Sanders Elian Achille
- Je te le jure. Je suis vraiment à Cap Haïtien bébé. Pourquoi je te mentirais là dessus ? Viens donc me chercher s'il te plaît. Je ne sais plus par où donner la tête. Le soleil commence à se coucher. Il ne faudrait pas que des petits voyous viennent m'embêter. Tout m'est etrangé là bas.
- De quel petit voyou tu parles ? Toi et tes préjugés.
Elle a dû insister tellement avant que je ne crois qu'elle s'est déplacée pour de vrai. Il n'y a qu'elle pour être aussi impulsive. Venir jusqu'ici sur un coup de tête simplement parce qu'elle a des doutes me concernant.
- Mais t'es malade ? Tu veux dire que t'as pris le transport Gonaïves-Cap sans m'avertir au préalable ? Tout ça pourquoi ? Qu'espères tu trouver en venant ici ? Tu as si peu confiance en moi ? J'aurais cru que tu blaguais quand tu as déclaré que tu pourrais à n'importe quel moment débarquer. Il faut croire que j'avais sous estimé ta détermination.
- Bébé, viens donc me chercher. Je flippe déjà à mort avec tous ces mouvements autour de moi. Je sens que je pourrais faire une crise d'angoisse à tout moment. Je ne suis pas chez moi, souviens toi.
- Tu parles. Et c'est maintenant que cela te monte au cerveau ?
Vu l'heure, je ne risquais pas d'arriver à temps et revenir chez moi. Ce ne serait pas le choix le plus judicieux. Ce serait nous mettre tous les deux en danger. A cette heure de la nuit, le transport en commun, est assez difficile. Et quand on y ajoute les embouteillages, c'est encore pire. Le temps que j'arrive, il ferait déjà trop sombre pour retourner à trou du nord. Et avec les problèmes d'électricité à Cap haïtien, et d'insécurité, je n'aimerais pas que le prochain appel de l'étranger que je reçois soit son père m’exigeant des explications sur ce qui est arrivé à sa princesse.
Je lui ai donc expliqué par où aller et qu'elle transport elle devrait prendre pour chez moi. Tout en lui promettant qu'elle me trouvera qui l'attendra à sa descente du véhicule. Juste qu'elle devrait me signaler sa position de temps à autre afin que je puisse me mettre prêt. Pour cela, elle n'aura qu'à demander aux gens dans le tap tap.
Une chose que j'ai remarqué en venant ici, dans le nord du pays, c'est que ces gens la sont très serviables, très accueillants. A la limite ça fait peur. Aux Gonaïves, je ne suis pas habitué à ce genre de courtoisie. Pas que les gonaïviens ne soient pas hospitaliers. Mais quand même. Ce n'est pas du tout pareil.
Une chose qu'il m'est arrivé dès ma première semaine ici. J'ai été logé dans la commune de Limonade chez un ami qui était déjà étudiant là bas. Sur mon trajet habituel, à chaque fois, des gens sortaient de chez eux juste pour me dire bonjour. Bonjour, rien que ça. N'ayant rien compris de prime abord, je m'arrêtais à chaque fois en attendant qu'ils disent autres choses. A chaque fois, je constatais qu'ils ne disaient rien de plus. Jusqu'au jour où, en expliquant cela à mon ami, il m'a répondu que c'était dans leur coutume de saluer les gens. Même s'ils leur sont inconnus. Drôle de coutume, me disais je. Mais j'ai vite appris à aimer cette convivialité et m'y conformer.
Elle m'a écrit un message quand son taptap a demarré. Et quand elle fut tout près, comme je le lui ai expliqué, Mia me fit un autre message me signalant sa position. Et moi, j'effectue le déplacement pour aller la chercher comme je le lui ai promis. A peine qu'elle est descendue, elle me saute dans les bras comme une furie.
- Coucou mon cœur ! Tu m'as tellement manqué, elle me dit avant de me sauter dans les bras pour m’embrasser langoureusement en pleine rue.
Ça c'est Mia. Elle croit trop souvent qu'elle est en Europe à m'embraser en pleine rue. Chez nous les gens ressentent toujours de la pudeur à le faire. Mais pas elle.
- Bébé, j'ai été au Gonaïves il y a tout juste un mois, je me plains. C'est quel urgence tu as eu pour effectuer un tel trajet aussi tard ?
- Oui. Mais tu me manques quand même. Je ne peux vivre loin de toi. Et tu le sais baby. J'ai hâte que l'année se termine pour passer le concours. Je voudrais être près de toi.
- Ouais. Quand je pense que c'est ta jalousie qui te pousse à effectuer ce voyage aussi risqué...
- Il n’y a pas de jalousie qui tienne. Je protège mon territoire bébé. Quand on a un mec aussi beau que le mien... J'ai trop le petit cœur bébé, elle me dit de sa voix fluette. Je ne peux pas te perdre.
- Ouai'p ! Rentrons maintenant s'il te plait. Il se fait tard.
Même si je ne le montrais pas, j’étais heureux de la voir. Elle est si affectueuse. Même si Mia doit changer cette partie d’elle même. Car ce n’est pas sa jalousie qui conditionne ma fidélité envers elle. Mais le fait est que je l’aime énormément.
Je l'aide à porter ses bagages jusqu'à l'intérieur. Sa mallette pesait une tonne. De tout le trajet, une question me taraude l'esprit. Pourquoi diable elle a emmené autant de bagages ? Elle croit qu'elle est venue où ? J'ai attendu d'être à l'intérieur pour le lui demander.
- Tu es là pour combien de temps bébé ?
- J'arrive à peine bébé. Tu aurais pu attendre le lendemain pour me demander, non. Ou peut être que tu n'es pas heureux de me voir ?
Elle va s'asseoir sur le grand lit dans la chambre. On doit dire qu'après le lit, il ne reste presque plus de place dans la pièce. Donc, il y a peu de meuble.
- Tu ne m'as rien demandé toi. Tu as juste débarqué. Tu t'es demandé si je pouvais te recevoir ? Pas du tout. Tu fais comme si tu ignorais que je partageais la chambre avec d'autres gars. Ils vont aller où ce soir ?
- Ouais. Et j'ai pas compris pourquoi ? Tu pouvais très bien prendre un de ces studios à toi tout seul, elle s’énerve. On aura aucune intimité ici. En plus c'est une toute petite chambre, elle grimace.
- Et c'est toi qui allais payer ? Tu penses que je sors de l’argent d’un puit quand je le souhaite ?
- Pourquoi pas ? J’ai assez d'argent pour le faire. Personne ne te dit que tu trouves de l’argent facilement.
- Je fais comment avec les gars avec qui je partage la chambre ? Je lui demande sans tenir compte de sa remarque blessante. On ne se réveille pas tous les jours en se demandant si tu vas débarquer ou non. Je te le répète. Tu aurais dû prévenir. Devraient ils être mal à l'aise dans leur propre maison ?
Elle hausse les épaules. Genre, ce n'est pas sa m***e. Donc je n'aurai qu'à gérer moi. Ce côté d'elle m'a toujours dérangé. A croire qu'elle est trop dans son mood de gosse de riche pour comprendre le style de vie de nous autres qui ne peuvent pas tout nous payer juste en tournant le pouce.
J'ai appelé les mecs un à un et on s'est arrangé entre hommes. On s'est dit qu'ils dormiront dans le salon et qu'ils me laisseraient la chambre avec elle le temps qu'elle sera là. En vrai ça ne leur dérange pas de le faire, car j'ai plus d'une fois été de l'autre côté. Mais quand même. Mia est trop inconsciente. Son comportement de privilégiée m'agace certaines fois.
Je l'aide à arranger ses affaires. Je répète encore. Est ce important qu'une femme débarque avec tout cet arsenal quand elle va quelques part ? La majorité de ce qu'elles emmènent sont habituellement des "au cas où" qu'elle ne touchera même pas.
Dès que je termine, je souffle un peu. Et je m'allonge sur le lit silencieusement. Voyant que je ne disais rien, elle est venue s'allonger à côté de moi elle aussi. Puis elle enroula sa main à mon cou et use de sa voix la plus coquine dont le but est sûrement d'arriver à me convaincre que son acte fut légitime.
- Ne sois pas fâché s'il te plaît bébé. Je voulais juste te faire une petite surprise. Tu sais que je ne supporte pas de te voir fâché. Surtout quand c'est moi la raison, elle reste accrochée à mon cou.
- Mais tu recommences quand même.
- Car j'aime bien te taquiner, elle me touche l’arrête du nez. C'est ma façon à moi de te dire que je suis là... que je t'aime. Cest tout chéri.
- Franchement, t'es folle, dis je plus détendu.
Elle roule sur le lit et se retrouve au dessus de moi les jambes repliées. Elle m'embrasse passionnément les lèvres en collant son bassin contre moi.
- Vraiment bébé, je suis... désolée, me dit elle alors que sa phrase fut entrecoupée par des bisous. Tu me pardonnes amour ? Ajoute elle en continuant son doux supplice. Hummm ! Tu me pardonnes ?
- Bien sur que oui bébé. Je ne saurais rester fâché longtemps contre toi. Et tu le sais.
- Yes ! Elle s’extasia. Je t'aime chéri.
- Je t'aime mon cœur.
Cette fille a toujours su comment m’avoir. Comment obtenir de moi ce qu'elle veut. Les gens disent souvent qu'elle me manipule à sa guise. Mais franchement, qui leur a dit que cela me derangeait ?
Le soir, on s'est endormi entrelacés l'un contre l’autre dans une ambiance bon enfant après des heures à papoter. Ce n'est que quand le jour se pointa que les bonnes choses ont débuté enfin. A croire qu’après ce jour là on n’allait plus se voir. Elle était décidé à rattraper le coup.
Sensuellement, elle m’embrasse le lobe de mon oreille gauche. Puis, Elle descend jusqu'à mon cou.
- Bébééé ! Elle chuchote.
- Bébééé, on vient à peine de s'endormir. S'il te plaît... J'ai sommeil, je prononce en me passant une main dans les yeux.
- Je sais. Mais ça ne signifie pas que l'on ne pourra pas recommencer chéri... Réveille toi et fais moi l'amour. J'ai envie de toi.
Sa voix fut pleine de sensualité. Pendant qu'elle parlait, sa main se glissait dans mon short à la recherche de mon membre. Elle s’empressa de le libérer de sa cage. La minute d’après, elle était en train de me faire une petite gâterie en passant sa tête sous le drap. Elle léchait le bout avec magnificence. Je grogne tant le plaisir était intense. Sentant venir la jouissance, je la bascule sur le côté et la prend en cuillère.
- Hummm bébé, c'est trop... c'est trop... bon, lâche t'elle folle de plaisir de sa voix aiguë entre deux coups de butoirs.
- C'est toi qui es bonne bébé, je répond gagné par le plaisir.
On a enchaîné les coups en prenant à chaque fois juste une à deux minutes de pause. Le nombre de round ne se compte pas. Si bien que le lendemain, je peinais à tenir sur mes deux jambes. On avait même oublié qu'il y avait du monde dans l’autre pièce.
- La prochaine fois pense à gérer le bruit mec. Il y a certains d'entre nous qui sont encore célibataire mon gars, se moque Patrick dès que j’ai quitté la chambre.
- Oh !
Mes yeux parcours la pièce. Au regard des autres, j'ai compris que l'on a été très bruyant. Beaucoup trop bruyant même.
- Tu peux essayer avec la musique. Cela devra le faire. Ça va camoufler les cris. Enfin... si vous les synchroniser avec la musique, conseille Jonas. Mais ça, tu le sais déjà. Petit débutant que tu es.
- Merci mec.
Avec Jonas, John et Patrick, tous les trois gonaïviens, on partage la maison que je loue à village créole, une cité partagé entre les étudiants et certaines personnes travaillant dans le parc industriel situé à Caracol. En vrai, c'est juste un petit studio de 2 pièces, cuisine et douche intégrées. On l’a eu grâce à un ami qui devait partir du pays. Vu qu'il ne serait plus là, il nous l'a passée. Comme c'est tout près de l’université, on a pris sans rechigner. Même si on trouve que le prix est assez exhorbitant pour des maisonnettes de cette taille là. Est ce qu’on pouvait refuser ?