LE JEU DE L'OMBRE CHINOISE

939 Mots
●1er JOUR La différence de climat entre nos deux pays se faisait sentir dès le premier jour. Nous étions en pleine saison sèche, l’été malien battait son plein. La chaleur écrasante nous enveloppait, le soleil semblait suspendu au zénith, et le vent, chaud et sec, soulevait la poussière à chaque pas. Pourtant, quel plaisir de se retrouver en short et débardeur en plein mois de janvier, alors que c’était l’hiver glacial en France ! Je savais déjà que ce trek me laisserait une peau dorée, un bronzage parfait qui me ferait sourire à chaque reflet. Cette pensée me rendait heureuse et impatiente de vivre chaque instant de cette aventure. Dès que nous avons quitté le 4x4, nous avons pris une courte pause pour nous rafraîchir avant de commencer la marche. Chacun a enfilé son sac à dos, ajusté son chapeau et mis ses lunettes de soleil. Certains participants avaient des jumelles ou des appareils photo, prêts à capturer chaque instant du paysage, tandis que moi, je me contentais de mon carnet et d’un stylo pour noter des informations précieuses. Nous étions tous habillés de façon similaire : tee-shirts ou polos pour les hommes, tops légers ou bodys pour les femmes, culottes de sport et baskets adaptées à la randonnée. Les bagages les plus lourds étaient transportés par nos porteurs maliens, solides et endurants. Le départ fut une expérience en soi. Le paysage défilait devant nous, alternant entre savane sèche et touches de verdure. Les chants des oiseaux résonnaient dans les prairies, et par moments, le bruissement du vent dans les herbes hautes créait une mélodie unique. Nos guides, Boubakar et Karim, nous expliquaient les particularités de chaque plante, arbre ou animal croisé, rendant notre marche à la fois instructive et magique. Je me surprenais à observer chaque détail : les fleurs sauvages qui parsemaient le sol, les termites bâtissant leurs monticules, et les silhouettes des villageois au loin, vêtus de leurs grands boubous colorés. Après six heures de marche, nous avons atteint le point de repos prévu. Les hommes ont commencé à installer les tentes et préparer les couchettes pendant que je défaisais notre sac à dos. Alain s’occupait avec minutie de la tente, et je ne pouvais m’empêcher de sourire en le regardant. Chaque mouvement, chaque geste, me rappelait pourquoi j’étais tombée amoureuse de lui. Boubakar et Karim étaient incroyablement sympathiques et attentifs. Karim, surtout, me regardait parfois un peu trop longtemps. Je sentais son intérêt, et je ne pouvais nier que cela me flattait. Alain le remarquait, mais je voyais dans son regard qu’il n’était pas jaloux, juste légèrement amusé. Ce petit jeu silencieux ajoutait une étincelle à notre journée déjà remplie de sensations nouvelles. Après un petit lavage rapide à la lingette, nous avons décidé de faire une courte sieste sous la tente. Pas de lac ni de torrent pour nous laver aujourd’hui : la vie en pleine nature avait ses inconvénients, mais cela faisait partie du charme de l’aventure. Se sentir en harmonie avec la nature, entendre le vent, les oiseaux et parfois le rire lointain des autres participants, rendait tout plus intense. Le dîner fut un moment de convivialité. Nous avons appris à connaître les autres participants : Georges et Catherine, un couple quinquagénaire habitué aux voyages ; Louise et Martin, des Français vivant en Côte d’Ivoire, découvrant la randonnée pour la première fois ; et Gabriel et Anne-Marie, en vacances, curieux de tenter l’expérience. Tous étaient chaleureux et ouverts. Nous avons partagé notre histoire : nous venions de nous marier et avions choisi le trek pour notre lune de miel, un rêve commun que nous voulions réaliser ensemble. Les félicitations et les sourires de chacun renforçaient notre bonheur. Karim, notre cuisinier, nous a régalés avec un poulet sauté et des pâtes délicieuses. Grand, athlétique, teint ébène et visage parfaitement sculpté, il avait un charme naturel. Boubakar, notre guide, était plus discret mais d’une gentillesse indéniable. Entre les discussions sur la cuisine, la randonnée et la culture malienne, le dîner fut animé et agréable. Après le thé, chacun se retira sous sa tente pour une bonne nuit de sommeil. Mais une fois seuls dans notre tente, une autre chaleur se fit sentir. L’envie de nous retrouver, de goûter à l’intimité que seule la nature pouvait nous offrir, nous submergea. Faire l’amour en plein air, sous une tente avec d’autres participants à proximité, ajoutait une tension excitante. Nous devions rester discrets pour ne pas déranger les autres. Nous nous sommes embrassés avec passion. Alain me dévorait la bouche avec une intensité qui fit grimper mon désir à son paroxysme. Je me suis déshabillée et me suis installée à califourchon sur lui, complètement nue, mes seins tendus vers le ciel. Chaque mouvement était mesuré, nous étions conscients du risque d’être entendus, mais cette tension ne faisait qu’augmenter notre excitation. Je pris l’initiative pour une fois, attrapai son sexe et le laissai me pénétrer doucement. Des frissons parcouraient mon corps, une chaleur intense se répandait de la tête aux pieds. Faire l’amour ainsi, dans ce cadre sauvage et magnifique, était un pur délice. Alain caressait mes seins généreux pendant que nous nous embrassions, et chaque geste me faisait frissonner. Les orgasmes nous atteignirent presque simultanément, accompagnés de gémissements étouffés. Nos corps tremblaient, haletants, et je m’affalai sur lui, essayant de retrouver mon souffle. Nous pensions avoir été discrets, mais nous avions oublié d’éteindre nos lampes. Les deux étaient allumées, projetant nos silhouettes sur les parois de la tente… un show d’ombres chinoises que nous n’avions pas prévu. Et je ne savais pas encore que cette petite étincelle allait créer une surprise inattendue pour nous le lendemain.
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