
Oubliez ce que je viens de dire.
- Tu me dégoûtes, crachai-je.
Il sourit, narquois.
- Parfait. Le sentiment est mutuel.
Et il s'éloigna, sans un mot de plus, me laissant là , tremblante, mon carnet serré contre moi comme un bouclier.
đđđđ
J'ai pris mon temps pour rentrer. Chaque pas résonnait dans ma poitrine comme un coup de marteau.
Je n'arrivais pas Ă me calmer.
Ce mec.
Ce p****n de mec.
Quand j'ai poussé la porte de la villa, la maison était toujours vide.
J'ai filĂ© dans ma chambre, posant mon tote bag Ă mĂȘme le sol.
Avant d'aller me doucher, j'ai ouvert la fenĂȘtre.
Par réflexe, mes yeux ont glissé vers la villa d'à cÎté.
Nathan.
Encore Ă sa fenĂȘtre.
Une clope entre les doigts.
Nos regards se sont accrochés, électriques, brûlants.
Il a levĂ© son majeur en souriant, provocateur, avant de tirer les rideaux sans aucune gĂȘne.
Je suis restĂ©e plantĂ©e lĂ , le cĆur au bord de l'explosion.
- Salopard...
Ă PLUS POUR LA SUITE DE L'HISTOIRE N'HĂSITEZ PAS A COMMENTER. BISOUS đ